Charles
Fontaine

SOMMAIRE

[f. a 1 r°]

Fac-simile de la page

LA PREMIERE
PARTIE DU PROMPTVAI-
RE DES MEDALLES DES PLVS
renommees personnes qui ont esté depuis le
commencement du monde:

auec brieue
description de leurs vies & faicts
recueillie des bons
auteurs.

[Marque de l’imprimeur]

A LYON,
CHEZ GVILLAV-
ME ROVILLE 1553

Avec Priuilege du Roy, pour dix ans.

[f. a 1 v°]

Fac-simile de la page

EXTRAICTS DU PRIVILEGE

PAR grace, & priuilege du Roy, est permis à Guil-
laume Rouille Libraire de Lyon, d'imprimer ou
faire imprimer vne-fois, ou plusieurs, vn liure in-
titulé Promptuarium Iconum, ac rerum memorabi-
lium à principio mundi vsque ad hæc tempora. tant en
langue Latine, Françoise, Italienne, que Espaignole: tant de
fois & en tel nombre que bon luy semblera. Et est defendu de
par ledit Seigneur, à tous libraires, imprimeurs, & personnes
quelconques, de n'imprimer ne faire imprimer, vendre ne di-
stribuer desditz liures, d'autres ny autre impression que ceux
que aura faict imprimer ledit Rouille. Aussi de ne tailler, pour-
traire, faire, ne contrefaire les medalles & effigies contenues &
imprimees audits liures, & plus grand nombre, sans permission
& congé dudit Rouille. Et ce iusques au temps & terme de dix
ans entiers & consecutifs, à commencer du iour & datte que la
premiere impression de chascun desdits liures sera paracheuee
d'imprimer: ainsi que le tout est plus amplement contenu audit
priuilege, sur ce donné à Sainct Germain en Laye, & octroyé le
xxvij. de Iuin, l'an de grace mil cinq cens cinquante & trois.

Par le Roy, le Seigneur de Roißy, maistre des Requestes ordinaire
de l'hostel present.

Signé Mahieu:
Et seellé du grand seel, en cire iaulne,
à simple queüe.

[f. a 2 r°]

Fac-simile de la page

À TRESHAVLTE, ET TRES-
illustre Princesse Madame Marguerite de Fran-
ce, sœur unique du Roy, Duchesse
de Berry &c. G.R.

LA POESIE Mystique des Gentilz, par diuin hon-
neur, & supertitieuse veneration, attribuoit à vn cha-
cun de leurs Dieux, & Deesses vn sien propre, arbre, oy-
seau, animal, & sacrifice priué, & peculier: selon que ils
l'estimoyent leur estre plus conuenant, & plus aggrea-
bles. Sous tel mystere donnans à entendre, que bien sagement vient à regar
der quelles oblations doiuent faire les substances inferieures, aux puissan-
ces superieures: & quels presens doiuent presenter les bas, & populaires,
aux treshauts Seigneurs ou Dames, grands Princes, ou Princesses. Suyuant
lequel exemple, les hommes apres venus, voulans hõnorer leur Souuerains,
& Souueraines (qui sont cõme Dieux, & Deesses mortelles) de quelque
present honnorable: en tesmoignage de reuerence, & signe de veneration
enclinee envers les Maiestez d'iceux donnes du ciel, & excedentes la
commune condition des autres humains, considerent tresprudemment à ce
que le present d'ond'ils veulent offre, soit appartenant, propre, &
aggreable à la dignité Heroique diuinement constituee des hauts Princes,
& Princesses ausquels ils se aduouent. Parquoy, ie ayant en vœu de dedier
à vostre tresillustre personne (Duchesse autant sublime en dignité de sang
Royal, cõme hũble en benignité de sens virginal) aucune bõne part des œu-
ures qui par mõ entreprinse & sollicitude, sans espargne de mõ peu de biẽ,
par la diligẽte recherche, & bon iugemẽt des gẽs sauans sont tirez des ob-
scures tenebres d'ignorance & mys en clere lumiere de cognoissance: i'ay
en premier lieu voulu aduiser quel œuure vous seroit le plus gracieux, &
le mieux conuenãt à vostre tresnoble serenité. Sur quoy ayãt entẽdu vostre
diuin esprit, & la faueur de vostre autorité estre principalemẽt, & tres-
affectiõneemẽt enclinee à la partie des bõnes lettres, & entre toutes auoir
en singulier plaisir la diuersité Historiale digne de foy, & à foy cõcordãte:
il m'a semble biẽ cõuenable vous presenter ce presẽt volume, inscript Promp-
tuaire des Medalles, lequel ayãt à mõ adueu ia esté escript en lãgue Lati
ne & Toscane, pour le vous rendre plus acceptable, iceluy i'ay faict tra-
duire en nostre nayve langue Frãçoise: non pour estimer les autres lãgues à
vostre diuin esprit incõgneues: mais pour ceste cy vous estre plus familiere

a 2

[f. a 2 v°]

Fac-simile de la page & naturelle. Lequel œuure, pour bien vous declarer que c'est: à la verité
(mas treshõnoree Dame) c'est vne Hydre Lernee, fors que sans venin, tant
pour auoir non pas sept testes seulement: mais plus de 7. ou 800. toutes dif
ferẽtes de forme, & de diuers sexes: tãt außi pour la prudẽce, & vieillesse
serpẽtine qui est en ceste Hydre, se renouuellãt d'an en an, & de siecle en
siecle: cõme außi pour les grãds labeurs que que Herculiãs qu'elle m'a dõ-
né, auant que la pouuoir mettre à fin. ce que ie n'espere encore auoir faict:
Pource que de iour en iour renaiscent nouuelles testes à celle Hydre. Entre
lesquelles testes en trouuerez (cõme es visiõs de Daniel, & de l'Apocaly-
pse) plusieurs diademees, laurees, & corõnees: & mesmemẽt y recongnoi-
strez celles des Roys voz Peres, Ayeulz, & Maieurs, auec la cõmemo-
ration de leur noblesse, & vertu, encore viuement parlante. Finalement y
recõgnoistrez la vostre, & l'image de vous, tresdigne d'estre posee, &
escripte en plus hault lieu: voire iusque au ciel sideré, si la eleuer tant
hault, estoit außi bien en mon sauoir, & pouuoir, comme au vouloir, &
deuoir. Cest œuure donc' plaisant à veoir en ses figures, delectable à
lire, & ouyr en ses escriptures, profitable en vertueux exemples, recreant
l'esperit par diuersité, & verité historiale, & reduict en langage Fran-
çois, pour estre par l'autorité de la fille d'vn Roy François, de nom & Em-
pir, & sœur d'vn Roy de France, communiqué à tout le peuple François
amateur de la venerable antiquité: Ie le vous offre treshumblement, &
le present à vostre tresinclyte celsitude, comme dedication à vostre ver-
tueux, & diuin esprit trespropre, & conueable, tant pour la sentence
Historiale, & exemplaire de vertu, en laquelle vous delectez: que
pour la langue Françoise en laquelle estes nee, & nourrie: & icelle ano-
blissez, & l'enrichissez par entiere congnoissance des autres no-
bles langues, ars, & sciences icelles comprinses, oultre
& sur lacostumee nature du sexe d'ond este nee,
esquelles vertus, intelligences, parfections d'e-
sprit, honneurs, & sublimitez, Dieu
vous maintienne, & accroisce
iusque en fin de bea-
titude eter-
nelle.

[f. a 3 r°]

Fac-simile de la page

Guillaume Rouille au lecteur S.

COMME iadis es grands Ieux du Romain Coli-
see, sous les ombrages des tẽtes roulantes, outre & sur
tous les autres aornemens du spectacle, les faces dif-
ferentes des diuers masques representãs les personna-
ges, apparoissoient estre les plus considerables, & plus attraioyent
les yeux des regardans. Ainsi en ce bas monde terrestre, tresample
Theatre estably sous la conuerture des cieux tournoyans, rien ne
peut estre veu plus digne, ne de plus grande apparence, que la face
humaine. En laquelle (mesmement par la confeßion des esprits inui-
sibles) est signee la merueilleuse & venerable lumiere, & image de
Dieu. Et außi reluisent les signes de toutes les vertus en si petit
espace autant anguste, comme il est Auguste. De la haulteur, & de
l'excellence duquel, ainsi a chanté Ouide en ses vers, translatez par
Marot,

Comme ainsi soit que tout autre animal

Iecte tousiours son regard principal

Encontre bas: Dieu à l'homme a donné

La face haulte, & luy a ordonné

De regarder l'excellence des cieux

Et d'eleuer aux estoilles ses yeux.


Parquoy les bons Anciens, ayans sollicitude de estendre par les sie-
cles la gloire immortelle des nobles personnages, & d'eux mesmes:
Außi tresprudemment conseruãs la memoire de l'antiquité, & pour-
uoyans à l'enseignement de la postérité, cõme par certains menus traicts
les nayues formes des hommes, & femmes illustres: mais außi ont
mis ordre à icelles garder pour la posterité, en Statues, Tableaux,
Signes, & Images, enleuez, engrauez, taillez, fonduz ou frappez: &
principalement la tresbelle, & treshonneste partie de l'homme: la-
quelle partie Nature a voulu estre à plain regard tresapparente, &
tousiours découuerte: c'est la face, laquelle ils ont marquee & signez

a 3

[f. a 3 v°]

Fac-simile de la page en petites rondelles metallicques, & especes de monnoie, d'or, d'ar-
gent, ou de cuyure. Et ce principalemẽt pour deux raisons. Premiere
ment, pource que les pieces de monnoie sont à plus long temps dura-
bles (à cause de leur solide substãce metalline, & außi pour la curieu-
se garde qu'on en faict es tresors cachez) que ne sont permanentes les
lettres escriptes, ou imprimees d'ancre fluide, sur fraile papier. Secõ-
dement pource que (iouxte la sentence du Roy Candaules en Hero-
dote) les yeux sont plus certains à l'homme que les oreilles: Car (com
me dit Horace)

La chose ouye, & mise par l'oreille,

Plus laschement les esperits reueille

Que chose aux yeux tresfidelles presente,

Que la voyant à soy mesme presente.


Or est il vray semblable que ces rondes especes ou de monnoie, ou de
marque, & enseigne, à cause de leur matiere, ou de fonte, ou de frap-
pe ou de taille qui est Metal sont appellees Metalles, & par adoucis-
sement de lettre Medalles. Sinon par-auenture que quelcun trouuast
meilleur deduire l'appelatiõ du verbe Grec ΜΕΔΩ qui signifie Im-
perer, & les appeller Medalles, cõme Imperiales, pource que en icel
les les Empereurs sont pour la plus grand' part signez. Or est il ainsi
que en ce temps curieux des choses anciennes, pour entretenir l'eter
nel honneur de la venerable antiquité, & la defendre de ruine, & de
perdition: icelles Medalles ont esté par gens studieux diligemment
cerchees: en partie recueillies des antiques monumẽs, en partie tirees
des entrailles de la terre, ou elles estoyent cachees: en partie außi
trouuees par cas fortuit: tant bien au vif representantes les propres,
& naturelles formes des nobles anciens personnages de l'vn & de
l'autre sexe: que en la face d'icelles, comme au clair miroir de l'ame
on peut par raison Physiognomicque coniecturer qui, & quels ont
esté, ceux qui y sont signez.

Car (comme il a esté dict par les Sages)

Des esperits sont monstres les visages.


En consideration desdicts choses, nous desirans faire plaisir aux

amat

[f. a 4 r°]

Fac-simile de la page amateurs de l'antiquité, & à tous studieux, n'auons espargné labeur
ne despense pour telles pieces recouurer de diuers païs, & grands
Seigneurs, marquees en pieces d'or, d'argent, ou metal, ou entaillees
en pierres precieuses, ainsi comme vn chacun grand personnage se
est aduisé de conseruer son antiquité, & treschere memoire de soy &
des siens. Ausquels grãds Seigneurs encores sont paruenues en main
celles des autres grãds anciens, pour les auoir recueës des trouueurs
poures gens foillans la terre, ou par argent, ou par force: ou bien que
elles leur ont esté presentees en pur don, comme chose rare, & pre-
cieuse. Et depuis auons faict pourtraire icelles Metalles, ou Medalles
sur le naturel, au plus pres de l'antique en la premiere piece, & puis
consequemment les auons faict imprimer, ayans sousscript à chascu-
ne Medalle vn sommaire abregé des choses memorables, en bref re-
cueilly de tous les bons Historiographes, & Chroniqueurs, par tout
gardans l'ordre des temps, des aages, des Empires, & des Royaumes
succedens, ou concurrens l'vn à l'autre. L'œuure total, pour la re-
cherche des choses memorables & des personnes, y estre tresfacile,
& tresprompte: Promptuaire nous à semblé bon de le intituler: & aux
faces les faces des hommes, & femmes qui depuis le commencement
du monde ont esté dignes de memoire. Lequel œuure certes cõme il a
esté d'vn labeur presque incroyable: ainsi esperons nous bien qu'il se-
ra de fruict incomparable. Car les spectateurs de ce Theatre nõ seu-
lemẽt delecteront leurs yeux, & ne les paistront de vaine peincture:
mais außi rassasieront leurs esprits de la cognoissance tresdigne des
choses, & personnes, tellement que comme par vn miroir verront
en presente cõtemplation ceux qui des long temps ne sont plus en vie,
estants par cest œuure rappellez des basses tenebres, en nouuelle lu-
miere. Ils les regarderont presens par effigie, les entendront parlans
par l'escripture, contempleront leurs hauts faictz par l'histoire, &
rameneront les temps passez de toute memoire d'hõme, iusque à leur
siecle present. Finalement en toutes pars pourront elire exemple de
telle forme de vie qu'il leur plaira. Et en remembrant les choses icy

a 4

[f. a 4 v°]

Fac-simile de la page leuës, obtiẽdront cela que ils semblerõt auoir esté, auãt qu'ils fussent
mesmes, viuans auec ceux qui plus ne sont. Au reste affin que nul par
la loy Corneliane ne nous accuse de faulseté, en ce que nous auons en-
tremeslé, & dispersé en public aucunes Medalles cõtrouuees, & fin-
ctes, cõme entremeslans pieces de faulse monnoie parmy les especes
de la bonne: Pardon soit concede à la confeßion. Car nous ne denyons
que des premiers & tresanciens hõmes cõmes de Adam, de Abraham,
& des Patriarches, ne ayent esté en default de premier Patron, par
nous controuuees phantastiquemẽt, selon leur description historialle.
Car pourquoy ne nous sera cela außi bien permis comme à Phidias,
souuerain Statuaire, qui sur aucuns vers de Homere, deuina la forme
de Iupiter inuisible, & en fabriqua celuy tãt renommé Olympicque?
Que à Zeusis trescellent peinctre? Qui de cent pucelles eleuës en
la ville de Gergente, apprint par cogitation la forme de la tresbelle
Deesse? & icelle au vif representa. Pourquoy moins nous sera il loy-
sible, que à Pollion Asin, qui le premier de tous les Romains osa fein
dre les visages, & figures des principaux auteurs de sa tresriche li-
brairie? Pourquoy moins que à celuy qui coniectura quelle estoit la
face de Homere, par la Poesie, & l'esperit de luy apparent en ses
vers? & en feit image vraysemblabe. Et pource nous auons cõfiance
que cela nous sera moins tourné à blasme. Car (comme à ce propos
escrit Pline) Les choses qui ne sont, on les contrefaict: & les
visages non veuz, engendrẽt desir de les veoir. Et n'est plus
grãde apparence de felicité, sinon en cela, que tous desirent
sauoir quel a esté vn chascun.
Vela que dict Pline. Nous donc en-
suyuans tels exemples, & sans exemple de Patron ayans suiuy seule-
ment le regard de l'histoire, & la phantasie, auons imaginé auec le
conseil & aduis des plus doctes noz amis, les figures, & faces, nõ ia-
mais par auãt veues en effigie des premiers hõmes, & außi d'aucuns
autres au milieu des temps. Desquelles les pourtraictures ne furent
par cy deuant oncques faictes, & ce auons nous faict, affin que nostre
histoire des Medalles tant peincte, cõme escripte, & tãt en figure cõ
me en lettre, ayt certain et semblable principe en l'vne & l'autre par

tie

[p. 1]

Fac-simile de la page

1

tie. Encores depuis est aduenu que nous auons recouuré de diuers Sei
gneurs cinq ou six Medalles toutes antiques, & nous supposees d'vn
mesme Emp. ou d'vn mesme Roy, ou d'autre personnage illustre, les-
quelles neãtmoins quelques se trouuoiẽt dissemblables, ou pour l'aa
ge diuers des personnes, ou par les diuers païs, ou elles estoyẽt mar-
quees: ou par quelque autre accidẽt. & entre icelles auons eleuës les
plus vrayes, ou vray-semblables. Parquoy si aucun en ce Prõptuaire
treuue quelque Medalle differẽte de celles qu'il pourroit auoir: sache
que ne la siẽne, ne la nostre n'est pas seule au mõde: & que semblable-
mẽt nous pourriõs (voire & auec meilleure raison) arguer les siennes
de faulseté, quãd vouldriõs estre quereleux. Car qui aux siecles aue-
nir verra les especes de mõnoie d'argẽt, ou d'or marquees de la teste,
& face, ou de Charles le 5. Emp. ou du treschrestien Roy de France
Hẽri secõd, ou de Sultã Solyman grand Turc: & icelles neantmoins
toutes diuerses & differẽtes, tãt d'aage, que de forme: & d'habits: les
vnes ieunes, les autres vieilles, les vnes sans barbe, les autres barbues,
les vnes à chef nud, les autres couuertes d'vn bõnet, turbã, ou armet,
corõne, ou diademe: comme des à present on les voit estre. Si par celle
dißimilitude il les estimoit faulses: certainement luy mesme en seroit
faulx iuge: attendu les diuersitez sus alleguees des aages, habits, for-
mes, & païs: mesmemẽt que la lettre à l'entour escripte le cõdãneroit:
& pource que ne prẽne nul occasion de calõnie sur telles diuersitez. Fina
lemẽt (hõneste Lecteur) tu as icy cõme vn tresor des plus riches pie-
ces du mõde: & exẽmples de vertu, de gloire, d'hõneur, & d'immorta-
lité, & icy tu peuz veoir cõme les chefz du mõde, & leurs faces quasi
spirãtes, & parlãtes, mesmemẽt des persõnages qui ont esté tresex-
cellẽs, tresgandz & premiers en tout peuples, & natiõs, qui par bon
esprit, vertu, & excellence de nobles gestes se sont acquis honneur
immortel. Parquoy à l'imitation de leurs exemples tu puys faire en
telle sorte que par les louanges de tes vertus, tu merites que l'Image
& Medalle de toy puisse obtenir lieu entre les autres, en l'accroisse-
mẽt, & succedẽtes Impreßions de ce liure: qui ne peut auoir fin, tant
que les vertueux hõmes lairrõt memoire d'eux en faict, ou en escrit.

a 5

[p. 2]

Fac-simile de la page

2

LES NOMS DES AUTEURS,
& liures que nous auons alleguez en ce Prom-
ptuaire des Medales.


  • LA BIBLE
  • Iosephe
  • Berose
  • Homere
  • Thucidides
  • Metasthenes
  • Vergile
  • Xenophon
  • Ouide
  • Diogenes Laërtius
  • Diodore Sicilien
  • Herodote
  • Tite Liue
  • Denis de Halicarnas
  • Procopius
  • Cornelius Tacitus
  • Strabo
  • Iuuenal
  • Dares de Phrygie
  • Dictis de Crete
  • Egesippus
  • Valere le grand
  • Iornandes
  • Machrobe
  • Appian Alexan.
  • Plutarque
  • Iustin
  • Herodian
  • Aule Gelle
  • Cicero
  • Horace
  • Lucan

  • Entrope
  • Tertullian
  • Cassiodore
  • Suetone
  • Orose
  • Florus
  • Pline
  • S. Augustin
  • S. Ierosme
  • Eusebe
  • L'histoire Eccles.
  • L'histoire Tripart.
  • L'histoire Scholast.
  • Prosper
  • Fulgence
  • Isidore
  • Lactance
  • Le catalogue des Saints
  • Spartian
  • Lampridius
  • Herodian
  • Pomponius Letus
  • Dion Cassius
  • Iules Capitolin
  • Volcatius
  • Fla. Vopiseus
  • Aurel. Victor
  • Bap. Egnace
  • Am. Marcelin.
  • Claudian
  • Celius Rhodigin
  • Blondus

  • Solin
  • Hermannus Cõtractus
  • Sabelic
  • Platine
  • Textor
  • Boccace
  • Volaterran
  • P. Emil.
  • Matth. Palmer.
  • Ab. Vsperg.
  • Paralipomena re.mem.
  • Chro. Carionis
  • Ioan. Nauclerus
  • Supplem. Chro.
  • Budæus de Asse
  • Gaguin
  • La Chro. de Phry
  • Le grand Elucidaire
  • Les Annales d'Aquitaine
  • Les Illustrations de Gaule
  • La Chron. des Chroni-
    ques
  • La Chro. des Roys de
    France
  • La Cosmog. de Munst.
  • Pau. Iouius
  • Richerius des Turcs

FIN.

[p. 3]

Fac-simile de la page

3

Admonition au Lecteur

AMY Lecteur, quiconque traite les histoires, doit auant toutes choses
auoir esgart au cõpte du tẽps des hõmes, & de leurs faits: & pourtãt nous
auons en ce vsé de toute diligence. Or pource que quãt aux aages se sont
trouuees grandes differences & diuersitez es Auteurs, nous nous sommes
resolus à Phrygion, comme au chroniqueur plus certain & plus ample.
Et quant aux temps modernes semblablement y a difference, comme
pourras voir aux Ducs de Milan, dont nous auous mis le compte des ans
selon les auteurs, affin de n'estre veuz temeraires: toutesfois pour vous
montrer nostre diligence, auons fait vn brief recueil de l'ordre de leurs
temps, tel que s[']ensuit, S. Antonin Archeuesque de Florence, & le Suple-
ment des Chroniques, & Iouius, tous trois s'accordent que le premier
Duc qu'est Iean Galeas, mourut en l'an 1402, mais quant à son regne, &
comencemẽt d'iceluy, tous sont discordãs. Iouius ne dit l'an de son com-
mencement: S. Antonin met qu'il commẽça estre Duc l'an 1385. le Supple-
ment 1382. & quant au temps qu'il a esté Duc, Iouius luy donne 24. ans.
le Supplemẽt 37. & S. Antonin n'en fait mention. Dont nous concluons
par certaine raison, nous asseurans sus Iouius, auteur bien approuué, que
ledit premier Duc de Milan commença l'an 1378. Iean Maria Viconte,
& second Duc succedant à son pere audit Duché, auquel il fut dix ans,
mourut, à ce compte l'an 1412. Philippe Maria tiers Duc, entra au gou-
uernement, à cause qu'il y eut vaccãce, l'an 1413. & y demoura 33. ans: ainsi
mourut 1446. à quoy s'accorde l'Archeuesque Antonin, qui estoit de
son temps. François Sforce quatrieme Duc, ne paruint de trois ans apres
audit Duché, pour cause du tumulte, & rebellion du peuple: & par force
d'armes entre en iceluy, l'an 1449. selon l'Archeuesque Antonin: & fut
Duc par 16 ans. ainsi mourut l'an 1465. & le Supplemẽt dit qu'il mourut
1466. Galeas Maria cinquieme Duc, entre l'an 1466. & y demoura 10.
ans. ainsi il mourut l'an 1476. Iean Maria Sforce sixieme Duc, print pos-
session apres le trespas de son pere, l'an 1477. & fut Duc sous la charge
de son oncle Louis Sforce, dit le More, iusques à l'an 1494. su qu'il fut
Duc 18. ans & six moys. Louis Sforce susdit succeda incontinent à son
nepueu en l'an 1494. & y demoura cinq ans six moys: & fut prins, & me-
né prisonnier en France l'an 1500. Aussi faut entendre que peu d'historiens
ou Chroniqueurs ont compté les moys & iours, qui eniambent & entre-
prenent sus les annees: ce qui les à fait par trait de temps discordans quel-
ques fois d'vn an ou deux. Pareillement en la fin des descriptions de vie
des personnages, trouueras par fois vn seul auteur allegué, & par fois
deux, bien qu'il y en ait quatre ou cinq qui en ayent escrit, & desquels
nous auons recueilli le sommaire: parquoy si ne trouues le tout que nous
disons, en vn ou deux, estime qu'il est aux autres, qui ont esté d'vn mes-
me temps, ou traité de mesme affaires. Et mesme faut entendre que souuẽt
les auteurs sont contraires, mais que les auons accordez & d'iceux tiré

le

[p. 4]

Fac-simile de la page

4

le meilleur, au mieux qui nous a esté possible, & les choses veritables, ou
plus vraysemblables. Aussi ne faut ignorer que plusieurs liures en diuers
temps & lieux imprimez, sont par fois diuisez diuersement par chapitres:
& que nous auons prins des plus nouueaux & plus corrects, noz allega-
tions des chapitres. Aussi tu ne trouueras estrange que si quelquefois
trouues les annees & Medalles de quelque peu de temps les vnes deuant
les aultres: ce que nous auõs esté contraints à faire, pource qui nous a sem
blé plus plaisant de les accompagner ainsi deux à deux, ayant prins gar-
de d'accõplir les personnes plus consonantes & plus prochaines du temps
les vnes aux autres.

Les erreurs suruenues en imprimant.

En la page 79. de la premiere partie, ligne 8. la ville de Nabat, lisez la
ville de Thersa. En la seconde partie, page 87, la medalle de Theodose
a esté transposee pour celle de Iouian, & à la page 91. celle dudit Iouian a
este transposee pour celle de Theodose.

[p. 5]

Fac-simile de la page

PROMTV. DES MEDALLES.

5

[ADAM]

[HEVA : VX. ADAM]

L'ESCRITVRE Saincte nous declare, qu'au cõmence-
ment Dieu crea le ciel & la terre: & que le sixieme iour, il for-
ma l'homme (c'est à sçauoir Adam & Eue) à son image & sem-
blance: & les colloqua en Paradis terrestre, leur deffendant, sur
peine de mort, qu'ils n'eussent à gouster du fruict de vie: mais in-
continẽt ils transgresserent ce sainct commandement, par la de-
ception de Satan: & pource furent mis en la subiection de péché
& de mort. A cette cause le Seigneur Dieu les dechassa, & les meit
en la terre de malediction, à fin qu'en sueur & peine ils vsas
sent leur vie. Or quand Adam se veit ainsi deiecté, il commença
à labourer la terre, auec grand trauail. Apres il congnut sa fem-
me Eue: laquelle luy enfanta Cain: & derechef elle enfãta Abel:
qui fut occis par son frere Cain, par vne meschante enuie, qu'il
auoit conceue contre luy. Voyez Gen. cha. 1. 2. 3.& 4.

ADAM estant en l'aage de 130. ans, engẽdra vn fils: lequel
il nomma Seth: duquel sont descendus les Saincts-peres. Seth,
aagé de 105.ans, engendra Enos: lequel commença à inuoquer
le nom de Dieu. Enos estant en aage de 90. ans, engendra Caï-
nam. Caïnam en l'aage, de 70.ans, engendra Malaleel. Malaleel
en l'aage de 65. ans engendra Iared. Iared estant aagé de 162. en-
gendra Henoch. Henoch en l'aage de 65. ans engẽdra Mahusalam.
Or Henoch, en l'aage de 365. ans, fut transporté de Dieu. Mathu
salam, aagé de 187. engendra Lamech. Lamech en l'aage de 182.
engendra Noe. Noe estant aagé de 500. engendra Sem, Cham
& Iaphet 100. ans deuãt le deluge. Voyez le 5. cha. de Gen. Noe
auoit 600. ans, lors que le Deluge fut faict. Voyez Gene. 7. chap.
Adam mourut aagé de 930. ans.

[p. 6]

Fac-simile de la page

6

LA PREMIERE PARTIE DU

[NOE F. LA.]

[SEM I F. NO.]

NOE, fils de Lamech, a obtenu grace enuers Dieu, qui
l'a reputè estre homme iuste & parfaict. En son temps estoyent
au monde aucuns Geans, qui faisoyent beaucoup d'outrages à
toutes nations du monde. Alors Dieu, voyant les grans maux
qui regnoyẽt en la terre, delibera en soymesme, de destruire tou
tes creatures viuantes, fors Noe & sa famille: si luy feit commã-
dement de faire vne Arche, laquelle il acheua en 100. ans. Apres
Dieu luy commanda d'entrer dedans, auec sa famille, & qu'aussi
il y feist entrer auec luy, de chacune espece de beste la masle & la
femelle. Quand donques tout fut entré dedans, il suruint vne
tant grande inondation d'eaue sus la terre par 40. iours & 40.
nuits, qu'elle surmonta les plus hautes mõtaignes de 15. coudees:
& lors furent toutes creatures, tant raisonnables qu'irraisonna-
bles, suffoquees & noyees, excepté Noe & sa famille, & les pairs
des bestes qu'il auoit mis dedans l'Arche: ce fut en l'an du mon-
de 1656. auant la nati. de Iesus, 2306. Mais apres que les ca-
ues se furent tenues 150.iours sur la terre, alors Dieu misericor-
dieux, eut memoire de Noe, & feit diminuer les eaues: & l'Arche
demeura sur les mõtagnes d'Armenie. Or Noe, estãt sorti auec
sa famille, sacrifia, rẽdãt graces à Dieu: lequel luy mõstra l'arc ce-
leste, en signe d'asseurance perpetuelle, pour toute ame viuante,
qu'il n'y auroit plus de deluge d'eau vniuersellement sur la ter-
re. Voyez Gen. Cha. 7. 8. & 9.

SEM, fils de Noe, engendra cinq enfans, dont le premier
fut Aelam: duquel descendirent les Aelamites, qui furent princi-
paux d'entre les Perses. Le secõd estoit Assur: duquel viendrẽt les
Assyriẽs. Le tiers, qu'il engẽdra en l'aage de 102.ans, apres le de-
luge, fut Arphaxad: duquel sortirẽt les Arphasades, depuis nõ-
mez Chaldees. Le quart fut Lud: duquel furẽt nõmez les Lydiẽs:
le 5.fut Arã: qui dõna nõ aux Aramenes, que les Grecs appelerẽt
Syriẽs. Voyez en Gen. c. 10. & 11. & le 1. li. de. Par. c. 1 & Jose. li. I.

[p. 7]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

7

[CHAM. II F. NO. ]

[IAPETH III F. NO.]

CHAM fils de Noe, receut malediction de son pere, à cause
qu'apres que ledict Noé eut plãté la vigne, & beu de son vin, qui
l'enyura, tant qu'il s'endormit, estant descouuert par les parties
honteuses, ce mauuais fils s'en mocqua. Cestuy Cham engendra
quatre enfans. Le premier auoit nom Chus: duquel sont descen-
dus les Ethiopiens, qui se nommoyent Chuseens. Le second fut
Mefraim: duquel veindrent les Mefreens, autrement nommez
Egyptiens, comme Mefrin en Hebreu signifie Egypte. Le tiers
est Phut: duquel sont venus les Libyens, lesquels de son nom il
nõma Phutes. Le quart est Chanaan: duquel sont sorti les Cha-
naneens: & leur region a depuis esté appelle Iudee. Voyez le li.
de Genese, chap.9. & 10 & Iosephe li. 1. chap. 12.

IAPHET, fils de Noe, receut la benediction de son pere,
auec son frere Sem: à raison qu'ils couurirent les parties honteu-
ses de leur pere, quand il estoit yure. Or cestuy Iaphet engendra
sept enfans: desquels descendirent plusieurs grandes lignees. Le
premier auoit nom Gomer: duquel sont issus les Gomerites: qui
depuis ont esté nommez Galates, par les Grecs. Le second estoit
Magog: duquel prindrent origine & commencerent les Mago-
gues, que les Grecs ont nommez Scythes. Le tiers estoit Madai:
duquel veindrent les Medes. Le quart auoit nom Iauan: duquel
sont issus les Ionens en Grece. Le cinqieme fut Tubal: qui peu-
pla les regions qui se nommoyent iadis Iberies, mais maintenãt
sont les Espaignes. Le sixieme eut nom Moloch: duquel issitent
les Moschins, parapres nommez Cappadoces. Le septieme fut
Thiras: qui appella ceux de sa race Tirenses, desquels les Grecs
feirent le nom de Thraces. Voyez le liure de Genese, chap. 10.
& Iosephe liure premier des Antiquitez chap. 11.

[p. 8]

Fac-simile de la page

8

LA PREMIERE PARTIE DV

[ARPHAXAD FIL. SEM]

[SALA FIL. AR.]

ARPHAXAD fils de Sem, fut né deux ans apres le De-
luge, c'estasauoir en l'an du monde 1658. auant la nati.de Iesus,
2304.ans. & en l'aage de 35. ans engendra Sale: depuis il ves-
quit encore 303. ans {la vieille edition dit 403.} durant lequel
temps il engẽdra fils & filles. D'iceluy Arphaxad est descendue,
comme nous auons dit, la nation des Chaldeens, dont la region
est appellee Chaldee: laquelle est situee aux parties de l'Asie, & se
confine à l'Arabie: c'est vne contree de païs plat, qui a beaucoup
de faulte d'eau & en icelle la grande ville de Babylone fut an-
ciennement fondee, & batie. Voyez Gen. cha. 10. & 11 le Supple.
des Chro. li. 2. Or Arphaxad nomma les Chaldeens, Arphaxa
- deens, de son nom, pource qu'il estoit leur Seigneur: comme Io-
sephe le recite en son liure des Antiquitez premier, au cha. 14. &
S. August. li. 16. de la cité de Dieu, chap. 10. suyuant l'opinion des
70. Interpretes, dit que Arphaxad engendra Cainan.

SALE fils d'Arphaxad susdit, ayant vescu 30. ans, engen-
dra Heber: & puis apres il vesquit encores 403. ans, durãt lequel
temps il engendra fils & filles. Voyez Gen. cha. 11. D'iceluy Sale
sont issus les Sarmantes, & d'iceux furent nommees les regions
de Sãrmatie, qui sont deux, l'vne est en Europe, & l'autre, que
nous appelons Tartarie, est en Asie la maieur: qui est celle Sarma
tie qui a prins son nom de Sale. L[']on estime icelle region, de la
partie deuers Septentrion, comme deserte, & incongnue, en la-
quelle nonobstant ont esté autresfois trois bonnes villes, Her-
monasa, Enantia, & Tyramba. Là est le mont Causas: & y en a
qui se sont abusez en estimant qu'audit mont sont les portes que
l[']on appelle Caspies. Voyez Ptolemee li. 3. & 5. & le Supple. liu. 1.

[p. 9]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

9

[HEBER FIL. SAL]

[PHALECH FIL. EBER]

HEBER, fils de Salé, estant paruenu en l'aage de trente
quatre ans, engendra Phaleg, en l'an du monde 1758. Auant la
natiuité de Iesus Christ 2204. & vesquit encores par l'espace
de quatre cens & trente ans, engendrant fils & filles: puis mou-
rut aagé de quatre cens soixante quatre ans. D'iceluy sont de-
scendus les Iuifs: & pource, on les appelle Hebreux : & aussi,
quand les langues furent diuisees, la langue Hebraique demou-
ra en sa maison seule. En ce temps là, icelle langue Hebraique
auoit nom humaine: à cause que tous les humains parloyent par
icelle. Or iceluy Heber eut vn autre fils, lequel il nomma Ie-
ctan : duquel Moyse fait mention, & iceluy engendra plu-
sieurs filz, c'est à sçauoir Elmodad, Saleph, Asamoth, Iaré,
Adoram, Vzar, Decla, Hebal, Abimaël, Saba, Ophir, Heuilla,
& Iobab. L'habitation d'iceux estoit depuis Messa iusques à
vne montaigne Orientale, nomee Sephar: & ainsi estoyent
de la famille du bon homme Noé, selon leurs peuples & na-
tions. Ceste prouince de Messa est situee en Iudee, ainsi que
racompte sainct Ierosme. Voyez Genese 10 & 11. chapitre. Iose-
phe liu. i. chap. 14.

PHALEG, fils de Heber, en l'aage de trente ans engendra
Reu, qui estoit en l'an de la creation du monde 1788. & auant
la naissance de Iesus Christ 2174. & apres il vesquit encores
deux cens trente neuf ans, engendrant autres fils & filles. Ice-
luy est interpreté diuision: & aussi en son temps la terre fut di-
uisee. De ce temps là, le Royaume des Scythes print son cõmen-
cemẽt sous le Roy Tanaïs: lequel Royaume est situé en la par-
tie Septentrionale. Voyez comme dessus: & sainct Augustin en
la cité de Dieu, & la chron. de Paul Constantin Phrygion.

b

[p. 10]

Fac-simile de la page

10

LA PREMIERE PARTIE DV

[SATVRNVS]

[BEL. IVPITER]

NEMROD Saturnus, fils de Chus, qui fut fils de Chã, fils
de Noé, commença à estre puissant sur la terre: & fut le cõmen-
cement de son regne[.] Babylon, Arach, Achad, & Chalanné,
en la terre de Sennaar: qui fut en l'an du monde 1788. & auant
la natiuitié de Iesus Christ 2174. & de son temps fut la confu-
sion des langues, en l'edification de la tour de Babel, comme dit
Iosephe, alleguant tels mots de la Sibylle: Pendant que les hommes
auoyent vn seul langage pour tous, aucuns d'eux edifierent vne tour fort
haute, comme pour monter au Ciel par icelle: mais les Dieux, enuoyans des
vents alencontre, renuerserẽt la tour: & donnerent langage propre à cha-
cun de ces hommes: & pourtant auint que la ville fut nommee Babylon:
qui est à dire confusion. Voyez Gene. 10. & 11 Iosephe 9. & 12. chap.
du premier liu. & Berose 4. & 5. liu. & Paul Constan. Phry. & la
Chronologie de Funccius.

BELVS Iuppiter, apres que son Pere Nemrod eut regné
cinquante six ans, regna soixante deux ans. Iceluy eleua les fon-
demens ia desseignez pour Babylone, pour lors plustost villette
que ville. Il vescut en paix iusques enuiron la fin de son regne.

En ce temps là Comerus Gallus enseigna ses Italiens à bastir
ville par charios, à la maniere de Scythie, d'ou il venoit. Voyez
Berose liure 5. & pour tous ces premiers Roys de Babylone &
d'Assyrie, Iustin liure 1. & Diod. Si. li. 3. & Annius de Viterbe.

[p. 11]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

11

[REGV FIL. PEL.]

[SARVG FIL. REG]

REV, ou Rhagau, fils de Phaleg, en l'an trente deux de son
aage engẽdra Sarug qui estoit l'an du monde 1820. & auãt la
naissance de Iesus Christ 2142. & apres vesquit encores deux
cens sept ans, & engendra d'autres enfans, fils & filles. Il edifia
plusieurs temples: & aucuns Princes de son temps furẽt adorez
de leur subiects. Pareillement quatre Royaumes prindrẽt leur
commencement: dont le premier fut le Royaume des Scythiẽs:
dont nous auons faict mention au parauant: & leur Roy auoit
nom Tanaïs: duquel a prins son nom le fleuue Tanaïs. Le se-
cond fut le Royaume des Amazones: lesquelles estant descen-
dues des Scythiens, habiterent premierement aupres du fleuue
Tanaïs: & depuis, pres du fleuue Termodoõ, qui pourtãt a esté
appelé Amazonius. Le tiers fut le Royaume d'Egypte: auquel
regna premiererement Sores, ou (comme disens aucũs) Vexores.
Le quart fut le Royaume des Boemiens: lesquels auoyent vn
Prince nommé Boemus. Touchant Reu, voyez Gene.II.chapi.
Touchant les Royaumes, voyez Iustin, Eusebe, & les Chroni-
ques des Boemiens, & la chro. de P. Con. Phry.

SARVG, fils de Reu, estoit aagé de trente ans, quand il en-
gendra Nachor: qui en l'an du mõde 1850. & auant la nati-
ui. de Iesu Christ 2113. apres la naissance duquel il vesquit en-
cores deux cens ans, engendrant fils & filles. L'an vingtcinq-
ieme de son aage print commencement le Royaume des Assy-
riens: qui estoit plus grãd que tous les autres Royaumes: & du-
ra (comme sainct Augustin le racompte au second chapi. du li-
ure 18. de la Cité de Dieu) par l'espace de treize cens deux ans.
Apres que Sarug fut paruenu en l'aage de deux cens trente ans,
il mourut. Voyez Gene. 11. chap.

b 2

[p. 12]

Fac-simile de la page

12

LA PREMIERE PARTIE DV

[NINVS ASSYR. REX]

[ZOROASTES MAG. R. BACT]

NINVS, fils de Belus, fut tiers Roy des Babyloniens en l'an
du monde 1906. & auant la natiuité de Iesus Christ 2056. Il
regna cinquante deux ans, faisant aspres guerres à ses voisins: à
cause de la grand' cupidité qu'il auoit de regner sus les autres.
En memoire de son pere Belus, feit feire vne Idole à la semblan
ce d'iceluy son Pere, portant grande reuerence à ceste Idole. A-
pres il feit faire publication que tous malfaicteurs qui se vou-
droyent humilier par deuant elle, obtiendroyẽt pardon de luy,
pour tous & chacuns leurs crimes. Et, à son exemple, ayans plu-
sieurs autres fait semblablement des Idoles, rememorãs les-
sonnes de leurs Peres, les malins espritz commencerent d'abu-
ser les ignorans, en leur rendant responses par ces Idoles: & de
là veindrent les noms de Bel, Baal, Bel-phegor, & Belzebub,
noms d'Idoles. Voyez Daniel & saint Ierosme, tome 6. sus
Hosee chap. 2. Berose & chroni. de Paul Constant.Phrygion.

ZOROASTES, selon l'estime d'aucũs, estoit second fils
de Noé, nommé Cham. Iceluy fut le premier Roy des Bactriãs,
homme certes fort ingenieux: car il fut le premier inuenteur de
l'art Magique. Il trouua les sept Arts liberaux, & enseigna le
cours du Ciel & des Estoilles. Aucuns Historiographes disent
que quand il nasquit, commença à rire: ce qui n'estoit point bon
signe, selon l'opinion d'aucũs: à cause que la nature des naissans
est de pleurer: & aussi il fut vaincu en bataille par Ninus. Or ce-
stuy Ninus fut aussi frappé d'vne fléche, duquel coup il mourut,
laissant son fils Ninias heritier. Iceluy Ninus edifia la ville de
Niniue: qui auoit trois iournees de circuit: laquelle, apres, fut
ruinee par Cyrus Roy d'Assyrie. Voyez sainct Augustin, Euse.
& Pline liu. 30. chap. 7

[p. 13]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

13

[TVYSCON CON]

[SAMOTES REX GAL]

TVYSCON, surnommé Ascenas par le Prophe Moy-
se, fut fils de Gomer, qui estoit le premier né de Iaphet, fils de
Noé. D'iceluy Gomer sont issus les Cimbriens: Lesquelz se par
tirent d'Italie, pour aller habiter dedans Alemaigne, aux lieux
Septentrionaux, tirans vers le païs, qui maintenant est nommé
Dannemarch, aupres de ceux que l[']on dit Norduegiens, & Go-
thiens. Ceux des Sarmates, qui habitent pres du Royaume de
Poloigne, & que nous mettons maintenant entre les Alemans,
descendirent de Tuyscon: qui leur enseigna les lettres, & leur
establit & ordonna des loix & ordonnances: & à luy com-
mença le Royaume d'Alemaigne en l'an du monde 1909.
Auant la naissance de Iesus Christ 2053. Apres qu'il eut regné
par l'espace de cent cinquãte ans, il fut nombré entre les Dieux.
Voyez Berose.

SAMOTES, surnommé Dis, fut euiron ledict temps le
premier Roy des Gaules, ainsi que recite Berose, au cinqieme de
ses antiquitez: ce que Iules Cesar conferme au sixiesme liuire de
ses commentaires, quand il dit ainsi: Galli se omnes à Dite patre pro-
gnatos prædicant.
(Tous les Gaulois se vantent d'estre descendus
de Dis.) Or c'estoit vn Prince fort excellent en science & prdu-
dence: & pourtant il eut nom Samotes: & aussi les Gau-
les on esté appelees Samotees: à cause qu'elles fu-
rent reduictes en Royaume par iceluy, com-
me tesmoigne Diogene Läertius,
en son liure de la vie des
Philosophes.

[Fleuron]

[p. 14]

Fac-simile de la page

14

LA PREMIERE PARTIE DV

[NACHOR FIL. SAR.]

[THARE FIL. NAC]

NACHOR, fils de Sarug, estant aagé de vingtneuf ans,
engendra Tharé, en l'an de la creation du mõde 1879. qui est
deuãt la Natiuité de Iesus Christ 2083. Puis viuant encor cent
dixneuf ans, engendra plusieurs autres enfans, filz & filles: &
finit ses iours. Voyez Gene. vnzieme chap. De ce temps com-
mença le Royaume des Assyriens, ainsi que nous auons par cy
deuant touché comme en passant: & auoyent Belus pour leur
Roy, & pareillement commença le Royaume des Sicyoniens,
desquelz Aegialeus auoit la domination.

THARE, fils de Nachor, vesquit septante ans: puis engen
dra Abram: qui fut apres appelé Abraham: qui fut en l'an de la
creation du monde 1949. & auant la natiuité de Iesus Christ
2013. Il engendra pareillement Nachor, & Aran, &, apres a-
uoir vescu encor cent trente cinq ans, deceda de ce monde, ayãt
deux cens cinq ans. Abraham engendra Ismaël, & Isaac. Na-
chor engendra huict enfans de Melcha. Le premier estoit Hus,
qui Pere de Iob. Le second Buz. Le tiers Camuel, Pere des
Syriens. Le quatrieme Cased. Le cinquieme Asau. Le sixieme
Pheldas. Le septieme Iëdlaph. Et le huictieme Bathuel, lequel
engendra Rebecca. Iceluy Tharé, tant à cause qu'il ne s'aymoit
point en la terre des Chaldeens (à raisons de leur idolatrie: la-
quelle estoit alors en grand bruict, lors que principalement les
Chaldeens adoroyent le feu) que pour la mort de son filz Aran,
laissa le païs, & vint en la terre de Mesopotamie, en la ville de
Charan, là ou il mourut. Voyez Gene. vnzieme & vingtdeux-
ieme chapi. & Isidore.

[p. 15]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

15

[IANVS]

[VESTA]

IANVS, venant des parties d'Espaigne en Italie, & voyant
que Camesenuus y gastoit toute la ieunesse, l'endura par trois
ans: puis, luy assignant quelques Colonies, le feit sortir hors
d'Italie: de laquelle il donna certaine portion à vne sienne fille,
nommee Helerne: & apres eleut, pour son siege perpetuel, la vil-
le de Ianiculum, par luy fondee parauãt, qui fut en l'an du mon-
de 1948. & auant la natiuité de Iesus Christ 2014. Il ensei-
gna aussi à ses Ianigenes, surnommez Razenues, la Physique,
l'Astronomie, les Deuinemens, & autres choses à garder & ob-
seruer: & pour ceste cause ses gens luy porterent reuerence di-
uine, sous telz noms qu'en Armenie la Sague. Voyez Berose en son cinqieme liure des Antiquitez.

VESTA, femme de Ianus, institua en vn temple six vie-
ges, que l[']on nommoit Vestales, ayans, entre autres ceremonies,
charge d'y entretenir perpetuellement du feu: & les y rendoit
l[']on depuis six iusques à dix ans, pour y demourer trente ans: &
lors se pouuoyent marier, si bon leur sembloit: mais, si parauant
aucune d'elles se trouuoit corrompue là dedans, elle estoit en-
terree toute viue. Voyez sainct Augustin en la Cité de Dieu. liu
quatrieme, chapitre dixieme. Titeliue au premier liure. Sa-
luste & Ouide. Cette institution & ordonnance fut
faict par ladicte Vesta en l'an de la creation
mille neuf cens soixante trois, & a-
uant la natiuité de Iesus Christ
mille neuf cens no-
nante neuf.

[p. 16]

Fac-simile de la page

16

LA PREMIERE PARTIE DV

[DIONISIVS]

[PALLADON V. M.]

DENIS, fils de Hammon, ayant pris les armes, dechacea
Camasenuus & Rhea sa femme, hors du Royaume d'iceluy
Hammon, son Pere: mais il retint leur fils, nommé Osiris, auec
luy, & l'adopta pour sien, luy imposant vn autre nom, à sçauoir
Hammon Iuppiter, luy donnant tout le Royaume d'Egypte.
Voyez Berose en son liuire cinqieme. Ce fut faict en l'an du
monde 1948. Auant la natiuité de Iesus Christ 2014. de ce
temps Barsanes fut vaincu par Ninus.

PALLADON vierge (laquelle est nõmee par les Grecs
Minerue) en sa premier enfance fut delaissee seule, aupres du
lac Triton: & lors Denis Iuppiter susdict l'adopta pour sa fille,
du temps des dates precedentes. Icelle enseigna toutes sortes de
guerres aux Libyens, selon Berose, elle fut aussi (suyuant quel-
ques autres qui la nomment Pallas) la premiere qui trouua l'art
de faire l'huile, & quand & quand de la mettre en effect. Elle
trouua la maniere de nombrer, & de faire armures de fer. Pa-
reillement (selon l'opinion de plusieurs) elle trouua l'iuention
& l'vsage d'accoustrer la laine, cõme de la peigner auec les pei-
gnes de fer: & puis apres de la filler à la quenouille, & de la tistre:
tellement que les Cardeurs de laine, les Foulons, les
Tisserans & Teinturiers, & principalement
les pucelles, commencerent à luy fai-
re honneur, reuerence, & ser-
uice, comme à vne
Deesse.

[p. 17]

Fac-simile de la page

17

PROMPTV. DES MEDALLES.

[OSIRIS R. ARGIV.]

[ISIS IVNO AEGIP]

OSIRIS, fils de Camasenuus, & de Rhea, & Roy des Ae-
gyptiens, regna trente cinq ans. Estant en Aegypte, enseigna à
ceux du païs, plusieurs sortes d'Arts. En premier lieu il trouua
l'inuention de labourer la terre auec la charrue, & toutes les
choses appartenantes à l'Agriculture: & puis, peu à peu, s'en alla
parmi le monde enseignant à vn chacun ce qu'il auoit inuenté:
& par ce moyen il y eut domination par tout, excepté en Babylo-
ne. Voyez Berose, Diodore Sicilien, & Ouide en sa Metamor-
phose.

ISIS, Iuno Egyptienne, fille de Camasenuus, & de Rhea
sœur & femme d'Osiris, acquit iadis grand renom enuers les
Egyptiens: ainsi qu'il se peut veoir pour lors en son Epitaphe:
duquel l'escripture parle ainsi, estant inscript en vne coulomne:

Ie suis Isis Royne d'Egypte, enseignee par Mercure.

Nul ne rompra les choses que i'ay establies par loix.

Ie suis femme d'Osiris.

Ie suis la premiere iuenteresse des fruicts.

Ie suis mere du Roy Orus.

Ie suis resplendissante en l'Astre du Chien.

Pour moy a esté bastie la ville de Bubastie.

Resiouy toy, resiouy toy, Egypte, qui m'as nourrie.


Qui sera curieux d'en sauoir d'auantage, pourra auoir re-
cours à Diodore Sicilien: lequel en rapporte merueilles, au pre-
mier & au second liure. Icelle Isis fut nee en l'an du monde mil-
neuf cens cinquante huict, qui estoit auant la natiuité de Ie-
sus Christ deux mille & quatre. Voyez la Chroni. & supputa-
tion de Paul Constant. Phrygion: & la Chronologie de Func-
cius: lesquelz nous auons suyui par tout ce present recueil.

[p. 18]

Fac-simile de la page

18

LA PREMIERE PARTIE DV

[SEMIRAMIS BABILON]

[ZAMEIS NIN]

SEMIRAMIS, apres la mort de son mari, fut Royne
d'Assyrie & d'Asie, pour vne grande partie: en l'an du monde
1958. Auant la natiuité de Iesus Christ 2004. Elle auoit vne
tant grande enuie de regner qu'elle alloit en habit d'homme, à
fin qu'on pensast qu'elle fust fils du Roy Ninus trespassé, &
d'elle. Elle bastit Babylone plus somptueusemẽt qu'elle n[']estoit
au parauant, la fortifiant encores de fossez, & de meilleures mu-
railles. En faisant plusieurs guerres, elle augmenta grandement
son Royaume comme du païs d'Egypte, & d'Ethiopie, & de plu
sieurs autres regions. Elle auoit pour sa gens-d'armerie, quand
elle alla guerroyer en Inde, trentefois cent mille hommes-de
pied, cinq cẽs mille hommes-de-cheual, auec cent mille charios:
& autant qu'elle auoit de chameaux, autant y auoit d'hommes
dessus, qui portoyent glaiues de quatre coudees: & sur la mer,
menoit deux mille nauires. Elle regna ainsi quarante deux ans:
puis elle fut tuee par son propre Fils: à cause qu'elle l'auoit pro-
uoqué à l'acte de luxure: car, estant beau Fils, elle desiroit habi-
ter auec luy charnellement: ce qui estoit illicite. Voyez Diodo.
Sicili. liu. 3 Iustin. liu. 1. Euse. en sa Chroni. & Berose comme des-
sus. Herodote. liu.I.

ZAMEIS Ninias, cinqieme Roy des Assyriens, fils de
Ninus & de Semiramis, regna trente huict ans. Il est nommé
aux escriptures saintes, Amraphel. Iceluy ne feit rien, qui soit
digne de memoire, sinon qu'il viuoit en grande tranquillité, or-
nant les Temples des Dieux, & donna de grans dons aux gens
sauans de Babylone. Voyez Gene. 14. Cassiodore, Berose, liu. 5.
Diodore, liure. 3 & Eusebe. Il commença à regner en l'an du
monde 2000. Auant la natiuité de Iesus Christ 1962.

[p. 19]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

19

[ABRAM FIL. THAR]

[SARRA VX. ABRA]

ABRAHAM, fils de Tharé, estoit aymé de Dieu. Il de-
laissa son païs en l'an du monde 2024. Auant la natiuité de
Iesus Christ 1938. Et alla habiter en la terre de Chanaan: là
ou il eut la promesse que sa semence viẽdroit nostre Sauueur
Iesus Christ, par lequel Dieu vouloit donner benediction à tou
tes nations. A icelle promesse fut adioutee la Circoncision: la-
quelle fut donnee audict Abraham, estant aagé de nonãte neuf
ans: sous icelle luy donnant à entendre que, par iceluy Iesus
Christ, la vie eternelle seroit donnee à ceux qui auroyent fiance
en luy. Au parauant (à sauoir en l'an de son aage octante six) il
auoit engẽdré Ismaël, de sa chambreier Agar: laquelle luy auoit
baillee Sara sa femme, à raison qu'elle ne pouuoit engendrer.
Mais, apres, estant aagé de cent ans, & Sara de nonante, Dieu
voulut qu'ilz eussent vn fils: lequel fut nommé Isaac. Quand il
fut paruenu en l'aage de cent septante cinq ans, il mourut, & fut
enseueli, par ses enfans, en Hebron, auec Sara: laquelle estoit en-
seuelie en ce lieu là mesme, & y auoit ia trente huict ans. Voyez
Gene. depuis l'onzieme chap. iusques au vingtcinquieme. Iosephe
liu. 1. depuis le chap. 16. iusques au 26.

SARA, femme d'Abraham et fille d'Aran, estoit vne fem-
me fort honneste. Elle demoura long temps sans auoir lignee:
mais, par le vouloir de Dieu, elle enfanta Isaac, comme dessus
est dict. Elle estoit fort belle femme, & bien-aymee de son ma-
ri: & aussi elle supportoit grandement les afflictions qui surue-
noyent. Elle rendit son ame à Dieu en l'aage de cent vingtsept
ans. Voyez Gene. chap. 23.

[p. 20]

Fac-simile de la page

20

LA PREMIERE PARTIE DV

[AGAR ANC. SAR. ]

[ISMAEL]

AGAR, se voyant enceinte, commença à mespriser sa Da-
me Sara: de laquelle elle fut rudement reprise: & pourtant s'en
vouloit retourner en Egypte, quand l'Ange de Dieu luy feit
commandement de retourner auec sa maîtresse, & qu'elle se
rendist humble enuers elle. Apres il luy dist qu'elle enfanteroit
vn fils, qui auroit nom Ismaël. Or en ce lieu y auoit vn puis,
qu'elle nomma le Puis du Viuant qui me voit: lequel puis estoit
encor, du viuant de Moyse, entre Cades & Barad. Quand don-
ques elles fut retournee, elle enfanta vn fils, qu'Abraham nom-
ma Ismaël. Voyez Gene. 16. Iosephe liu. 1. chap. 18.

ISMAEL, fils d'Abrahã et d'Agar, fut né en l'an du mon-
de 2036. auant la natiuité de Iesus Christ 1926. estant ieu-
ne homme, demoura parmi les desers, & deuint bon Archer. Il
habita principalement dedans le desert de Pharan, apres que sa
mere, & luy aussi, fut enuoyee hors de la maison d'Abraham: &,
apres cela, sa mere le maria à vne Egyptienne: de laquelle il eut
douze enfans: lesquelz ont esté tous Princes, chacun de sa tribu.
Or iceluy mourut estant en aage de cent trente sept ans. Voyez
Gene. 16. & 25. Iosephe liu. 1. chap. 18 & 21.

Enuiron ce temps là Sodome, Gomorre, Adama, Seboim, &
Segor fut subuerties à cause de leurs pechez, auec tous leurs
habitans, excepté Lot, & ses deux filles, estant sa femme trans-
muee en statue de sel. Voyez Gen.19. Iosephe liu. 1. chap. 19. Ce-
la fut en l'an du mõde 2048. auant la natiuité de Iesus Christ
1914. enuiron ce temps naquit Isaac: à sauoir vn an ou deux
apres. Ararius le sixieme Roy des Assyriens, subiuga les Ba-
ctrians, & tous les Caspiens. Voyez Berose.

[p. 21]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

21

[ISAAC F. ABR.]

[REBECCA VX. ISAAC]

ISAAC, fils d'Abraham & de Sara, fut offert en sacrifice
en l'an du monde 2073. Auant la natiuité de Iesus Christ
1889. & apres que l'Ange l'eut deliuré du sacrifice que Dieu a-
uoit commande à son Pere, estant en l'aage de quarante ans,
print en mariage Rebecca, la fille de Bathuel, ainsi que son Pere
Abraham auoit ordõné. Icelle luy enfanta, lors qu'il estoit aagé
de soixante ans, deux enfans gemeaux: dont celuy, qui sortit le
premier, estoit roux & velu: l'appellerent, par son nom, Esau:
& son frere, qui sortit incontinent apres luy, Iacob. Finalement
Isaac mourut en l'aage de cent octãte ans: & fut enseueli, par ses
fils, en Hebron iouxte ses Pere & mere. Voyez Gene.25. & 35.
& Iosephe liu.I.chap.26. & 28. & la Chrono. de Funccius.

REBECCA fut femme d'Isaac, & fille de Bathuel. Elle
fut cause que Iacob receut la benedictiõ que deuoit auoir Esau,
de leur Pere Isaac. Car estant iceluy Isaac, son mari, deuenu
vieux, en sorte qu'il auoit perdu la veuë, & ayant enuoyé Esau,
son mieux aymé, à la chace, Rebecca, ce pendant, enueloppa les
mais & le col de Iacob, auec des peaux de cheureau: & ainsi fut
pris pour Esau par son pere. Depuis, estant Esau retourné, & se
voyant deceu, eut en haine son frere Iacob. Quoy sachant Re-
becca, & oyant les menaces les menaces d'Esau, feit aller Iacob en la terre de
Haran, en la maison de son frere Laban, faisant commande-
ment à son dict fils Iacob d'estre là iusques à ce que la fureur de
son frere Esau seroit rappaisee: mais il trouue sa mere morte,
quand il fut de retour à son Pere, apres auoir fait paix auec Esau.
Voyez Gene. chap. 27. & Iosephe liu. 1. depuis le 26. chapi. ius-
ques à la fin dudict liu. 1.

c 3

[p. 22]

Fac-simile de la page

22

LA PREMIERE PARTIE DV

[IACOB F. ISA]

[RACHEL. LIA]

IACOB, fils d'Isaac, estant allé en Harã, vers son La
ban, fut receu en grande liesse: &, après auoir demouré uec luy
par l'espace d'vn moys, feirent tel pache ensemble que Iacob, qui
auoit mis son amour en Rachel, l'vne des filles dudict Laban, le
seruiroit sept ans, pour icelle auoir en mariage: mais, à la fin du
terme, Iacob ne l'obtint point: ains la premiere nuict de ses no-
pces, luy fut mise Lia secrettement au Lieu de Rachel: & au len-
demain luy fut dict que c en'estoit pas la coutume du païs de
marier la plus ieune deuant la plus ancienne. Quoy voyant Ia-
cob, seruit autres sept ans pour Rachel: & par ainsi eut les deux
sœurs à femmes: desquelles deux, & de leurs deux chambrieres,
il eut douze fils & vne fille. En fin il mourut en Egypte, ou Io-
seph son fils l'auoit retiré durãt la famine de sept ans: & à l'heure
de sa mort estoit aagé de 147. De là il fut transporté inhumer
aupres de ses peres en Hebron, par ses enfants. Voyez Gene. 2. 9.
cha. & depuis 37. iusques à la fin. Iosephe liu. 1. cha. 27. & chap. 8.

LIA, femme de Iacob, enfanta quatre fils, à sauoir Ruben,
Simeon, Leui & Iuda: puis cesssa d'enfante: & alors bailla sa
chambriere Zelpha à Iacob, laquelle luy enfanta deux fils, à sa-
uoir Gad & Aser. Apres cela, Lia enfanta encores deux fils, &
vne fille: à sauoir Issachar, Zabulon, & la fille ayant nom Dina.
Voyez Cene. 2. 9. & 30. chap.

RACHEL, seconde femme de Iacob, voyant qu'elle estoit
sterile dõna sa chambriere Balam à Iacob son mari: laquelle luy
enfanta deux fils: Dan & Nephtalim. Apres, Dieu eut regard à
l'amertume de Rachel: & elle enfanta deux fils: Ioseph & Ben-
iamin: à l'enfantemẽt duquel Beiamin elle mourut. Voyez Ge-
ne. chap. 2. 9. 30. 35. & Iosephe liu. 1. chap. 27

[p. 23]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

23

[IOSEPH CAST. F. IACOB]

[ASENECH VXOR IOSEPH]

IOSEPH, fils de Iacob & de Rachel, à cause qu'il estoit
grandement aymé de son Pere, eut ses autres freres enuieux
contre luy: & pourtant le ietterent en vne cisterne du desert de
Sichem: mais, par conseil de son frere Iuda, il fut tiré dehors,
& puis vendu aux Ismaëlites, lesquelz le vendirent à Phuti-
phar, Eunuque de Pharao. Quelque temps apres, à cause que sa
maitresse le chargea qu'il l'auoit voulu forcer, quãd, au contrai-
re, elle mesme le pressoit, fut mis en prisõ: là ou il exposa les son-
ges du maistre des Boulengers & des Sommeliers de Pharao: &
depuis fut mis hors de prison, pour exposer aussi ceux de Pha-
rao lui-même, qui luy donna tout gouuernement sous luy en Egy-
pte, le nommant Sauueur du monde. Qui fut en l'an de la crea-
tion du monde 2330. & auant la natiuité de nostre Sauueur
Iesus Christ 1732. Finalement il mourut en l'aage de cent &
dix ans. Voyez Gene. 37. chapi. iusques à la fin. Et Iosephe liu. 2.
chap. 2. iusques au 9.

ASENETH, fille de Phutiphar, prestre de Heliopo-
lis, fut femme de Ioseph: laquelle luy enfanta deux fils: à sauoir
Manasses & Ephraim: lesquelz furent adoptez par Iacob, qui
leur donna aussi sa benediction, deuant que rendre son ama à
Dieu. Voyez comme dessus.

c 4

[p. 24]

Fac-simile de la page

24

LA PREMIERE PARTIE DV

[PROMETHEVS]

[ATLAS MAVRVS]

PROMETHEVS, fils de Iapetus, estoit hõme de grand
sauoir, parquoy estoit fort estimé en Arcadie, à raison, qu'il en-
seignoit les gens rudes à vivre ciuilement. Il fut iuenteur de
faire les pourtraictures apres le naturel auec la terre grasse: & a
faire sortir le feu de la pierre: & aussi trouua l'vsage de porter
les anneaux aux doigts: mais au commencement ilz n'estoyent
que de fer: & disoit qu'il les faloit porter au doigt qui est plus
prochain du petit: à cause que la veine du cœur y est, & aussi on
met l'anneau en ce doigt là, aux espousees. Il fut encor le pre-
mier qui enseigna l'Astrologie aux Syriens. Voyez sainct Augu
stin en la Cité de Dieu liu.10. Pline, & Cassio.

ATLAS, frere de Prometheus, fut semblablement fort in-
genieux: il eut grande congnoissance du cours des Plantes,
& des constellations d'icelles: des influences & effectz du Sou-
leil & de la Lune. Il fut le premier qui enseigna l'Astrologie aux
Grecs: & pourtant les Poëtes ont faint qu'il portoit le Ciel.
Voyez Herodo. Plutar. Pline.

ALTADAS, le douzieme Roy des Assyriens, regnoit en
leur temps, qui fut enuiron l'an du monde 2263. & auant la na
tiui. de Iesus Christ 1699. lequel n'estimoit rien en ce monde,
d'heureux, que plaisirs, richesses & triomphes: comme recitent
Cassio. & Bero.

GALATES regnoit sus les Gaulois: & Vandalus sus les
Sarmates, qui sont Alemans habitans pres du Royaume de Po-
logne. Hispanus, le fils de Hispalis, regnoit en Espaigne, du-
quel elle a prins le nom. Voyez comme dessus.

[p. 25]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

25

[CECROPS AETEN R.]

[DEVCAL PROMETE]

CECROPS Diphies, qui fut du temps de Moyse, le pre-
mier Roy des Atheniens, il edifia Athenes, laquelle fut premie-
rement nommee Cecropie, qui fut en l'an du monde 2408.
Auant la natiuité de Iuesus Christ 1554. Iceluy fut le premier
qui inuioque Iuppiter, & trouua les simulachres au païs de Gre-
ce. Il inuenta de faire les autelz pour immoler les sacrifices, &
fut pareillement le premier qui cõmença de conioindre l'hom-
me & la femme par mariage audit païs. Voyez sainct Augustin
en la Cité de Dieu, liu.18. chap.8. Iustin liu.2. & Eusebe en la pre-
face de sa Chronique.

DEVCALION, fils de Prometheus, commẽca à regner
en Grece, du temps qu'il vint pres le mont Parnassus, en l'an du
monde 2428. Auant la natiui. de Iesus Christ. 1534. De son
temps vint vn Deluge qui gasta vne partie de Grece: & fut en
l'an du monde 2437. Quand Deucalion veit ces choses tant
admirables, il se sauua dedans vne nacelle, & sa femme Pyrrha
auec luy & monterent en la montaigne de Parnassus, & à tous
ceux qui se sauuoyent par nacelles, & arriuoyent à luy, il leur
bailloit lieu conuenable, pour là demourer. Voyez Berose.

CVRETES & Coritanbus edifierent Gnosson, lesquelz
en sautant auec les armes, inuenterent de danser par mesure.
Voyez Euseb.

ASCATADES, qui le dix-huictieme Roy de Babylo
ne, subiugua toute la Syrie, & la feit ioindre auec son Royaume.

c 5

[p. 26]

Fac-simile de la page

26

LA PREMIERE PARTIE DV

[MOSES HE D.]

[AARON SACER]

MOYSE fut conducteur des enfans d'Israël, lesquelz sorti
rent de la captiuité d'Egypte l'an du monde 2453. & auant la
naissance de Iesus Christ 1509. Entre les Hebreux fut grãde-
ment aymé de Dieu, & des hõmes: aussi il estoit doux & benin,
&, entre les Prophetes, estoit tresexcellent Historiographe.
Apres auoir receu la Loy en la mõtagne de Sina, auec l'obseruã-
ce des Ceremonies, il enseigna le peuple à garder & faire les cõ-
mandemens de Dieu, & à obseruer toutes les choses que l'Eter-
nel auoit ordõnees. Estant paruenu en l'aage de cent vingt ans,
mourut sur le mont de Nobo, là ou Dieu mesmes l'a voulu en-
seuelir. Voyez Exo. Leui. Nomb. & Deuteronome.

AARON frere de Moyse, estoit vn homme fort ver-
tueux entre les Hebreux, lequel aussi estoit grandement orné
d'eloquence: & pourtãt en l'an du monde 2455. fut souuerain
Sacrificateur de Dieu, selon la Loy. L'eternel luy ordonna vn
testament perpetuel. Or quand il mettoit les hosties sur l'Autel
pour sacrifier, le feu s'y mettoit diuinement par le commande-
ment de Dieu, lequel feu enflammoit tout le Sacrifice. Iceluy
Aaron engendra quatre enfans, c'est assauoir Ithamar, Eleasar,
Nadab, & Abiud, lesquelz furent bruslez en portant les hosties
sur l'autel. Marie (la sœur des dessuditz Aaron & Moyse)
mourut vn petit deuant que ledit Aaron eut rendu son esprit à
Dieu en l'An de son aage cent vingttrois ans, ayant exercé l'of-
fice de Sacrificateur par l'espace de trente sept ans, & fut ense-
ueli en la montaigne de Horeb. Voyez Nomb. 16. 17. & 20. Io-
sephe liu. 4. chap. 5.

[p. 27]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

27

[ELEAZAR F. AAR SVM. SACER]

[IOSVE]

ELEASAR, fils d'Aaron, fut en l'an de la creation du
monde 2491. faict grand Sacrificateur des Hebreux apres la
mort de son Pere, & exercea l'office par l'espace de vingtsept
ans. Iceluy obtint auec Iosué la terre des Chananeens, laquelle
ilz nommerent Iudee, & fut diuisee en douze lignees entre les
enfans d'Israël. Eleasar ministroit au Tabernacle en offran Sa-
crifices à Dieu pour le peuple. Or ayant fait son cours de Natu-
re, selon qu'il peut à Dieu, il rendit l'esprit la mesme annee que
Iosué mourut, delaissant la Sacrificature à son fils Phinees.
Voyez Exode chap. 6. & Iosué ch. 24.

IOSVE, fils de Num, succeda à Myse, quant à l'admini-
stration du gouuernement des enfans d'Israël, en l'an du mon-
de 1493. auant la natiui. de Iesus Christ 1469. Lequel en en-
suyuant le commandement de Dieu passa le fleuue de Iordan, à
pied sec, & le peuple d'Israël auec luy. Apres il assiegea la ville
de Iericho, excepté Raab, & toute sa famille, à cause qu'elle auoit
sauué les deux explorateurs. Apres cela il alla apres cinq Roys,
qui auoyent assiegé la ville de Gabaon. Le Soleil fut arresté (par
la puissance de Dieu) par l'espace d'vn iour, iusques à ce que Io-
sué eut deffait ses ennemis. Finalement il diuisa la terre
au peuple d'Israël. Apres qu'il eut occis trente
vng Roys, il mourut en l'aage de cent &
dix ans: & fut enseueli avec Caleb.
Voyez le liu. de Iosué, & Io-
sephe liure 5. chapi-
tre premier.

[p. 28]

Fac-simile de la page

28

LA PREMIERE PARTIE DV

[PERSEVS ARGIV. REX]

[ANDROMEDA PERS.]

PERSEVS, fils de Iuppiter & de Danaé, occist Meduse
l'vne des Gorgones, en l'an du monde 2497. & auãt la natiui-
té de Iesus Christ 1465. Print delibreation d'aller hors du païs
de Grece, pour se transporte au païs d'Asie, auquel lieu ne fut
point oisif: car il y souffrit grans labeurs, tellement qu'il fut con-
traint de combattre continuellement contre ceux du païs, qui
estoyent pour lors fort Barbares. Mais il fut tant prudent en ses
affaires, qu'il obtint Seigneurie sur eux par sa prouesse: & les ren
dit subiects à luy, dont est venu que les Perseẽs ont obtenu nom
de luy à cause de son bon gouuernement. Voyez Orose liure 1.
chap. 11. Diod. Sici. liu. 4.

ANDROMEDA, fille de Cepheus Roy des Ethyopiẽs
& de Cassiope sa femme, fut pour occasion de l'orgueil de sa
mere, liee à vn Rocher par les Nymphes, pour là estre deuoree
d'vn monstre Marin: laquelle Andromeda fut deliuree par Per-
seus, & puis la print à femme. Apres cela, il retourna en son païs
de Grece en la ville d'Arges, là ou il occist son Pere grand, à cau
se qu'estant petit enfant, Perseus auoit esté mis à l'auenture sur
la mer auec sa mere Danaé par son-dict Pere grand. Parquoy il
regna en Arges au lieu de celuy qu'il auoit occis. Voyez Euripi-
des. & Properse.

De ce temps là Ramesses Aegyptus ietta hors dupaïs d' Egy-
pte son frere Danaüs, & regna Roy d'iceluy païs, lequel au par-
auant estoit nommé Aeria, mais à cause d'iceluy Aegyptus il fut
nommé Egypte. Or iceluy Danaüs estant chassé par son frere
Ramesses, alla en Arges, ou il occist Stelenus, qui l'auoit receu,
quand il estoit poure, & hors de son païs, à fin d'auoir sa domi-
nation. Voyez Orose liu. 1. chap. 11.

[p. 29]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

29

[AIEN. ΦOINIΞ TOY YOY]

[KAΔMOS ΦOI AΔEΛ.]

PHENIX, filz d'Agenor, auec son frere Cadmus, de The-
be d'Egypte vindrent en Syrie: en l'an du mõde 2506. auant
la natiui. de Iesus Christ 1456. & regnerent sus Tyrus & Si-
don. De Phenix fut nommee la region Phenice. Iceluy Phenix
trouua l'inuẽtion de quelques lettres, lesquels il enseigna aux
Pheniciens, ses subiects. Apres il trouua l'inuention d'vser du
Vermillon pour escrire. Lesdits Pheniciens trouuerẽt le moyen
de chasser aux oiseaux & aux poissons: aussi ilz trouuerent l'in-
uention d'vser de fer, duquel apres on feit toutes sortes d'ou-
tilz. En ce païs là est situé le mont du Liban, & de Carmel, qui
sont montagnes fort hautes. Voyez Isidore, & Mantuan, &
Supplemen. Chro.

CADMVS, aussi fils d'Agenor, ayant laissé son frere Phe
nix en son païs, vint en Grece, & là, estant assis aupres d'vne
Fontaine, laquelle est nommee la Fontaine Hippocrené, com-
mença à penser, comment il pourroit trouuer aucuns caracte-
res pour sauoir escrire. Or quãd il eut asses ruminé en son esprit,
il en trouua vingtquatre: aucũs dient seize, lesquelles (auec gran-
de dexterité d'esprit) il enseigna aux Grecs. Il estoit homme de
grand entendement: ce qui vint bien aux Grecs, car ilz estoyent
fort rudes. Voyez Supplemen. Chro.

De ce temps Corax le seizieme Roy des Sicyoniens regnoit.

ROMVS regnoit sur les Celtes. Voyez Manethon.

Alors Asterius regnoit en Crete. Aussi le Temple de Del-
phi fut bruslé par Phlegyas. Voyez comme dessus.

[p. 30]

Fac-simile de la page

30

LA PREMIERE PARTIE DV

[D. BACCHVS]

[DIONISIYS LIB. PAT]

DIONYSIVS, surnõmé Liber-pater, & puis Bacchus, fut
fils de Iuppiter & de Semelé, que les Grecs appellerẽt Dieu des
yurongnes, à cause qu'il inuenta la vigne en leur païs de Grece.
On l'appelle Dionysius, à cause de Nysa, qui est le lieu ou il fut
nourri. On l'appelle Liber, pource qu'il batailla pour la liberté de
son païs, & la lãgue en liberté de parolle. On l'appelle Bacchus, à cause
des femmes Bacchãtes qui le suyoyent, pleines de fureur & de
crierie: ou à cause des bacces, qui sont menus fruicts, qu'il ensei-
gna mettre sur le pressoir, pour en faire de la boisson. Il inuenta
encore la ceruoise, pour ceux dont la terre ne peut porter vigne.
Aussi il fut le premier qui inuenta l'ordre militaire, & assembla
plusieurs hõmes & femmes & les mena en guerre: auec lesquelz
il circuit & enuirõna quasi tout le mõde: & exerçoit grãde iustice
en corrigeãt les malfaicteurs. Il feit guerre aux Indes en l'an du
monde 2508. auãt la nati. de Iesu. 1454. & print en son aide
les Amazones. Il edifia plusieurs villes: & restablit & augmenta
celle que Ninus edifia, nõmee Nisibis: & la peuple de 50. mille
hõmes. Il y a eu vn autre Dionysius plus ancien: mais, par ce que
cestuy est le plus renõmé, à cause des Grecs, qui luy ont attribué
tous les faicts de l'autre, cõme aussi ils ont fait à leur Hercules,
nous l'auons mis le premier. Voyez Diod. liu. 3. & 5. & Sup. Chro.

DIONYSIVS, plus ancien que le susdict, fut fils de Iup-
piter & de Proserpine, appelé par aucuns Sebasis. Il fut le pre-
mier qui mit les bœufs au ioug pour labourer la terre. Il vint
aux Indes, ou les habitans estoyens fort rudes, & vsoyent en
leur manger d'escorces d'arbres auec la chair crue. Il les assem-
bla aux villes, & leur apprint à semer le bled, apres auoir labouré
la terre auec les bœufs. Apres qu'ils eut regné sus les Indes cin-
quante deux ans, il mourut. Voyez comme dessus.

[p. 31]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

31

[OTHONIEL]

[ACSAH. FIL. CAL. VΧ. OTHO.]

OTHONIEL, fils de Cenes, & frere puisné de Caleb,
de la lignee de Iuda, deliura le peuple de la main de Chusam-
Rasathaim, le Roy de Syrie, auquel Israël auoit serui l'espa-
ce de huict ans. Ce fut en l'an du monde 2538. Et auant la na-
tiuité de Iesus Christ 1424. Il fut esleu Prince & Iuge du peu-
ple d'Israël, & quand il exercea l'office, il auoit trente & deux
ans: durant lequel gouuernement, le peuple fut sans guerre, &
eu grand repos. Il espousa la fille de son frere Caleb, laquelle a-
uoit nom Acsa. Apres il rendit son ame à Dieu, quand il eut re-
gné l'espace de quarante ans. Voyez le liure des Iuges, au troi-
sieme chap. Iosephe liu. 5 chap.7.

ACSA fut fille de Caleb & femme d'Othoniel, laquelle,
estant montée sus vn asne, se ietta ius en terre, en la presence de
son Pere: alors il luy demanda s'elle auoit à luy dire quelque
chose: & elle respondit, que fust son plaisir de luy faire vn bien:
à sauoir, puis que son vouloir auoit esté de luy donner la ter-
re seche & non arrosee d'eaue, qu'il luy donnast aussi la terre ar-
rosee d'eaue sourdante en icelle: & Caleb luy donna les terres
de dessus & de dessous, qui estoyent arrosees d'eaue. Voyez le li-
ure des Iuges premier chap.

Apres Othoniel Ahud fut Iuge en Israël, lequel tua virile-
ment Eglon: auquel le peuple auoit serui dixhuict ans, & ayant
Iugé Israël octante ans, il mourut. Voyez le liu des Iug. chap. 3.

Apres regna Sangar, homme fort puissant, qui tua six cens
hommes des Philisthins auec vne gaule de quoy on pique les
bœufs. Voyez Iug. 3. chapi.

[p. 32]

Fac-simile de la page

32

LA PREMIERE PARTIE DV

[PELOPS PHRYG.]

[HYPODAMIA VXOR PELOPIS]

PELOPS, le fils de Tantalus trespuissant Roy de Phry-
gie, aymoit d'vne grande amour Hippodamie, & la feit deman-
der en mariage, mais reieté par Enomaüs le Roy de Pise (qui
estoit ville en Elis pres d'Archadie, dont les habitans bastirent
au retour de la guerre de Troye, celle qui est de mesme nom en
Italie) qui estoit Pere de ladicte Hippodamie. Et pour ceste cau-
se la guerre fut entre eux, en sorte, qu'elle ne peut iamais estre
estaincte, que premierement Pelops n'eust obtenu sa demande.
Finalement en l'an du mõde 2617. il iouyt de la belle Hippo-
damie, par le moyen de la trahison de Myrtilus chartier d' Eno-
maüs. Iceluy Pelops eut deux filz d'icelle noble Dame, à sauoir
Atreus, & Thyestes. Apres auoir regné triomphãment l'espace
de cinquante deux ans, il mourut, ayant subiugué à luy & aux
siens par faitz d'armes la Prouince Peloponessus, que l'on dit à
present la Moree, qui est quasi Isle, que les Grecs appelẽt Che-
sonesus, dont y en a quatre au monde, des principales.

HIPPODAMIE, fut fille d'Enomaüs, auquel fut reuelé
qu'il seroit tué quãd il la marieroit: à cette cause institua vn cha-
riot auec cheuaux cheminans d'vne merueilleuse vistesse, pro-
mettant que quiconque courroit plus-tost que ledit chariot, il
auroit saditte fille en mariage: autremẽt seroit mis à mort: telle-
ment que treize grans personnages furent par vn tel moyen
vaincus. Or Myrtilus fut corrompu par Pelops: si qu'il luy feit
de cire l[']aixieul du chariot: & pourtant ledict chariot en courant
tomba & se rompit, & Enomaüs se tua & Myrtilus fut ietté
la mer par Pelops (laquelle de luy a esté appelee Myrtoe) lors
qu'il demandoit que la promesse luy fust tenue, à sauoir de cou
cher la premiere nuict auec la belle Hippodamie.

[p. 33]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

33

[AMPHION THEBAN.R]

[NIOBE. AMPHI.]

AMPHION, fils de Iuppiter & d'Antiope, regnoit à The
bes, ville de Beotie, païs de Grece, en l'an du monde 2636.
auãt la natiuité de Iesus Christ 1326. ans. Il fut si parfait en l'art
de Musique, que l[']on dit qu'il eut le Luc de Mercure, au son du
- quel, les Poëtes faignẽt qu'il attiroit les pierres, pour bastir The
bes. Ce que Eusebe en sa Chronique, expose qu'il auoit des au-
diteurs rudes d'esprit, & (s'il fault ainsi parler) de pierre: à quoy
s'accorde Horace en son Art Poëtique, disant qu'Amphion fut
homme vertueux, sage, & eloquent, & que par sa prudence, &
douceur d'eloquence, il persuada aux gens champestres, agre-
stes & ignorans, de se retirer ensemble, & habiter en ville close,
& policee. Palephatus dit qu'Amphion par le moyen de son in-
strument de Musique, duquel il iouoit tresbien, gaigna argent,
doit feit clore de murs la ville de Thebes.

NIOBE, fut fille de Tantalus, sœur de Pelops, & femme
d'Amphion, auquel elle enfanta sept fils, & autant de filles de
grande beauté. Pouquoy elle s'enorguillit, & se prefera à la
Deesse Latone, laquelle de ce indignee, mua Niobe en vne pier-
re (comme les Poëtes faignent) apres que son fils Apollo eut
tué tous ses quatorze enfans. Voyez Ouide. au 6.liu. de la Meta-
morphose. Diodore liu.5. Palephatus dit que ceste fable a prins
son occasion, par ce que Niobe apres la mort de ses enfans, feit
mettre son image de pierre, su le sepulchre d'iceux, comme si
elle les regrettoit, & pleuroit leur mort: & dit aussi que luy-mes
me a veu icelle image de pierre, effigie de Niobe.

d

[p. 34]

Fac-simile de la page

34

LA PREMIERE PARTIE DV

[DELBORA.]

[BARACH]

DEBORA, femme de Lapidoth, fut Prophete, & iugea le
peuple d'Israël par quarante ans, commenceans en l'an du mon-
de 2659. auant la natiuité de Iesus Christ 1303. ans. Elle
constitua Barac Chef d'armee, & auec luy alla en guerre contre
Sisara, qui estoit conducteur de l'armee de Iabin, Roy des Cha-
naneens: laquelle fut déconfite & deffaite: & Sisara endormi fut
transpersé par les temples de la teste, auec vn clou que Iahel,
femme de Haber, luy ficha, & clouä, à beaux coups de maillet.
Ainsi fut deliuré le peuple d'Israël de la seruitude dudict Roy Ia
bin, en la subiection duquel auoit esté par vingt ans. Voyez le
liure des Iuges cha. 4. Ioseph. 5. liu. des Antiquitez, chap. 9.

BARAC, fils d'Abinoam, de la lignee de Nephtalim,
Chef & conducteur du peuple d'Israël (comme a est édict) estoit
vn vaillant Capitaine, qui auec dix mil hommes seulement, mit
en route, & en fuite l'armee de Sisara, ou y auoit vingt fois plus
de gens, leurs ennemis. Mais Barac & Debora estoyent princi-
palement armez & fortifiez de la puissance miraculeuse de Dieu.
Voyez comme dessus.

[p. 35]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

35

[GEDEON.]

[ABIMELECH]

GEDEON, autrement dict Ierobaal, fut fils de Ioas, de la
lignee de Manasses, & fut Iuge du peuple d'Israël par quarante
ans, commenceans en l'an du monde 2699. auant la natiuité
de Iesus Christ 1263.ans. Auant que d'aller en guerre contre
les Madianites, il demãda par deux fois signe à Dieu, pour estre
acertainé que Dieu l'enuoyoit contre iceux: & Dieu luy demon
stra par deux miracles: le premier fut à l'endroit du sacrifice que
le feu miraculeusmeent vint tout consumer: & l'autre, fut en la
toison, premierement humide de rosee, puis toute seche, ainsi fut
sa foy fortifiee. Puis se mit si bien à guerroyer, qu'ayant deffaict
Oreb, & Zeb, Princes des Madianites, & Zebee, ou Zeba, &
Zalmana, deliura le peuple de leur subiection, en laquelle a-
uoyent esté par sept ans. Voyez le liure des Iuges 6. 7. & 9. cha.
Iosephe liu. des Antiquitez 5. cha. 10.

ABIMELECH fils de Gedeon, & de Droma sa concu-
bine, ayant tué tous ses freres, au nombre de septantes, excepté le
plus ieune, print le gouuernement du peuple d'Israêl, & fut Iuge
par trois ans, commanceans en l'an du monde 2739. deuant
la natiuité de Iesus Christ 1223. ans. Comme il assiegeoit, &
assailloit vne certaine tour, ou il mettoit le feu à la porte, &
uint vne femme qui luy rua sus la teste vne pierre bien grosse,
d'vne meule à moulin qui auoit esté rompue. Ainsi mourut mal-
heureusement, comme auoit merité, celuy qui par tyrannie, &
souillé du sang de ses freres, auoit vsurpé la domination, en la-
quelle ne regna que trois ans.

THOLA de la lignee d'Issachar, iugea le peuple apres Abi
melech, par 23. ans. Voyez le liu. des Iuges cha. 10.

IAIR de Galaad, apres Thola fut Iuge par 22. ans. Voyez
comme dessus.

d 2

[p. 36]

Fac-simile de la page

36

LA PREMIERE PARTIE DV

[PHENIS EVROPANEIL.]

[MINOS CRE.R.]

EVROPA fut fille du Roy des Phœniciens, nommé Age-
nor, laquelle les Poëtes saignẽt auoir esté rauie, & trãsportee en
la Crete par mer, de Iuppiter, qui s'estoit desguisé en forme de
Beuf: & que d'icelle engendra Minos, Rhadamantus, & Sarpe-
don. Voyez Diodiore Sicilien lib. 5. Ouide en la Meta. liu. 2. Pa-
lephatus interprete ceste fable d'vn certain homme de Crete, ou
Candie, qui auoit nom Taurus, c'est à dire Taureau, lequel em-
mena, & rauit icelle Europa.

L[']on dit que ladicte fille Europa, fut nõmee la tierce partie
du monde, Europe, combien que Herodote liu. 4. ne soit pas de
cette opinion: qui dit que personne ne sçait, au vray, dõt est aue-
nu ce monde à la tierce partie du monde.

MINOS fils de Iuppiter Asterius, & d'Europa, mit des
vaisseaux sus mer: fut premier Seigneur des isles Cyclades, qui
sont en nombre 54. en dechacea les Cariens, & y transmit de ses
subiets, y constituant ses fils prince & dominateurs, ayant pur-
gé la mer de tous pyrates & brigans: en l'an du monde 2710.
auãt la natiuité de Iesus Christ 1252.ans. Voyez Thucydide en
la preface de son histoire. Il fut estimé de tous homme iuste: l[']on
dit aussi qu'il fut le premier qui persuada vser de loix escrites: &
qu'il faignit que celles qu'il mettoit en auant, estoyent introdui-
ctes par luy du commandement de Mercure, auquel Iuppiter
auoit donné telle charge. Voyez Diod. liu. 2. & 7. Denis de Hali.
liu. 2. parlant des faits de Numa. Volater. liu. 33. Minos certes,
pour sa grande iustice, a esté dict apres sa mort, estre Iuge aux
enfers auec son frere Rhadamantus.

[p. 37]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

37

[THEBANVS HERCVLES]

[DEANIRA.]

HERCVLES fils, comme l[']on dit, de Iuppiter & d' Alc-
mene, femme d'Amphitryon, fut né en l'an du monde 2715.
auãt la natiuité de Iesus Christ 1247. vesquit 52. ans: perit par
feu, fut vn des plus grands brigans du monde. Voyez Manetho.
Les Grecs, qui se vantent que Hercules estoit de leur nation, en
dient beaucoup de belles fables, qu'il n'est ia besoing ny lieu ny
temps de declarer icy: & au leur Hercules attribuent tous les
haults faicts des autres Hercules, comme ils ont coustume de
faire. Ses faicts les plus renommez sont en nombre douze, que
Diodore descrit amplement. Eurystheus Roy de Mycene l'en-
uoya combatre les monstres, esperant qu'il y mourroit: & ce à la
persuasion de Iuno qui m'aymoit pas Hercules, comme engen-
dré à de son mari en vne autre femme. Il vint des Espaignes en
Italie 55. ans deuant Eneas, tua Cacus, donna loix aux Italiens,
puis print Troye, & en tua le Roy, qui estoit Laomedon, par ce
qu'il ne luy tenoit promesse: & y mit Roy Priam fis de Laome-
don. En fin pour remede à la trop aspre douleur qu'il sentoit
par la chemise empoisonnee, se ietta dans vn grand feu. Denis
de Halicarnas liu. 1. dit que Hercules estoit vertueux & vaillant,
qui a chacé du monde les tyrans.

DEIANIRE, fille d'Oenus Roy de Calydon, fut fem-
me d'Hercules, laquelle luy enuoya la chemise baignee au sang
de Nessus, pensant que ce sang auoit vertu de retirer son mari
de l'amour des autres femmes, comme Nessus luy auoit faulse-
ment fait entendre. Mais ayant sceu le mal-heur de son mari,
venant de par elle, toutesfois innocente, se pendit, mesme deuãt
que Hercules fust mort. Diodore liu. 5. Ouide en son epitre 9.

d 3

[p. 38]

Fac-simile de la page

38

LA PREMIERE PARTIE DV

[SIB PERSICA]

[SIB. LIBICA]

SIBYLLE Persique, que d'aucuns appelẽt Chaldee, d'au-
tres Hebraique, auoit nom Sambetha: elle fut nee pres la mer
rouge: son pere auoit Berossus, & sa mere, Erymanthe: elle
composa vingtquatre liures, & a prophetizé beaucoup de choses
de nostre Saueur Iesus Christ: à laquelle les autres Sibylles
s'accordent: car l[']on tient que ceste cy a esté la premiere: & d'icel-
le a fait mention Nicanor, qui a descrit les faicts d'Alexandre le
grand. Voyez Lactance liu.1.cha.6 S. Augustin de la Cité de
Dieu liu. 18. cha. 23. on luy attribue ceste Prophetie: Obeste, tu se-
ras surmarchee: Dieu naistre au monde: le verbe inuisible sera palpable,

ou sera frapé. aussi l[']on tient qu'elle predist le miracle des cinq
pains & deux poissons. Voyez le liure des Sibylles.

SIBYLLE Lybique, ou Libysse est la secõde, cõme a escrit
Marc Varro en ses liures des choses diuines: & disoit q les liures
Sibyllins n'estoyẽt point faits par vne seule Sibylle, mais qu'ils
estoyẽt appelez Sibyllins, à cause que toutes les femmes Prophe
tes, ont esté par les anciens appellees Sibylles: ou par ce qu'elles
annonçoyent le conseil de Dieu, selon l'etymologie, à la mode
de parler Eolique (car les Eoles appellent les Dieux, σίους, & βυ-
λην, conseil) ou pour cause d'vne Prophete de Delphos, qui auoit
nom Sibylle, en son propre nom. Voyez comme dessus. L[']on
dit qu'elle a ainsi prophetisé: Les iours viendront que Dieu illuminera
l'espesseur des tenebres: le lien de la Synagogue sera rompu: les hommes se
tairont, & verront le Roy des viuans, & une vierge, dame des Gentils, le
tiendra en son giron: il regnera en misericorde, puis sera mis entre les mains
des meschans, & l[']on donnera des soufflets à Dieu: il sera comme misera-
ble, & donnera secours aux miserables.

[p. 39]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

39

[SIB DELPHICA]

[SIB. CVMÆA]

SIBYLLE Delphique, de Delphos, en Grece, auoit nom
Themis, ou bien Sibylle, duquel aucuns tiennent que depuis les
autres ont esté ainsi appellees: autres dient qu'elle fut nommee
Sibylle parce qu'elle rendoit responses vrayes, à ceux qui alloyẽt
à elle à conseil touchant des choses auenir, & mieux qu'Apollo
mesme. Diodore dit que c'est Daphné, que les Grecs quãd ilz eu-
rent vaincu Thebes, enuoyerent en Delphos: ou elle eut plus de
bruit que l'oracle d'Apollo. L[']on dit qu'elle fut deuant que la de-
struction de Troye, de laquelle Homere a prins plusieurs vers,
qu'il a mis en ses œuures.. Voyez cõme dessus. L[']on tient qu'elle a
ainsi prophetizé: Congnoy celuy ton Seigneur, qui est le vray fils de Dieu.
& Chrysippus recite qu'elle a predit qu'il deuoit naistre vn Prophe-
te, sans semence virile
. Elle mit par vers l'incarnation, doctrine, mi-
racle, passion, resurrection, & ascension de nostre sauueur, si cle
rement qu'elle semble plus auoir escrit histoire que prophetie.

, dicte Italienne, par ce qu'elle estoit de
Cumes, ville d'Italie, ou des enuirõs: & se tenoit là en vne cauer-
ne, ou rendoit oracles & certaines responses aux gens, mesme: à
Encas elle predist les choses auenir. Tous les vers des Sibylles
estoyẽt cachees par les Romains, & n'y auoit que les Quin-
ze hõmes qui les veissẽt. Aussi l[']on tient que c'est elle qui a escrit
les destinees des Romains. Verg. touche de la substãce des vers
d'icelle, en son eclogue 4. que l[']on entend de la natiuité de nostre
Seigneur: & aucũs aussi de la naissãce de Pollio. quoy que
il en soit ceste ecloque touche bien auãt de nostre foy: ionct que
nostre Seigneur fut nê de ce tẽps là. Voyez cõme dessus. On dit
que cette Sibylle a prophetizé, qu'vne belle fille vierge nourriroit
vn enfant de sa liqueur, à sçauoir de laict enuoyé du ciel.

d 4

[p. 40]

Fac-simile de la page

40

LA PREMIERE PARTIE DV

[NICOSTRATA]

[EVANDER]

NICOSTRATE, mere d'Euander, predisoit les choses
auenir, & pour raison des carmes, ou vers, par lesquels elle decla
roit les oracles d'Apollo, fut appelee Carmentis. aucuns dient
qu'elle donna premierement l'iuention des lettres aux latins.
aussi Denis de Halicarnas, en son premier liure, recite que les
Archades apporterent premiers les lettres en Italie, ou ilz vin-
drent apres les Troyens. & Tite Liue dit precisemẽt, que ce fut
Euander, sous telles paroles: Euander adonc fugitif de Pelopon
nese, gouuernoit ce païs plus par reuerence que par puissance,
estant homme esmerueillable pour le cas admirable des lettres,
qui estoyt chose nouuelle entre les gens du païs pour lors igno-
rans. à quoy s'accorde Cornelius Tacitus qui escrit que les Abo
rigenes ont aprins les lettres d'Euãder Archade. aussi dit Tex-
tor en son officine, que Nicostrate estant bien instruite es lettres
Grecques, trouua premirement l'vsage de plusieurs lettres La-
tines, qui ne sont point different des nostres Françoises: à
quoy l[']on peult iuger qu'elle estoit femme de bon esprit, & rem-
plie de plusieurs doctrines.

EVANDER fils de Nicostrate susdicte, ayant occis son pere, par cas fortuit, delaissa l'Arcadie, & vint en Italie: d'ou de-
caceant les Aborigenes, feit son habitation au mont Palatin:
& receuant en don quelques terres que Faunus le ieune, Roy
des Aborigenes, luy donnoit, eleut le mont qui est quasi au mi-
lieu de la ville de Romme, ou il edifia vn chasteau, ou bourgade,
qu'il nomme Pallantium, ou Pallenteum, du nom de son grand
ayeul, enuiron l'an du monde 2725. auant la natiuitè de Ie-
sus Christ 1237. ans, c'est-à sauoir peu de temps auãt que Her-
cules vinst en Italie. Voyez Denis de Halicarnas liu. 1. & Ce-
lius Rhodiginus liu. 11. cha. 7 & Vergi. en son Enedie liu. 8.

[p. 41]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

41

[PRIAMVS TROIAM]

[ECV HB]

PRIAM fils de Laomedon, quand son pere fut tué, & la
ville prinse d'assault par Hercules, fut constitué Roy par ledict
Hercules, qui luy rendit le Royaume, comme à vn homme de
bien, & amy sien. Diod. liu. 5.

Il y en a d'autres toutesfois qui dient que Priam fut mené ca-
ptif en Grece, puis rachepté d'entre les mains d'Hercules, dont
à cause du rachapt ou rãçon il porte, ce dit on, le nom de Priam.
Il eut cinquante fils: dont de sa femme y en auoit dixsept, entre
lesquels les plus renommez sont Hector, Paris, Deiphobus, He-
lenus, Polites, Polydorus. Quand la ville de Troye fut prinse
par les Grecs, Priam fut tué, luy bon vieillart, cruellement par
vn ieune fils d'Achilles, nomme Pyrrhus, & feit ce meurdre
pres l'autel de Iuppiter, & au lieu mesme, ou son fils Polites
estoit occis freschement. Voyez Dictys de Candie. Priam com-
mença regner en Troye en l'an du monde 2725. auant la na-
tiuité de Iesus Christ 1237. Il orna & amplifia la ville, si que
elle surpassoit les autres.

HECVBA fille de Cisseus Roy de Thrace, fut femme de
Priam: elle estant enceinte de Paris, songea qu'elle enfantoit vn
flambeau ardent qui bruloit le païs. L[']on faint qu'elle a esté trãs-
muee en chienne, par ce qu'elle pleine de cris & douleurs, inui-
rioit vainement les Grecs, qui l'emmenoyent captiue, quãd elle
recongnut le corps de son fils Polydorus, que Polymnestor a-
uoit ietté en la mer. Voyez Vergile au 10. liu. de l'Eneide, &
Ouide au 13. de la Metamorphose.

d 5

[p. 42]

Fac-simile de la page

42

LA PREMIERE PARTIE DV

[HECTOR TROI]

[ANDROMACHA HECT VX]

HECTOR fut le plus fort & belliqueux des fils de Priam:
lequel Hector se portant bien, les affaires de Troye aussi se
portoyent bien. Il tua plusieurs Grecs, mesmement Protesi-
laüs, & puis Patroclus, en vengence duquel Patroclus, il fut par
Achilles tué, & trainé mort à l'entour du tombeau de Patro-
clus: & douze iours apres, son pere le rachepta tout mort. Voyez
Dares de Phrygie: Homere en son Iliade, liu. 23. Vergile liu. 1.
de l'Eneide. Volaterran liu. 15.

ANDROMACHE fille d'Eetion Roy de Thebes en
Cilice, fut femme d'Hector, & mere d'Astyanax, qu'elle enfanta
depuis la guerre des Grecs commencee, & en la destruction de
Troye le cacha: mais Vlysses le trouua, & le ietta du hault d'vne
tour. Pyrrhus print Andromache captiue & l'emmena en Gre-
ce, de qui elle eut vn fils nommé Molossus. Puis fut baillee à He-
lenus pour femme, auec vne partie du Royaume d'Epire. Voyez
Vergile liu. 3. de l'Eneide. Strabo. liu. 7 Volaterran. lib. 8. & 13.

Or en cet endroit ie veuil bien aduertir le lecteur que ie n'ay
mis par tout le nombre des annees, & ne l'ay fait sans cause, à sa-
uoir pour euiter redicte: car plusieurs choses ont esté faictes en
vn mesme temps: comme il est facile d'entendre à vn chacun qui
aura tant soit peu d'esprit, que Hector estant fils de Priam, estoit
du temps de Priam, & Priam estoit du temps de la guerre de
Troye: ainsi recourez à Priam, ou est mise la date des annees.

[p. 43]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

43

[THESEVS]

[MINOT R VS]

THESEVS fils d'Egeus Roy d'Athenes, commença re-
gagner en Athenes en l'an du monde 2730. deuant la natiuité
de Iesus Christ 1232. ans. Luy estant imitateur d'Hercules,
monta sur mer: meit son cueur en haults faicts de guerre, dont il
esperoit honneur: tua Creon le tyran: puis le grand Taureau qui
faisoit grand dommage au païs d'Attique: puis Scyron, Procru-
stes & Schynis, voleurs. Il fut en guerre auec Hercules contre
les Amazones, ou il feit de grãs faicts d'armes: print leur Roy-
ne Hippolyte laquelle il emmena, & en eut vn fils Hippolyt.
Voyez Iustin liu. 2. Plutarque en la vie de Theseus: Ouide en ses
epistres 4. & 10. Theseus eut tresferme amitié auec Pirithoüs.

MINOTAVRE fut fils de Pasiphaë, femme de Minos,
& d'vn ieune fils nommé Taurus, qui couchoit auec Pasiphaë,
quand Minos estoit malade: & pourtant le fils qu'il engendra
fut nommé Minotaure, comme ainsi soit qu'il fust resputé fils de
Minos, estant toutesfois fils naturel de Taurus. Ce que con-
gnoissant Minos, le chacea & poursuyuit: & contre luy en fin
enuoya Theseus, qui prenant l'espee qu'Ariadne luy bailla, tua
ce Minotaure: duquel les Poëtes ont faint beaucoup de choses,
qu'il estoit demi homme & demi bœuf, enfermé dans le Laby-
rinthe que Dedalus auoit fait, & là deuoroit les gens que l[']on
luy enuoyoit. Voyez Vergile liu. 6. Oui. epistre 10. & Palephat.

[p. 44]

Fac-simile de la page

44

LA PREMIERE PARTIE DV

[AMAZ. R. MARTHESIA]

[AMAZ. R. LAMPEDO]

MARTHESIE, ou Marpesie, & Lãpedo ou Lãpeto, furẽt
Roynes des Amazones, qui cõmẽcerẽt à regner en l'an du mõ-
de 2734. auant la natiuité de Iesus Christ 1228. ans. Elles
diuiserent leur armee en deux, & l'vne apres l'autre faisoyent la
guerre, estans ia pleines de bon heur & de biens, & à fin que la
gloire & honneur ne deffaillist à ces bonnes yssues de leurs en-
treprinses, se vantoyent estre engendrees du Dieu Mars. Elles
donques ayans subiugué vne grande partie de l'Europe, prin-
drent encor quelques villes de l'Asie: là elles bastirent Ephese,
& plusieurs autres villes. puis vne partie de leur armee s'en re-
tourna auec grand butin: l'autre partie demoura là auec Marthe
sie, pour defendre & garder le païs d'Asie: mais icelle Marthesie
y fut deffaicte auec sa bande, par vne foule & surprinse de gens
barbares: & sa fille Orithye succeda en son lieu. Voyez Iustin.
liu. 2. Orose liu. 1. cha. 15.

LAMPEDO ou Lampeto qui fut Royne des Amazo-
nes auec Marthesie, apres grandes victoires obtenues en Asie,
& plusieurs villes y edifiees, s'en retourna auec partie de l'armee
en son païs, pour le garder, car leur coustume estoit telle. Au re-
ste comment elle mourut, ou comment elle fut defaicte, ny de
ses autres faicts ie n'en trouue rien de certain, non plus que Boc-
cace en son liure des Dames de renom. Voyez comme dessus.

[p. 45]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

45

[MENALIPPE AMAZO.]

[HIPPOL THESEI AE]

MENALIPPE, sœur d'Orithye & d'Antiope, qui estoyẽt
toutes deux Roynes des Amazones, fut prinse en bataille par
Hercules, & emmenee captiue: mais puis-apres, & bien tost, la
rendit à la Royne sa sœur, prenant les armures d'icelle Royne,
pour rançon. Ainsi Hercules s'en retourna, ayant fait le com-
mandement d'Eurystheus, qui luy auoit donné cette charge,
comme impossible, de luy apporter les armures des Amazo-
nes. Voyez Iustin. liu. 2.

HIPPOLYTE, fille de Marthesie, & sœur d'Orithye,
Antiope, & Menalippe, fut prinse, en mesme bataille que sa sœur
susdicte, par Theseus, qui la print en mariage, & eut d'elle vn
fils Hippolyt, qui fut treschaste chasseur. Voyez Iustin liu. 2. la
Metamorphose liu. 15. & la 4. epistre d'Ouide.

Or quant à l'origine des Amazones i'en veuil bien toucher
icy vn mot: elles sont donc yssues des Scythes, & habiterent en
Cappadoce, pres le fleuue Thermodoon: là leurs maris qui a-
uoyent acoustumé de courir sur les frontieres des circonuoi-
sins, furent accablez & deffaits. Elles adonc que l[']on vouloit de-
chacer, oultre ce qu'elles estoyent veuues, prennẽt le cœur auec
les armes, accroissent leur republique sans hommes, appellent
mariage seruitude. puis, ayans acquis paix auec leurs voisins par
force d'armes, se font habiter par eux, à ce que leur race ne def-
faille: les masle qu'elles enfantent, elles tuent: les filles elles
dressent aux armes, leur brulant le tetin droit, à fin qu'il ne les
empesche à tirer de l'arc, dont elles ont le nom d'Amazones.

[p. 46]

Fac-simile de la page

46

LA PREMIERE PARTIE DV

[ORITHIA AM.]

[PENTHASILEA. AM]

ORITHYE, Royne des Amazones apres sa mere Mar-
thesie, fut grandement estimee en proüesse & chasteté. Elle estãt
Royne & chef-d'armee en cõquestes hors son païs, si tost qu'el-
le entendit que ses sœurs susdictes auoyent esté prinses d'assaut,
& de surprinse soudaine, par Hercules & Theseus, enhorte ses
compaignes à la vengence: leur remonstre que c'est peu de faict
d'auoir subuigué le païs du Pont, & l'Asie, si elles se laissoyẽt nõ
tant guerroyer que rapiner par les Grecs. Si prend secours du
Roy des Scythes, & s'en va contre les Atheniens, dont Theseus
estoit Roy: mais pour quelque dissention qu'il y eut en son
camp, auant que combattre fut delaissee du secours, & ainsi com-
batant auec ses seules Amazones, perdit la bataille: toutesfois ne
fut ny tuee ny prinse, ains s'en retourna auec ses Amazones en
son royaume. Voyez Iustin liu. 2.

PENTHESILEE fut Royne des Amazones apres Ori-
thye: elle donna secours aux Troyens contre les Grecs, mais
apres plusieurs grans faicts-d'armes fut tuee par Achilles, ou
(comme les autres dient) par Pyrrhus fils d'Achilles, & son ar-
mee deffaicte: si qu'à peine resta la puissance aux Amazones de se
defendre depuis contre leurs voisins: toutesfois durerent ius-
ques à Alexanre le grand, vers lequel Thalestris leur derniere
Royne alla, sous espoir d'auoir generation de luy, lequel elle sa-
lua accompaignee de trois cens femmes, ayant commandé aux
autres ne bouger & l'attendre. Si tost qu'elle le veit, descendit
de son cheual, tenant deux lances en sa main droicte: ainsi le sa-
lua hardiement, & luy declarant la cause de son voyage, coucha
auec luy par treize iours. retournee en son royaume mourut en
brief, & auec elle le regne des Amazones. Voyez Quinte Curce
liu. 6 & cy apres en Alexandre.

[p. 47]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

47

[MENELAVS REX SPAR.]

[AGAMMEMNON REX MIS]

MENELAVS fils d'Atreus (autres dient de Plisthenes)
& d'Europe, fut Roy de Lacedemon en l'an du monde 2758.
auant la natiuité de Iesus Christ 1204. Il eut pour femme la
belle Heleine, qui fut emmenee premieremẽt par Theseus, puis
par Paris, quand il alla en Grece pour ramener sa tante Hesione
que Hercules auoit prinse en guerre, & donee en mariage à Te-
lamon. Il enuoya ambassades pour rauoir sa femme, & en fin la
recouura, par guerre qui dura pres de dix ans: apres lesquels la
Troye estant prinse, mõta sus mer, ou il fut l'espace de huict ans,
auãt que rentre en son päis: tant de peine luy feit vne belle fem
me paillarde. Toutesfois Dictys de Cãdie escrit que Menelaüs
ne fut point tant fasché de sa femme que de Ethra & Clymene,
parentes de luy, que l[']on auoit emmenees auec elle. Il eut d'elle
auant que Paris la rauist, vne fille nommee Hermione. Voyez
Dares Phrygien, & Ouide en sa Metamorphose liu. 11.

AGAMEMNON fut Roy de Mycene en l'an du mõde
2768. auant la natiuité de Iesus Christ 1194. Il fut par le
consentement des Grecs le principal chef de l'armee contre les
Troyens: il mit sus mer cent soixante vaisseaux luy seul: & en
toute l'armee y en auoit plus de mille. A son retour de la guerre,
sa femme Clytemnestre le feit tuer par son paillard Egysthus:
mais son fils Orestes pour vengeance tua sa mere & son paillard.
Voyez Euripide en la Tragedie d'Orestes, Seneque en celle de
Agamemnon. Il regna 18. ans, & au premier an fut rauie He-
leine.

[p. 48]

Fac-simile de la page

48

LA PREMIERE PARTIE DV

[PARIS. ALEXAN.]

[HELENA]

PARIS, autrement dict Alexandre, fut fils de Priam & de
Hecuba. son pere commanda que l[']on le portast ietter dehors en
quelque part, si tost qu'il seroit né, par ce que sa mere enceinte de
luy, auoit songé qu'elle enfantoit vn flambeau ardent: toutes-
fois la mere par vne affection maternelle le feit nourrir secret-
tement entre les bergers sur le mont Ida. En sa ieunesse ayma
Enone Nymphe, de laquelle il eut deux fils. Puis estant recon-
gnu & receu de ses parens, alla en ambassade en Grece pour ra-
uoir Hesion: & lors rauit Heleine, & l'emmena à Troye en
l'an du monde 2768. auant la natiuité de Iesus Christ 1194.
dont vint la guerre des Grecs contre les Troyens. Herodote
liure 2 escrit que Paris par force l'emmena, elle n'y consentant
point, & qu'il print, par armes, Sparte, la ville ou elle estoit, au-
trement dicte Lacedemon: & que pourtant elle merita que son
mari feist guerre pour la rauoir. Paris tua Achilles d'vn coup de
flesche: & luy aussi fut tué de Pyrrhus, fils d'Achilles. Voyez
Dares & Dictys.

HELEINE, fille de Iuppiter & de Leda, fut premier em-
menee bien ieune par Theseus: mais tost apres Castor & Pollux
freres d'elle, l'allerent querre, & fut mariee à Menelaus. Paris
puis-apres, soit de bon gré, soit de mal gré d'elle, la print & em-
mena, & eut pour femme. L[']on dit qu'elle fut consentant à la tra
hison par laquelle Troye fut surprinse, & qu'elle alluma, pour
signe, le flambeau en la tour, & retorna en grace auec Menelaus
son premier mari: apres la mort duquel elle fut fugitiue vers Po-
lipe, & là fut en vn vergier pendue & estranglee par les Damoi-
selles de ladicte Polipe. Voyez les Illustr. de Gaule liu. 2. cha. 23.
Du temple & image ou statue d'Heleine, voyez Herodote liu. 6.

[p. 49]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

49

[VLYSSES GRECVS]

[PENELOPE VLYCON.]

VLYSSES fils de Laërtes & d'Anticlie, l'vn des plus fins
& sages Grecs qui furent en la guerre de Troye, du commence-
ment feignoit estre fol à fin de n'y aller point, pour ne laisser sa
femme ieune, qu'il aymoit bien: toutesfois, sa feintise & finesse
descouuerte par Palamedes, fut contraint d'y aller. Luy descou-
uert, descouurit aussi Achilles, qui estoit deguisé en habit de fille
entre les filles du Roy Lycomedes, ou sa mere l'auoit mis & ca-
ché, à fin qu'il n'allast à la guerre, ou elle auoit sceu qu'il deuoit
perir. Vlysses alla donc en icelle guerre auec Achilles & autres,
& partit d'Ithaque montant sus mer auec quarante siens vais-
seaux, en l'an du monde 2773. auant la natiuité de Iesus
Christ 1189. ans. Il feit donc en ceste guerre tant de choses
grandes tant par fraude que par vertu, que la plus grand' part de
la victoire luy est attribuee. Apres la Troye prinse, fut encore dix
ans sus mer auant que retourner en son païs: ou quand il fut de
retour, print vengence finement des braues amoureux, qui fai-
soyent la court à sa femme. En fin fut tué par son fils Telegonus,
qu'il auoit eu de Circe, lequel ignoroit que fust son pere. Voyez
Homere en son Odyssee, & Vergile en son Eneide.

PENELOPE, fille d'Icarius & de Peribee, fut femme de
Vlysses renommee de grande chasteté, combien que Lycophron
en escriue autrement. Elle belle ieune dame attendit son mari
l'espace de vingt ans, & ne la peut-on onques faire remarier, ia-
çoit que force amoureux, & son pere mesme à ce la contrain-
gnissent: mais les abusoit par certaine finesse, comme l[']on dit.
Voyez la I. espist. d'Ouide.

c

[p. 50]

Fac-simile de la page

50

LA PREMIERE PARTIE DV

[ACHILLES]

[POLICEMA F. PRI.]

ACHILLES fils de Peleus, Roy de Thessalie, & de The-
tis, fut estimé le plus fort de tous les Grecs, en son adolescence
sa mere le mit & cacha, comme i'ay dit, entre les filles du Roy Ly
comedes, vestu demesme (mais par Vlysses fut découuert) & en-
tre les dictes filles luy vestu d'habit de fille, se ioua si bien qu'il en
engroissa l'vne, à sauoir Deïdamie, & engendra Pyrrhus. Da-
uantage estant en la guerre, desista de batailler pour l'amour de
Briseïs, ieune dame, qui parauant estoit dicte Hippodamie, la-
quelle il auoit prinse à l'assaut de Lyrnese, & luy auoit esté or-
donnee pour sa part du butin: toutesfois luy auoit depuis esté
tollie par Agamemnon. mais quand il sceut la mort de Patroclus
son grand amy, reprint les armes, & tua Hector qui auoit tué Pa
troclus: puis luy-mesme fut tué par Paris, qui luy trauersa le pied
d'vne sagette, lors qu'il estoit au temple d'Apollo à genoux, n'y
pensant point, ains seulement à ses amours, & au mariage &
traicté de nopces d'entre luy & Polyxene. Voyez Homere en
son Iliade, & Vergile au 2. liu. de l'Eneide.

POLYXENE fille de Priam & de Hecuba, pleine de
grande beauté, fut tuee par Pyrrhus au tombeau d'Achilles pour
appaiser l'ame dudict Achilles son pere, qui auoit esté tué au temp
ple ou il pensoit la prendre en mariage. Car l[']on tient qu' Achil-
les la voyant sus les murs de Troye, fut esprins de son amour, &
la demanda pour femme, & son pere Priam luy ottroya: si qu'ils
vindrent au temple d'Apollo pour traicter de la paix, & de ce
mariage: mais le fol Paris troubla tout. Voyez comme dessus.

[p. 51]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

51

[NAVPIIVS EVBOEAE REX]

[PLAMEDES]

NAVPLIVS Roy de l'isle Euboëe, que l[']on dit à present
Negrepont, fut pere de Palamedes, lequel pour vengence de la
mort de sondict fils, incita les dames de Grece à paillarder auec les ieunes
gens, en absence de leurs maris qui estoyẽt à la guerre de Troye:
estimant qu'à leur retour s'entretueroyent les vns les autres,
pour cause des adulteres de leurs femmes. Dauantage s'en alla
sur le mont Caphareus, ou il feit allumer des flambeaux quand
il sentoit le retour des Grecs, lesquels, pour la plus grande par-
tie, voyans ce feu de nuict, tirerent en celle part, comme pensans
aborder au prochain port, & furent peris entre les rochers ou
bancs, & sables de mer. Puis luy-mesme se ietta en la mer, de
dueil qu'il eut qu'Vlysses & Diomedes, desquels sus tous il desi-
roit la perte, en estoyent sortis à sauueté. Voyez Homere, Ver-
gile, & Ouide en plusieurs lieux.

PALAMEDES fils de Nauplius inuenta, comme l[']on
dit, quatre lettres grecques, & l'ordre d'un camp, auec le mot
du guet, & les sentinelles pour veiller à l'exemple des grues:
puis inuẽta les iettons (aucuns diẽt les tables à iouer) les eschecs,
les dez, les poiz & mesures. Aussi accomoda l'an au cours du
Souleil, & les moys au cours de la Lune. En fin fut faulsement
accusé par Vlysses, au camps, & illec lapidé. Voyez cõme dessus.
& Rhodig. liu. 20. cha. 27. & liu. 7. cha. 31. & li. 20. cha. 30. Volat
liu. 18. Pli. liu. 7. cha. 56. L[']on dit qu'Homere par enuie déchira ou
brula les Poésies de Palamedes.

c 2

[p. 52]

Fac-simile de la page

52

LA PREMIERE PARTIE DV

[IEPHTE]

[ABAZAN]

IEPHTE fils illegitime de Galaad, fut iuge du peuple d' Is-
raël en l'an du mõde 2787. auãt la natiuité de Iesus Christ 1175.
ans. Il batailla contre les Ammonites, qu'il vainquit par grande
grace & faueur de Dieu. Il auoit toutesfois fait vn vœu assez sot-
tement, c'est que le premier qu'il rencontreroit apres la victoire
(si Dieu la luy donnoit) il le sacrifieroit à Dieu: & aduint qu'il
rencontra sa propre fille, dont fut fort dolent, & dechira ses ha-
bits de despit, ce nonobstant la sacrifia deux mois apres, lesquels
elle requit & obtint pour pleur & plaindre sa virginité.
Voyez le luire des Iuges 11. & 12. cha. Iosephe liu. 5. des Antiqui-
tez, cha. 12. Iephté fut Iuge par l'espace de six ans.

ABESAN, de Beth-lehem, apres la mort de Iephté fut Iu-
ge sus Israël par sept ans. Il eut trente fils, & trente filles, & ma-
ria tout: mais ne retint les filles en sa maison, & si feit bien ses fils
auec leurs femmes. Voyez le liu. des Iuges cha. 12. Iosephe liu. 5.
cha. 12. Rabbi Salomon, & le paraphraste Chaldeen, dient que
cestuy Abezan est Boos.

Apres Abesan, Elon de lignee de Zabulon, fut Iuge par
dix ans: & apres lui Abdon, de la lignee d'Ephraim, par huict
ans: & puis Samson, duquel parleray cy-apres.

[p. 53]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

53

[LATINVS AMATA]

[LAVINIA]

LATINVS Roy de Laurentes, fils de Faunus & de Ma-
rica, donna la main droicte en signe de foy & amitié à Eneas
nouueau venu, soit que ledict Latinus fust ia vaincu par Eneas,
soit que seulemẽt il fust faict certain quel personage c'estoit que
Eneas, deuãt que les trompettes sonnassent pour le combat. Puis
ledict Roy luy bailla sa fille en mariage, combien qu'elle fust pre
mierement promise à Turnus Roy des Rutules, comme i'ay dit
cy deuant. Amata femme de Latinus se pendit de regret que sa
fille Lauinia estoit mariee à Eneas: & Latinus mourut en guerre
pour les Troyens contre Turnus, l'an du monde 2787. auant
la natiuité de Iesus Christ 1175. Voyez Denis de Hali. & Ti-
te Liue liu. 1. & Vergile liu. 12. de l'Eneide.

LAVINIA fut la seconde femme d'Eneas, apres la
mort duquel fut tutrice d'Ascanius, qui puis apres luy donna
Lauinium, ia florissante & opulente ville: & luy s'en alla ba-
stir vne autre au mont Alban, laquelle il nomma Albe-longue,
par ce qu'elle estoit estendue en long, au flanc de la montaigne.

Lauinia estoit enceinte quand son mari Eneas mourut, & en-
fanta Siluius-Posthumus tiers Roy des Latins, ainsi nommé à
cause qu'apres la mort de son pere il fut né & nourri es forests:
ou l[']on dit que sa mere s'estoit retiree pour crainte qu'Ascanius, ce
qu'il n'estoit besoing de faire, car il la traicta humainement.
Voyez comme dessus.

[p. 54]

Fac-simile de la page

54

LA PREMIERE PARTIE DV

[AENEAS TROIANVS]

[TVRNVS]

ENEAS fils d'Anchises & de Venus, fut gendre de Priam.
Vergile le descrit belliqueux, vertueux & humain, en faueur de
Auguste, car autrement en dient d'autres auteurs dignes de foy.
L['on] dit qu'il porta son pere sur ses espauls pour le deliurer du
feu de Troye, & qu'en la presse & confusion il perdit sa femme
Creusa: puis nauigua en Italie, ou il vainquit Turnus en guerre,
& print Lauinia fille du Roy Latinus, à femme, qui auoit esté
premier promise à Turnus: puis edifia vne ville qu'il nomma La
uinium, du nom de sa femme: en l'an du monde 2788. auant la
naissance de Iesus Christ 1104. ans. Quant est de ce que l[']on
dit de Dido & Eneas, ie n'en parle, comme estimant estre chose
fabuleuse: aussi de sa mort ie n'en trouue rien de certain: les histo
-
riens dient, que trois ans apres qu'il eut regné sus les Latins,
apres la mort de son beau-père Latinus, il eut grosse bataille con
tre les Rutules & Hetrusques, en laquelle d'vne part & d'autre y
eut grande défaicte, & que l[']on ne peut onc trouuer Eneas entre
les morts, & depuis ne fut veu: qui fut sept ans apres la destru-
ction de Troye. voyez Denis de Halicarnas, & Tite-Liue, tous
deux en leurs premiers liures.

TVRNVS, Roy des Rutules, cousin germain du Roy des
Latins, ayant dueil qu'Eneas estranger luy estoit preferé, feit
guerre à tous deux, & en fin fut vaincu par Eneas en combat
particulier d'homme à homme. Voyez comme dessus, & Vergi.
lib. 12. de son Eneide.

[p. 55]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

55

[ORESTES FIL. AGA. MIS. R.]

[HERMIONE MEN. F.]

ORESTES fils d'Agamemnon & de Clytemnestra, apres
que son pere eut esté tué par Egisthus, tua ledict Egisthus & sa
mere qui y auoit consenti (comme i'ay dit cy dessus en parlant
d'Agamemnon) & fut Roy de Mycene la grande apres son pe-
re, en l'an du monde 2789. deuant la natiuité de Iesus Christ
1173. ans. Il tua aussi Pyrrhus fils d'Achilles, qui tenoit par
force Hermione pour sa femme, & toutesfois auoit esté premier
promise audict Orestes. L[']on dit que pour tels homicides il de-
uint furieux & hors du sens, & ainsi couroit le païs: mais il eut
vn vray-loyal ami Pylades, qui iamais ne l'abandonna: & ces
deux s'entr'aymerẽt tant qu'ils voulurẽt bien mourir l'vn pour
l'autre, comme Nysus & Eurialus en Vergile. Quand Orestes
fut paruenu en la region Taurique, il trouua sa sœur Electra, &
estant retourné en son bon sens, s'en vint auec elle en Italie.
Voyez Sophocles en la Tragedie d'Electra, & Euripides en cel-
le d'Orestes, & Cicero au li. de l'amitié, & au ij. li. des fins. Ouide,
epistre viiij.

HERMIONE fille de Menelaus & d'Heleine, fut pre-
mier baillee en mariage à Orestes, par Tyndarus ayeul maternel
d'icelle: & ce fut du temps que son pere Menelaus estoit au camp
deuant Troye, lequel ignorant de ce, la promit à Pyrrhus fils
d'Achilles: qui à son retour l'emmena bon gré malgré: ce qui fut
cause de sa mort: car Orestes le tua au temple d'Apollo, par l'ay-
de & faueur du prebstre Macareus. Voyez comme dessus.

c 4

[p. 56]

Fac-simile de la page

56

LA PREMIERE PARTIE DV

[ASCANIVS TROI.]

[SYLVIVS POS.]

ASCANIVS fils d'Eneas, fut Roy des Latins apres la
mort de son pere, en l'an du monde 2789. auant la natiuité de
Iesus Christ 1173. ans. Qui estoit l'an mesme qu'Orestes fut
Roy de Mycene: & puis Ilus, du nom d'vn Roy des Troyens: & en-
cor Iülius, à cause de sa premiere barbe follette. En son bas aage
vne flamme de feu apparut sur sa teste sans le bruler: qui estoit
presage, qu'il seroit quelquefois Roy: ce qu'il fut, comme aussi
depuis nous lisons que le semblable aduint à Seruius Tullus en
Romme, du temps de Tarquinius Priscus. Ascanius donc re-
gna 25. ans en Lauinium, puis la donna à sa marastre Lauinia,
de qui la ville portoit le nom: & luy s'en aller bastir Albe-lon-
gue: comme i'ay dict cy dessus, en parlant de Lauinia. Il feit son
successeur au royaume, Sylvius Posthumus, son frere de par pere:
à cause que son fils Iülius estoit encor trop ieune pour gouuer-
ner. Ascanius regna 38. ans à prendre tout, à sçauoir tant en La-
uinium qu'en Albe-lõgue: & du nom de son fils Iülius, la maison
& famille des Iüles de Romme est procedee. Voyez Eutrope
augmenté. Denis de Halicarnas, & Tite-Liue en leurs premiers
liures.

SYLVIVS Posthumus fils d'Eneas & de Lauinia, regna
sus les Latins apres son frere Ascanius, en l'an du mõde 2827.
auant la natiuité de Iesus Christ 1135 ans. Son regne fut de
29. ans: durant lequel, Homere viuoit. Voyez comme dessus, &
Cassiodore.

[p. 57]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

57

[SANSON.]

[DALIDA.]

SAMSON fils de Manué, de la ligne de Dan, fut Iuge du
peuple d'Israël apres Abdon, par l'espace de 20. ans, commen-
ceans en l'an du monde 2818. deuant la natiuité de Iesus Christ
1144. ans. Il fut hõme tresfort, & mit en pieces à belles mains,
le lion qu'il rencontra, comme si c'eust esté vn cheureau. Quel-
ques iours apres trouua dedans la gueule de ce lion vne troupe
de mouches à miel, auec vn rayon de miel. Il attacha des bran-
dons de feu, à la queue de trois cens renars, & ainsi brula les
blez des Philistins qui luy auoyent emmenee & ostee sa femme:
& aussi en tua mille d'vne machoire d'asne. Quand il estoit en
Gaza enuironné des gardes, à la porte de la ville, se leua à la mi-
nuict, & vinct arracher les deux huis de la porte auec leurs po-
steaux & serrures, puis les charges sus ses espaules, & les empo-
te au coupeau d'vne montaigne. Il deliura les enfans d'Israël de
la subiection des Philistins. Voyez le liure des Iuges 14. & 15. ch.
Iose. des Anti. li. 5. cha. 13. Apres Samson Heli fut Grand-prestre
& Iuge du peuple par 40. ans: & apres luy Samuel.

Dalida, ou Dalila, fut vne paillarde que Samson ayma:
& la meschante le trahit, sous promesse d'argent, faicte par les
Philistins, qui le prindrent,, luy creuerent les yeux, & le feirent
prisonnier: puis le manderent venir iouer deuant eux, pour se
gaudir de luy: mais quand il fut venu, il feit son oraison à Dieu,
disant: Seigneur ie te prie, aye memoire, & fortifie moy seulement
ceste foys, & ie me vengeray maintenant des Philistins.
Puis il print les
deux piliers de la sale auec ses deux mains, & la maison tom-
ba sur eux & sur luy, ou moururent enuiron trois mil Philistins,
que hommes, que femmes. Voyez le liu. des Iuges cha. 16.

c 5

[p. 58]

Fac-simile de la page

58

LA PREMIERE PARTIE DV

[BRVTVS]

[IGOGNE VX. BRU]

BRVTVS fils de Syluius, qui estoit fils (les autres dient
frere) d'Ascanius, chacea de grãs, cruels & sauuage hõmes hors
de leur habitation, & nomma de son nom ceste isle-là, Britãnie,
qui est Angleterre, laquelle au parauant estoit nommee Albion,
du nom d'Albine, fille d'vn Roy de Syrie, laquelle estoit là arri-
uee, apres auoir esté dechacee de son pere, auec trente deux de ses
sœurs, dont chacune auoit tué son mari. Ce Brutus eut trois fils,
qui constituerent trois royaumes: le premier fut Locrus, qui
nomme son païs & royaume, Locrie, ou est Londres: le second
Camber, qui nomma Cambrie, ou est Cambre, depuis
dicte Vuallia, & Lysé, que l[']on veult dire Galles: le tiers fut Al-
banatus, qui nomma son païs Albanie, depuis dicte Escoce. Le
premier suruesquit à tous ses freres, & fut seul iouissant de toute
Angleterre: auquel succeda Maddan, qui y regna par quarante
ans. Ce Brutus regnoit enuiron cinquante ans apres la destru-
ction de Troye, à sauoir enuiron l'an du monde 2832, auant
la naissance de Iesus Christ 1130. ans. Voyez Raphaël Vola-
terran en sa Geographie, liure tiers, des peuples & Roys d' An-
gleterre.

IGOGNE fille de Pandrasus, Roy de Leo-grece, fut
femme de ce Brutus, delaquelle il eut les trois enfans susdicts.
Voyez la Chronique des Chroniques, & le Supplement des
Chroniques, liure 4.

[p. 59]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

59

[HOMERVS P. POET]

[HESIODVS POETA.]

HOMERE, Poëte Grec tresrenommé, Poëtisoit enuiron
l'an du monde 2838. auant la naissance de Iesus Christ 1124.
ans, selon Cassiodore: Car Cornelius Nepos le dit auoir esté en
l'an du monde 3051. deuant que Romme fust batie 160. ans.
Plutarque dit qu'il fut du temps de la guerre de Troye, & au-
cuns escriuent qu'il y estoit: autre le remettent à 100. ans, &
autres encor à 150. ans apres. Sa mere l'enfanta aupres du fleu
ue Meletes, dont il fut nommé Melesigenes, & depuis Homere,
quand il deuint aueugle. Il a escrit en vers, deux liures princi-
paux, à sauoir l'Iliade, qui contient la guerre des Grecs pour le
recouurement d'Heleine, & principalement les proüesses, d' A-
chilles: & l'Odysee, qui descrit le voyage & retour d'Vlysses, de
la guerre de Troye en son païs. Ie trouue qu'Homere mourut
de grãd regret qu'il eut de n'auoir peu declarer cest enigme que
d'aucuns pescheurs luy proposerent: Ce que nous auons prins, nous
l'auons laißé: & ce que nous n'auons prins, nous le portons.
Voyez Plu-
tarque en la vie d'Homere.

HESIODE Poëte, fut peu plus ancien qu'Homere, tou-
tesfois du mesme temps, & de mesme parentage. Herodote, qui
viuoit en l'an du monde 2520. & auant la natiuité de Iesus
Christ 1142. a escrit que tous deux l'ont precedé de 400.
ans, & non plus. Herodote estoit d'vn village de Beotie, nommé
Asera. il a esté le premier qui a escrit de l'agriculture en vers, &
Vergile l'a imité en ses Georgiques. De sa mort miserable, &
comment il fut tué par quelques ieunes gens de Locres, voyez
Plutarque au conuiue des sept sages.

[p. 60]

Fac-simile de la page

60

LA PREMIERE PARTIE DV

[SAMVEL SACER. IS]

[SAVL REX ISRAEL]

SAMVEL fut Iuge du peuple d'Israël apres Heli, en l'an
du monde 2878. auant la naissance de Iesus Christ 1084. ans.
Anne sa mere qui auoit esté long temps sans auoir enfans, pria
tant Dieu qu'elle cõceut, & enfanta cestuy: & pourtãt il fut pre-
senté & offert à Dieu, au temple, par son pere Elcan, & par sadi-
cte mere. Du temps de sa Iudicature, qu'il tint par l'espace de 12.
ans, selon les Hebreux, à sauoir iusques à Saul, premier Roy, les
Philistins rendirent l'arche de Dieu. Il ne se laissa point corrõpre
par dons, & n'en print aucunemẽt: & pourtãt tous Iuges, y doi-
uent prendre exemple. Il cõstitua ses fils Ioël & Abia Iuges, luy
estãt en sa vieillesse, mais eux s'addõnans à l'auarice, & receuans
les dons, corrõpoyent & vendoyẽt leurs iugemens: parquoy les
maieurs du peuple demãderẽt à Samuel vn Roy, qui leur admi-
nistrat iustice, à la maniere des autres nations, ce qu'ils obtin-
drent: Car Saul fut oinct Roy par Samuel, Dieu le commandant
ainsi, à l'instance & importunité du peuple. Voyez le I. liure des
Roys, iusqu'au 9. cha. Iosephe liu. des Anti. 5. chap. 15.

SAVL fut premier Roy d'Israël, l'an mesme que Samuel
constitua ses fils Iuges, qui fut l'an du monde 2889. auant la
natiuité de Iesus 1073. ans. Il estoit plus haut que tous ses sub-
iects depuis les espaules en dessus: & si tost que le peuple le veit,
crierẽt Viue le Roy. Il vainquit les Ammonites & Philistins: mais
sacrifiant contre le commãdement de Dieu, sans attendre Sa-
muel, qui estoit souuerain sacrificateur, fut reiecté de Dieu. Aus-
si cõtre le cõmandemẽt de Dieu, apres auoir vaincu les Amaleci
tes, reserua leur Roy, & le butin. il maria sa fille Michol à Dauïd.
en fin, vaincu par les Philistins, se tua de ses propres mains, de
peur d'estre tué par eux. regna deux ans. Voyez tout le I. liur. des
Roys, qu'aucuns diẽt I. li. de Samuel. Voyez aussi Iose. li. 6. ch. 4.

[p. 61]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

61

[DAVID REX IUD. ET ISR]

[SALOMON REX ISRAEL]

DAVID fis de Iesse, autremẽt dit Isaï, regna sus la lignee
de Iuda en Hebron, l'an du monde 2891. auant la natiuité de
Iesus Christ 1071. an: du temps qu'Isboseth fut aussi Roy d' Is-
raël. Dauid regna sus les lignees de Iuda & Ben-iamin en He-
bron sept and & demi, & puis sus les autres dix lignees, & sus
tout le peuple d'Israël, 33 ans. Luy estant Ieune enfant comme
il gardoit les brebis de son pere, tua vn lion, & vn ours, les pre-
nant par la gueule: parquoy ne se deffia point que Dieu ne luy
aydast à déconfire Goliath, le Geant, qu'il tua d'vn coup de pier-
re iettée d'vne fronde. Le Prophete Nathan le reprint d'homici-
de, car il auoit fait tuer Vrie, le mari de Bethsabee, laquelle il
print en mariage, apres auoir iouy d'elle du viuant de son mari.
Dieu luy denõcea per le Prophete Gad, pource qu'il auoit nom-
bré son peuple, trois sortes de punition: ou famine par sept ans,
ou trois moys estre en fuite par ses ennemis, ou trois iours de pe
stilence, laquelle il eleut, & en moururent septante mil. Il enhor-
ta le peuple et son fils Salomon à edifier le temple, dont il bailla
la description, & les choses necessaires. Voyez le 2. liu. des Roys
cha. 11, & les cha. suyuans. Iosephe liu. de Antiq. 6. cha. 10.

SALOMON fils de Dauid & de Bethsabee, fut Roy d' Is-
raël en l'an du monde 2931. auãt la nati. de Iesus Christ 1031.
an. il demãda à Dieu sapiẽce, & luy fut ottroyee. Il eut pour l'edi
fication du tẽple septãte mil maneuures, ou porte-fais, huictante
mil massons, & 3300. maistres & gouuerneurs de l'œuure: il dist
3000. paraboles: cõposa 5000. vers: son reuenu estoit 666. talẽs
d'or, sans conter les gabelles. le talent d'or valoit enuiron 5000.
escus. Voyez le 3. li. des Roys cha. 4 . iusques au 10. & Iose. li. 8. Il
eut des femmes cõme Roynes 700. de cõcubines 300. pour aux
quelles cõplaire (car elles estoyent de la race des Gentils) deuint
idolatre: parquoy les six lignees d'Israeël furent ostees à son fils.
Il regna 40. ans.

[p. 62]

Fac-simile de la page

62

LA PREMIERE PARTIE DV

[ROBOM R. IUDA]

[SESACH R. A E]

ROBOAM, fils de Salomon & de Naama fille de Pha-
raon, apres la mort de son pere fut Roy sus les enfans d'Israël
qui habitoyent aux villes de Iuda, en l'an du monde 2971. de-
uant la natiuité de nostre sauueur Iesus Christ 991. an. Les dix
lignees se departirent de luy, pour cause de l'idolatrie de son pe-
re, comme nous auons dit: & feirent Ieroboam fils de Nabat,
leur Roy: & à Roboam resterent seulement les deux lignees, Iu
da & Ben-iamin. Il desprisa le conseil des anciens, & creut le
conseil des ieunes gens, qui luy conseillerent respondre fiere-
ment au peuple, qui le prioit, de diminuer les charges, & im-
posts: & adonc les dix lignees se retirerent de son obeissance:
pour à laquelle les ramener leua quatrevingts mil hommes, di-
sant que ces dix lignees estoyent subiettes de luy, vray fils & he-
ritier de Salomon: mais Dieu leur defendit de batailler, disant
que telle separation venoit de sa permission, comme il auoit
predit par son Prophete Ahia. Il regna 17. ans, & à luy succeda
son fils Abia, ou Abiam. Voyez le 3. liu. des Roys, 11. 12. 13. 14.
cha. & le 2. liu. de Paralipomenon, cha. 10. 11. 12. Iosephe 8. liu. des
Antiquitez cha. 7. & 8.

SESAC Roy d'Egypte vint en armes cõstre Ierusalem, cinq
ans apres que Roboam y commença regner: entra dedans, print
& pilla les tresors de la maison de Dieu, qui estoit le temple de
Salomon, & print aussi les tresors du Roy, & tout ce qu'il peut:
ainsi s'en retourna en Egypte auec tout ce riche butin. Il auoit en
son armee mil deux cens chariots, & soixante mil hommes-de-
cheual. Voyez comme dessus.

[p. 63]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

63

AHIAS Silonite, Prophete, predist à Ieroboam que les dix
lignees se rendroyent à luy: car prenant sa robbe lõgue, & neu-
ue, dont il estoit vestu (i'enten ledict Ahias) il la couppa ou déhi
ra en douze pieces: puis dist à Ieroboam, pren pour toy dix de
ces pieces de ma robbe. Car voicy ce que le Seigneur, Dieu d'Is-
raël, dit: Ie mettray en pieces le royaume de Salomon, & t'en donneray les
dix lignees. Voyez le tiers liure des Roys, 11. chap. Iosephe liure
des Antiquitez 8. cha. 7.

IEROBOAM, fils de Nabat, fut Roy en Israël, sus les dix
lignees l'an mesme que Roboam sus les deux, comme auez veu
en la page precedente. Il feit faire deux veaux d'or, pour retenir
& diuertir le peuple, à ce qu'il ne mõtast en Ierusalem, pour ado-
rer au temple de Salomon: & de crainte que par ce moyen le peu
ple fust soubstraict, & ne l'abandonast, pour se rendre & reioin-
dre à Roboam qui regnoit en Ierusalem. Ainsi pour son ambi-
tion, & conuoitise de regner, instruisit son peuple en idolatrie:
car il mit ces veaux en public pour estre adorez, criant: Ne vueil-
lez cy-apres monter en Ierusalem, voici tes Dieux, ò peuple d'Israël, les-
quels t'ont deliuré de la captiuité d'Egypte. Il estendit sa main sus le
Prophete pour le batre, & elle luy deuint seche, & roide, si qu'il
ne la peut retirer: mais à la priere du mesme Prophete, elle retour
na saine comme deuant. en fin fut vaincu par le fils de Roboam:
regna 22. ans, & à luy succeda son fils Nadab. Voyez le 3. liu. des
Roys 11. 12. 13. & 14. cha. Iose. des Anti. liu. 8. cha. 8. 9. & 11.

[p. 64]

Fac-simile de la page

64

LA PREMIERE PARTIE DV

ABIA, ou Abiam, fils de Roboam, & de Maacha fille d' A-
bessalom, succeda à son pere au royaume de Iuda, en l'an du
monde 2988. auant la natiuité de Iesus Christ 974. ans. Il
fut meschãt, & ensuyuit les vices de son pere: toutesfois à la prie
re de ses gens-de-guerre, vainquit Ieroboam. Lors furent def-
faits cinquante mil hommes des plus forts d'Israël. Car fault en-
tendre que le peuple de Dieu estoit diuisé en deux royaumes, à-
sauoir de Iuda & d'Israël, ou de Ierusalem, & de Samarie, iaçoit
que la ville Samarie fust bastie depuis, par Amri, comme verrez:
le premier Roy iuoïssoit de deux lignees, Iuda & Ben-iamin: &
le second, des dix autres. Abia regna pres de trois ans. Voyez le
3. iure des Roys 15. cha. & le liu. de Paralip. cha. 13. Iosephe. liu.
des Anti. 8. cha. 11.

ASA, fils d'Abia, succeda à son pere au royaume de Iuda en
l'an du monde 2990. auant la natiuité de Iesus Christ 972.
ans. Il fut bon Roy deuant Dieu & les hommes: rompit & abba-
tit les idoles, & leurs autels, & leurs bois ou boccages: comman-
da à son peuple de chercher & adorer le Seigneur, Dieu de ses pe
res, & d'accomplir la loy, & tous les commandemens. Il eut de
la lignee de Iuda trois cens mil hommes-de-guerre, & de Ben-
iamin deux cens cinquante mil, tresforts & vaillans: contre les-
quels Zara le Roy d'Ethiopie, vint auec vn million d'hommes:
mais le Roy Asa ayant inuoqué Dieu en son aide, les mit en rou
te, & puis à mort. Apres feit paix auec Benadab le Roy de Sy-
rie, craignant Baasa le Roy d'Israël: dont fut reprins par le Pro-
phete Hanani, qui en fut mis aux fers. En fin Asa malade d'vne
grand' douleur de pieds, chercha plustost secours aux medecins
qu'à Dieu. Voyez le 3. liu. des Roys 15. chap. le 2. liu. de Paral. 14.
& 15. cha. Iosep. liu.8. cha. 12.

[p. 65]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

65

[NADAB R. ISRA]

[BAASA R. ISRAEL.]

NADAB, fils de Ieroboam, succeda à son pere au royaume
d'Israël, la seconde annee du regne du Roy Asa, dont auons
parlé cy dessus, qui estoit en l'an du mõde 2992, auant la na-
tiuité de Iesus Christ 970. ans. Il fut meschant, & bien resem-
blãt à son pere, & ne regna gueres: fut occis par Baasa, l'an trois-
ieme du regne d'Asa: & le meurdrier qui le tua, vsurpa son roy-
aume. Voyez le tiers liure des Roys, cha. 14. & 15.

BAASA, meurtrier du Roy Nadab, & puis vsurpateur de
son royaume, regna apres luy sus Israël 24. ans, commenceans
en l'an du monde 2992. auant la natiuité de nostre sauueur
Iesus Christ 970. ans qui fut l'annee mesme que regna Na-
dab, cõme auez veu cy dessus. Luy donc ayãt acquis le royaume
par meurdre & homicide commis en la personne du Roy, pour-
suyuit sa destinee: car il mit à l'espee toute la race & generation
de Ieroboam. Il feit guerre contre le Roy Asa, & estant en ar-
mes contre le païs de Iuda, enuironnoit de murs Rama, petite
ville, à ce que personne ne peust passer du royaume de Iuda, au
royaume d'Israël: dont Asa fort troublé enuoya des presens à
Ben-adab Roy de Syrie, luy demandant secours, comme i'ay dit
en parlant du Roy Asa. Enfin le Prophete Iehu predist à Baasa
la ruine de luy, & des siens, pour cause d'idolatrie, comme à la
maison & famille de Ieroboam. son fils Ela luy succeda. Voyez
le tiers liu. des Roys. 15. & 16. cha. Iosephe 8. liu. des Antiq. cha. 12.

f

[p. 66]

Fac-simile de la page

66

LA PREMIERE PARTIE DV

[ELA R. ISRAEL]

[AMRI R. ISRAEL]

ELA, fils de Baasa, apres la mort de son pere regna en Israël,
l'an vingtsixiéme du regne du Roy Asa, & l'an vingseptiéme
fut tué tout yure qu'il estoit, par Zambri, chef & conducteur de
la moitié de sa gen d'armerie. Ce Zambri incontinent vsur-
pant le royaume, mit à mort toute la race de Baasa. le peuple en-
tendant ce fait, éleut, & constitua vn autre Roy nomme Ambri,
qui assiegea Zambri en la ville de Thersa. mais voyant Zambri
que la ville s'en alloit prinse, entre au palais, & se brula auec la
maison royale. Ainsi luy, qui par tyrannie auoit obtenu le
royaume, exercea aussi la tyrannie contre luy-mesme, le sept-
iéme iour de son regne. Voyez comme dessus.

AMRI, que Iosephe appelle Amarin, fut Roy en Israel, en
l'an du monde 3016. auant la nati. de Iesus Christ 946 ans.
& fault sauoir qu'apres Zãbri le peuple fut bandé en deux parts,
l'vne fauorisoit à Thebni, l'autre à Amri. cette dissension dura
quelques annees, mais en fin ceux du parti d'Amri, au
regne duquel sont adioustez les ans de cette diuision & partiali-
té, car l[']on compte de son regne douze ans. Il acheta le mont de
Samarie de Somer (Iosephe l'appelle Samarus, dõt est dicte Sama
rie) pour deux talens d'argent: là il edifia la ville de Samarie,
qu'il constitua siege & chef du Royaume: & habita six ans en
Thersa, & le reste en Samarie. Voyez comme dessus, son fils A-
chab, meschant comme luy, lui succeda.

[p. 67]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

67

[ACHAB R. ISRAEL]

[IEZABEL REGIN.]

ACHAB regna sus Israël l'an 38. du regne d'Asa, qui estoit
l'an du monde 3027. auant la naissance de Iesus Christ 935.
ans. Il tint son siege Royal en Samarie 22. ans, & passa tous les
autres Roys precedens en impieté & idolatrie: espousa Iezabel,
fille du Roy des Sidoniens, & dressa vn autel à Baal, au temple
de Baal qu'il auoit edifié en Samarie, & adora iceluy Baal. Le
Prophete Elie luy predist la famine qui dura trois ans. Puis A-
chab le rencontra, & luy dist: N'es tu pas celuy qui troubles le peuple
d'Israel? à quoy Elie respond: Ie n'ay point troublé Israel, mais toy, & la
maison de ton pere, qui auez delaißé les commandemẽs de Dieu, & auez
ensuyui Baal. En apres quand le miracle fut fais sus le sacrifice de
Elie, furent par le commandement dudict Prophete tuez tous
les prebstres de Baal abuseurs, au nombre de 450. Achab vain-
quit par deux fois Ben-adab, mais à la tierce, bataillant mesme
en habit deguisé, fut nauré d'vne fléche, par cas fortuit, & de ce
coup mourut. Voyez comme dessus.

IEZABEL femme d'Achab mal-heureuse idolatre, fauo-
risant aux faux-prophetes de Baal, menassoit Elie de mort, &
pour cause de telles menaces il s'enfuit. Elle machina aussi la
mort de Naboth qui fut lapidé, & luy forgea des faux-tesmoins
qui luy maintindrent qu'il auoit mal parlé de Dieu & du Roy.
La source de ce mal venoit, que Naboth ne voulut bailler sa vi-
gne au Roy, qu'il auoit euë de ses pere & mere. Voyez le 3. li. des
Roys, chap. 19 & 21. Iose. li. 8. cha. 13. de sa fin voyez cy-apres en
Iehu, qui la feit ietter du hault d'vne festre, & le 4. liure des
Roys chap. 9.

f 2

[p. 68]

Fac-simile de la page

68

LA PREMIERE PARTIE DV

[ELIAS THES. P.]

[ELISEVS PROPH.]

ELIE Prophete florissoit du temps d'Achab & Ochosias,
Roys d'Israël: il estoit homme velu, ou pelu, & portoit vne cein-
ture de cuir: fut grand zelateur de l'honneur de Dieu: feit plu-
sieurs miracles de renõ que chacũ sçait: car quel besoin est-il re-
citer ici amplemẽt, cõmẽt au desert il fut repeu par les corbeaux?
& puis par les Anges? cõment à sa priere Dieu enuoya la pluye?
& n'auoit pleu de 3. ans, 6. mois. Comment il reprint, & tua les
faux-prophetes, & seducteurs? comment deux cinquateniers
auec leur cinquante hommes, enuoyez pour le prendre, furent
brulez du feu du ciel? comment il separa l'eau du fleuue Iourdain
auec son manteau dont il batoit l'eau, & le feit voyez par la ri-
uiere? &, pour le dernier, comment il fut transporté au ciel dans
vn chariot ardent, tiré par cheuaux de feu? Voyez le 3. liure des
Roys depuis le 18. cha. iusqu'en fin, & Iosephe liu. 8. cha. 12. l'Ec-
cles. 48. chap. S. Iac. cha. 5.

ELISEE fils de Saphat, par le commandement de Dieu fut
oinct comme Prophete par Elie, pour audict Elie seruir, & à luy
succeder. Elie le trouua comme il labouroit aux champs: ainsi de
l'estat de labourage fut appelé pour estre Prophete. il demanda
à Dieu qu'il luy donnast l'esprit d'Elie au double: il resuscita le
fils de son hostesse: guerist de ladrerie Naaman le Syrien, & n'en
voulut prendre payement ny salaire aucun. Sa vie, & ses mira-
cles dont il resplendissoit, ie ne veux & ne puis ici poursuiure au
lõg. Voyez le 4. liu. des Roys, dés le 1. cha. iusque'au 13. Vn hom-
me mort fut ietté au sepulchre d'Elisee, & resuscita ayant tou-
ché ses os.

[p. 69]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

69

[IOSAPHAT REX IVD.]

[IORAM REX IVD.]

IOSAPHAT fils du Roy Asa, regna en Iuda l'an 4. du
regne d'Achab, Roy d'Israël: qui estoit l'an du monde 3031.
auant la natiuité de Iesus Christ 931. an. Il regna 25. ans, & se
monstra vray fils d'Asa, fut bon Roy gardãt l'honneur de Dieu:
mit sus mer des nauires pour signer en Ophir, & querir de l'or:
les Philistins luy apportoyent des presens, auec tribut d'argent:
les Arabes luy amenoyent force troupeaux de bœufs, moutons,
& autres bestes, il bastit maints grans edifices en forme de pa-
lais & chasteaux. Le 3. an de son regne, enuoya gens par toutes
les villes de son Royaume pour endoctriner le peuple, auec le
liure de la loy de Dieu: & y ordõna par tout des Iuges, ausquels
il disoit ainsi: Aduisez bien à ce que vous ferez, car vous n'exercez
pas le iugement des hommes, mais de Dieu: & tout ce que vous iugerez
retournera sur vous. Contre luy s'eleuerẽt les Ammonites & Moa
bites, qui se retournans eux mesmes contre eux, s'entretuerent
les vns les autres de coups fourrez: dont il recueillit riche butin.
Voyez le 4. liu. des Roys 21. cha. le 2. liu. de Para. 17. 18. 19. & 20.
cha. Iose. liu. 9. cha. 1.

IORAM fils de Iosaphat, succeda à son pere, & tua tous ses
freres, & aucuns autres des premiers du royaume: espousa A-
thalia fille d'Amri, qui le feit idolatre: pourtãt receut lettres d'vn
Prophete, qui le menaçoit de vengence diuine. Dieu donc per-
mit que les Philistins & Arabes pillerent son païs & son pa-
lais, & tuerent tous ses enfans, fors Ioachas le plus petit. Ce Io-
ram regna 3. ans auec son pere, & 4. apres, son fils Ochosias luy
succeda. Il y a vn autre Ioram & vn autre Ochosias, enfans de
Achab, & Roys d'Israël, comme verrez.

f 3

[p. 70]

Fac-simile de la page

70

LA PREMIERE PARTIE DV

[OCHOZIA R. ISRAEL.]

[IORAM R. ISRAEL.]

OCHOSIAS, fils d'Achab, commença regner sus Israël
en Samarie en l'an du monde 3049. auant la natiuité de Iesus
Christ 913. ans. Il fut meschant & depraué comme ses pere &
mere. estant malade d'vne cheute, enuoya demander au dieu de
Accaron (c'est à dire au diable, ou idole de cette ville-là) pour
auoir son opinion s'il recouureroit santé: ceux qu'il y auoit en-
uoyez, retournent sans parfaire leur voyage: dient qu'ils ont
rencontré vn homme velu, ceinturé sus ses reins d'vn ceinture
de peau, qui leur a dit qu'ils s'en retournassent, & dissent à
Ochosias, qu'il n'en rechapera point. Lors le Roy, pensant que
c'estoit Elie, qui auoit empesché, les messagers, enuoya vers luy
vn Capitaine auec cinquante hommes, pour le prendre, lesquels
tous furent consumez par le feu du ciel. Le Roy y renuoya
pour la seconde fois autant, ausquels auint le semblable: & y ren
uoyant pour la tierce fois, le Capitaine se humilia deuant Elie,
qui auec luy alla vers le Roy, le reprint, & lui dist les mesmes pa
roles qu'il auoit dictes aux messagers: à sauoir s'il n'y auoit point
de Dieu en Israël, si qu'il aille enuoyer vers Beel-zebub, dieu de
Accaron: & pourtant qu'il n'en releueroit de la maladie. il ne re-
gna que deux ans. Ainsi mourut sans hoirs, parquoy à luy succe-
da son frere Ioram Voyez le 3. liu des Roys chap. 22. & le 4. liu.
cha. 1. Iosephe li. 9 cha. 2.

IORAM fils d'Achab, & frere dudict Ochosias, luy succe-
da au royaume d'Israël, & regna en Samarie douze ans. De son
temps Benadab Roy de Syrie, assiegea Samarie, ou y eut famine
si grande que la teste d'vn asne fut vendue 80. pieces d'argent.
Voyez le 3. liu. des Roys, cha. 20. Iosephe liu. 9. cha. 4. Iehu succe-
da à Ioram.

[p. 71]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

71

[OCHOSIAS R. IV.]

[ATHALIA IVD REGINA]

OCHOSIAS fils de Iorã, Roy de Iuda, succeda à son pere
au dict royaume, en l'an 12. & dernier du regne de Iorã fils d' A-
chab Roy d'Israel. il auoit 22. ans quand il commença à regner,
& regna vn an en Ierusalẽ, qui estoit l'an de la creation du mon-
de 3060. auant la natiuité de Iesus Christ 902 ans. Il fut mes-
chant, & ensuyuit la maison d'Achab, print alliance auec Ioram
fils d'Achab, & auec luy alla en guerre contre Hazael Roy de Sy
rie. Or Iehu chef-d'armee du pere dudict Ochosias, fut oinct
Roy d'Israel, & luy fut commandé de tuer tous ceux de la mai-
son d'iceluy Ochosias, & aussi de la maison d'Achab. Ainsi fut le
Roy Ochosias, le premier an de son regne, occis par le comman-
dement de Iehu. Voyez le 4. liu. des Roys 8. & 9. cha. le 2. de Para.
22. cha. Il y a eu vn autre Ochosias, fils d'Achab, & frere de Io
ram Roys d'Israel, dont auons parlé cy-dessus.

ATHALIA mere dudict Ochosias, voyant le Roy son fils
mort, feit tuer tous ceux de la semence Royale, forst le petit Ioas,
fils d'iceluy Ochosias, que Iosaba sa tãte paternelle, retira secre-
tement. Athalia donc vsurpa ainsi le royaume de Iuda pres de
sept as: car ledict an septieme, fut Ioas oinct Roy de Iuda, par le
Pontife Ioiada, mari de ladicte Iosaba: & par le commandement
de luy fut Athalia menee à la porte des cheuaux & mules du
Roy, & là occise. Voyez le 4. li. des Roys 11. cha. le 2. li. de Parali.
22. & 23. chap. Iosephe des Antiquitez liu. 9. cha. 7. qui appelle
icelle Athalia, Gotholia.

f 4

[p. 72]

Fac-simile de la page

72

LA PREMIERE PARTIE DV

[IEHV R. ISRAEL]

[IOIADA SV. SAC.]

IEHV, qui estoit Chef, & Courounal de l'armee de Ioram
Roy de Iuda, fut oinct Roy d'Israël, lors que regnoit Ioram fils
d'Achab sus Israel, & Ochosias fils de l'autre Ioram, sus Iuda.
Iehu donc, ayant occis ces deux derniers Roys, regna sus Israel,
l'an mesme qu'Athalia commẽça regner sus Iuda, qui estoit l'an
du monde 3061. auant la naissance de Iesus Christ 901. an. Il
extermina toute la race du Roy Achab, & trauersa d'vne saget-
te Ioram Roy d'Israël: commanda que l[']on tuast Ochosias Roy
de Iuda, & que l[']on precipitast, & iettast du haut d'vne fenestre,
Iezabel, qui s'estoit bien atifee, & fardee pour le regarder entrer
en la ville de Iezrahel. Voyez le 4. li. des Roys 9. & 10. cha. Iose.
li. des Antiq. 9. chap. 10. Iehu feit aussi tuer tous les prebstres de
Baal, feit bruler leur idole, abatre leur temple, & deputa le lieu
à toute immundice & ordure: nonobstant ne laissa d'estre mes-
chant, & d'ensuyure Ieroboam, & n'abandonna les veaux d'or.

IOIADA fut Pontife, ou Grand-prebstre des Iuifs, qui re-
mit Ioas fils d'Ochosias Roy de Iuda, en son royaume, faisant
occire Athalia, qui tyraniquement auoit vsurpé le royaume. Il
feit accord auec ledict Roy Ioas, qui auec son peuple, iura & pro-
mit obeïr aux commandemens de Dieu, & le peuple aussi pro-
mit obeïr au Roy. Cela fait, abatirent & rompirent les autels &
idoles de Baal: tuerẽt Mathan, prebstre de Baal, mesme deuant
son autel. toutesfois Ioas, apres la mort de Ioiada, s'adonna à
idolatrie. Voyez le 4. li. des Roys 11. cha. le 2. liu. de Paralip. 24.
cha. Iosephe liu. 9. cha. 7.

[p. 73]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

73

[IOAS R. IVD.]

[AMASIAS R. IVD]

IOAS, fils d'Ochosias, Roy de Iuda, fut oinct Roy de Iu-
da par le Grand-prebstre Ioiada, l'an septieme du regne de sa
mere Athalia, qui estoit l'an du monde 3067. auant la nati-
uité de Iesus Christ 895. ans. Nous auons dit cy-deuant com-
me sa tante Iosaba le cacha, & garentist de la furieuse cruauté de
sa propre mere. Il print tous les tresors que les Roys Iosaphat,
Ioram, & Ochosias, ses predecesseurs, auoient donnez & consa-
crez au temple de Salomõ: & tous les tresors du palais, & les en-
uoya vers Hazael Roy de Syrie (qui auoit prins Geth, & mõtoit
droit en Ierusalem auec grosse armee) à fin de le faire desister de
la guerre, & le rẽuoyer en son païs: ce qu'il feit. Mais quãd Ioia-
da fut trespassé, Ioas feit tuer le Prophete Zacharie son fils, en re
cõgnoissant mal le bien & hõneur q luy auoit fait Ioiada: mais la
vengence suyuit de bien pres l'offence: car l'an estãt à peine re-
uolu, suruint la guerre de Syrie, qui en tua des principaux de Iu-
da. Puis Ioas fut tué par ses seruiteurs mesmes en son lict, pour
vengence de la mort de Zacharie. Il regna 40. ans. Voyez le 4.
li. de Roys. 11. & 12. cha. le 2. liu. de Parali. cha. Iosephe li. 9.
cha. 7. & 8. Il y eut vn autre Ioas fils de Ioachas, Roy d'Israel,
comme verrez cy-apres.

AMASIAS fils de Ioas susdict, succeda à son pere au roy-
aume de Iuda, en l'an du mõde 3107. auãt la natiuité de Iesus
Christ 855. ans, qui estoit l'an secõd du regne de Ioas fils de Ioa-
chas Roy d'Israel. Il vengea la mort de son pere sus ceux qui l'a-
uoyent tué, & non sus leurs enfans. il vainquit les Idumeens,
dont en tua dix mil, & dix autres mil furent iettez du haut à bas
d'vn rocher. Puis apres adora les dieux des Idumeens: parquoy
Dieu estant courroucé, permit qu'il fust prins captif par Ioas
Roy d'Israel: & fut tué en l'an de son regne 29. Voyez le 4. liu.
des Roys cha. 13. & 14. Iosephe. li. 9. cha. 9.

f 5

[p. 74]

Fac-simile de la page

74

LA PREMIERE PARTIE DV

[SICHEVS]

[DIDO]

SICHEVS, oncle, & mari de Dido, fut prebstre d' Hercu-
les, qui estoit la seconde dignité: car le Roy auoit la premiere. Il
cacha ses tresors non en cofres, ny en chambres, mais en terre: &
iaçoit que les gens ne le sauoyent au vray, la renommee toutes-
fois le disoit: par laquelle Pygmalion, enflammé de conuoitise
& auarice, le tua à l'impourueu, & en trahison, cõme il sacrifioit,
& faisoit son office de prebstre. Ce Pygmalion estoit frere de Di
do, & Roy de Tyrus, qui y regna 40. ans, & l'an 7. de son re-
v gne Dido edifia Carthage, selon que Iosep. Voyez Verg. li. 1.
& 4. de l'Enei. & Iustin li. 18. Sicheus est autremẽt dict Sicharbas.

DIDO fille de Belus, Roy des Pheniciens ou Tyriens, son
mari estant occis, nauiga secretement en Afrique auec les tre-
sors que Pygmalion auoit trop conuoitez. là elle acheta autant
de terre qu'elle en pourroit enuironner d'vne peau de beuf ou
taureau, qu'elle decoupa bien menu, & en l'estendue d'icelle
peau, contenant 22. stades, qui valent pres de trois mils d'Italie,
fonda la ville de Carthage, en l'an du monde 3076. auant la
natiuité de Iesus Christ 886 ans: depuis le bastiment du tem-
ple de Salomon 143. ans, selon Iosephe escriuant cõtre Apion,
au 1. liu. Sa chasteté, nonobstant Vergile, & Ouide, est gran-
dement estimee par Boccace & Ausone: car elle ayma mieux
mourir que de se remarier auec le Roy Hiarbas: & aussi depuis
Eneas iusqu'à elle, y a plus de cent ans à dire, selon les histoires.
Son propre nom estoit Elisa: mais fut surnomme Dido, quasi
hommace, pour la grandeur de ses faits. Elle fut honoree & ado-
ree comme Deesse, & furent dressez & bastis temples à son
nom & hõneur. Voyez Iusti. li. 18. Boc. li. 2. des Dames de renom.

[p. 75]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

75

[IEHOIACHAS R. ISRAEL]

[IOAS R. ISRAEL]

IOACHAS fils de Iehu, regna sus Israel en Samarie, l'an
23. du regne de Ioas, fils d'Ochosias Roy de Iuda: qui fut l'an de
la creation du monde 3089. auant la natiuité de Iesus Christ
873. ans Il fut meschãt, & ensuyuit Ieroboã fils de Nabat, & feit
pecher le peuple d'Israel: Parquoy Dieu estant courroucé, les
feit batre & vaincre par Hazael Roy de Syrie, & par Ben-adab
son fils. Ioachas regna 16. ans, & à luy succeda son fils Ioas.
Voyez le 4. liure des Roys, cha. 13.

IOAS, fils de Ioachas, regna sus le peuple d'Israel, apres son
pere, & autant que luy, à sauoir 16. ans, commanceans en l'an du
monde 3105. auant la natiuité de Iesus Christ 857. ans. Il se
gouuerna meschamment, ensuyuant les pechez de Ieroboam
comme auoit fait son pere. recouura & retira des mains & puis-
sance de Ben-adab, les villes que son pere auoit perdues en guer
re contre Hazael: & par trois fois vainquit iceluy Ben-adab. Pa-
reillement feit guerre contre Amasias Roy de Iuda, le print, &
pilla & saccagea le temple de Dieu: puis retournant en Samarie,
mourut, & fut ensepulturé en Samarie auec les Roys d'Israel: &
à luy succeda son fils Ieroboam. Voyez comme dessus, & Iosep.
liu. 9. cha. 10. Il y a eu vn autre Ioas fils d'Ochosias, & d'Athalia,
dont i'ay fait mention en la tierce page precedente.

[p. 76]

Fac-simile de la page

76

LA PREMIERE PARTIE DV

[LYCVRGVS LACEDE.]

[DIRCEVS]

LYCVRGVS ordonna certaines bonnes loix aux Lace-
demoniens, quand Aremulus regnoit sus les Latins: qui fut en-
uiron l'an du monde 3090. auant la natiuité de Iesus Christ
872. ans. Premierement institua 28. hommes d'aage qui aux
Roys assisteroyent, & moyenneroyent les affaires de sorte, que
ils restreindroyent, ou empescheroyent la puissance du peuple,
en faueur du Roy: & au contraire aussi, feroyent pour le peuple
alencontre de la tyrannie du Prince. Secondement, il egala les
terres & possessions, si que l'vn n'en auoit point plus que l'autre.
Puis abolit la monnoye d'or & d'argent, & ne laissa en vsage
que la monnoye de fer: & refrena l'exces du viure, & des habits.
Qui en voudra sauoir d'auantage, lise Plutarque en la vie de Ly
curgus. Il fut brief en paroles, harangues & escrits: faingnit qu'il
tenoit de l'oracle d'Apollo Delphique, les loix qu'il ordõna, à ce
que pour leur seuerité ne fussẽt reiettees. il voulut que l[']on ne cõ
stituast point argent en dot aux filles, à fin que les hommes les
espousassent, non pour amasser argent, mais pour faire enfans:
aussi à fin que les filles qui seroyent poures, ne demourassent à
marier. il ne fut pas moins estimé à ses loix inuenter, qu'à exem-
ple par luy-mesme monstrer: & n'ordonna onc rien qu'il n'ob-
seruast le premier. Voyez Iustin en plusieurs lieux. S. Augustin
de la Cité de Dieu liu. 2. cha. 16. & liu. 10. cha. 13. Xenophon en la
police des Atheniens.

DIRCEVS, fut Poëte Athenien bien laid, qui inuenta la
trompette. Les Lacedemoniens ayans response d'Apollo, qu'ils
ne vaincroyent leurs ennemis sinon que cestuy fut Capitaine,
il les espouenta si bien par le son de trompettes, que, s'enfuyans,
facielemnt furent vaincus: Voyez le grand Elucidaire.

[p. 77]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

77

[HIEROBOAM R. ISRAEL.]

[ZACHARIA R. ISRAEL.]

IEROBOAM fils de Ioas Roy d'Israël succeda à son pe-
re audict royaume l'an quinzieme du regne d'Amasias fils de
Ioas Roy de Iuda, qui estoit l'an du monde 3120. auant la na-
tiuité de Iesus Christ 842. ans. Il fut aussi imitateur de l'impie-
té, ou idolatrie de Ieroboam fils de Nabat, qui feit pecher, & ido
latrer le peuple d'Israël. Il restitua les limites des terres d'Israël
depuis l'entree d'Emath iusques à la mer de solitude, selon que
Dieu auoit dit par Ionas fils d'Amathi Prophete. car iceluy Io-
nas auoit predit à Ieroboã qu'il vaincroit les Syriẽs, & dilateroit
& accroistroit son royaume, quant à la partie du costé de Se-
ptentrion, iusques à la cité Hemathi: & quant à la partie du mi-
di iusques au lac ou palu Asphaltite, que l[']on dit la mer morte.
Voyez le 3. li. des Roys, cha. 14. Iosep. li 9. cha. 11. Il regna 41. an.

ZACHARIE fils de Ieroboam susdict, succeda à son pe-
re au royaume d'Israël en l'an 38. du regne d'Azarias, dict aussi
Ozias, Roy de Iuda, qui estoit l'an du monde 3161. auant la
naissance de Iesus Christ 801. an. Il fut meschant comme ses
peres & predecesseurs. L'an sixiéme de son regne, Sellum fils
de Iabes conspira contre luy, & le tua apertement: ainsi vsurpa le
royaume, qu'il tint vn moys. Voyez le 4. li. des Roys cha. 15. Il y
a eu d'autres Zacharies, comme le prophete Zacharie, que Ioas
Roy de Iuda, feit mettre à mort. Voyez le 2. li. de Parali. cha. 24.
puis Zacharie fils de Barachie, qui admonesta le peuple de se cõ-
uertir à Dieu. Voyez le 1. cha. de Zacha. puis encor y a Zacha-
rie, pere de S. Iean Baptiste. Voyez S. Luc 1. chap.

[p. 78]

Fac-simile de la page

78

LA PREMIERE PARTIE DV

[ASARIAS REX IVD]

[IOATHAMM RI]

OZIAS, autrement dict Azarias, fut fils d'Amasias Roy de
Iuda, & fut de tout le peuple éleu & constitué Roy à seize ans au
lieu de son pere encor viuant, & contre lequel on auoit conspi-
ré: qui fut en l'an du monde 3124. auant la natiuité de Iesus
Christ 838. ans: & regna 52. ans, à sauoir 11. du viuant de son
pere, & depuis la conspiration, & puis 41. an apres que son pere
fut tué. Il fut bon Roy du commencement, aymé des hommes,
& mesmement de Dieu, auec l'ayde duquel il vainquit les Phili-
stins, les Arabes, & les Ammonites, qu'il feit ses tributaires. Il
repara la ville de Ierusalem, fut fort opulent & riche, eut force
bestail, & ayma le labourage: par ses grans biens & prosperitez
fut bruit de luy bien loing. mais se mescõgnut, & par son outre-
cuidance voulant sacrifier au temple, & vsurper l'office des preb-
stres, qu'il menaceoit, quand de ce ils le reprenoyent, deuint la-
dre, pour punition: parquoy l'ordonnance de Moyse, qui commanda
que les lepreux ou ladres fussent chacez hors du temple. Ainsi
demoura ladre iusques à sa mort. Voyez le 4. liur. de Roys 14. &
15. cha. le 2. li. de Paralip. 26. cha. Iosephe liu. 9. cha. 11.

IOATHAN fils dudict Ozias, fut Roy de Iuda apres luy,
l'an 2. de Phacea fils de Romelie, Roy d'Israel: qui estoit l'an du
monde 3176. auant la natiuité de Iesus Christ 786. ans. Il fut
bon Roy & vertueux, edifia la haute porte du temple, & des vil-
les aux montaignes, & des chasteaux & tours es forests. vainquit
le Roy des Ammonites, & le feit son tributaire de cent talens
d'argent, & dix mil mesures de froment, & autant d'orge pour
quelques annees. regna 16 ans. Voyez comme dessus.

[p. 79]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

79

[MANAHEN R. ISRAEL.]

[PHASEA F.R. R. ISRAEL.]

MANAHEN fils de Gadi de Thersa, vint en Samarie, &
tua Sellum, qui y auoit regné vn moys, apres qu'il auoit occis
Zacharie Roy d'Israël. Ainsi celuy, qui par meurdre, auoit vsur-
pé le royaume, fut par vn autre meurdrier dans vn moys oppri-
mé, & deffait. Manahen donc tyran, qui tua vn autre tyran, tint
le royaume d'Israël en l'an du monde 3162. auant la natiuité
de Iesus Christ 800. ans. Il ensuiuit la meschanceté de Iero-
boam fils de Nabat: & persecuta tellement la ville de Nabat , qui
ne le vouloit point receuoir, qu'il feit fendre les femmes encein-
tes. Mais puis-apres le Roy d'Assyrie, nõmé Phul, assiegea icelle
ville de Thersa, auquel Manahen fut contraint bailler mille ta-
lens d'argent. Voyez le 4. liure des Roys, au 15. chapit. Il regna
l'espace de dix ans.

PHACEA fils de Manahen, regna sus Israel en Samarie,
apres son pere, l'an cinquantiéme du regne d'Azarias, autremẽt
dict Ozias, Roy de Iuda: qui estoit l'an du monde 3173. auant
la natiuité de Iesus Christ 789. ans. Il fut aussi imitateur de Ie-
roboã fils de Nabat, le meschant & maudict Roy. Phacea fils de
Romelie, qui estoit Capitaine du Roy Phacea, machina contre
luy, & le tua en Samarie, en vne tour du palais royal, & occist aus
si auec luy cinquante des fils de Galaad, & puis tint & vsurpa le
royaume d'Israel. Voyez le 4. liu. des Roys, cha. 15. Iosephe liu. 9.
cha. 11. cestuy Phacea fils de Manahen, regna deux ans.

[p. 80]

Fac-simile de la page

80

LA PREMIERE PARTIE DV

[PHASEA R. ISRAEL]

[HOSEA R. ISRAEL]

PHACEA, ou Phacee, fils de Romelie, par meurdre, & ty-
rannie tint le royaume d'Isräel, ayant occis le Roy Phacea, fils
de Manahen, dont i'ay parlé en la page precedente. Ce Phacea
fils de Romelie fut ainsi par voyez inique Roy d'Israël, l'an cin-
quante deuxieme & dernier du regne d'Azarias, qui est dict aus-
si Ozias, Roy de Iuda: qui estoit l'an du monde 3175. auant la
natiuité de Iesus Christ 787. ans. Il fut adonné à meschance-
té, en suyuant les traces de Ieroboam fils de Nabat, son predeces-
seur. De son temps Theglat-Phalassar Roy des Assyriens oppri
ma & courut toute la region Galaadite, s'en feit seigneur, &
transmit les habitans d'icelle en Assyrie. Or apres que ce Phacea
eut regne vingt ans, fut tué en trahison par Osee, autrement
dit Hosea, qui puis-apres se feit Roy. Voyez le 4. liu. des Roys,
cha. 15. Iosephe, liu. 9. cha. 11.

HOSEA fils d'Ela, regna comme i'ay dit, apres Phacea qu'il
occist, en l'an du monde 3195. auant la natiuité d eIesus
Christ 767 ans. L'an septiéme de son regne, Salmanazar Roy
d'Assyrie, assiegea Samarie, & feit Hosea son tributaire: mais
puis-apres se rebellant, & ne voulant payer tribut, ains deman-
dant secours à Sua, Roy d'Egypte, sut assiegé, prins, & empri-
sonné par Salmanazar: qui print Samarie, & gasta tout le païs
d'Israël: transporta les dix lignees en Assyrie: lesquelles depuis
qu'elles se departirent de Roboam, & eleurẽt Ieroboam, furent
tousiours affligees, & mises en puissance de leurs ennemis, par
iuste diuine punition de leurs pechez, memement d'idolatrie.
Voyez le 4. liu des Roys, cha. 17. Iosephe, lib. 9 cha. 15.

[p. 81]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

81

[ACHAS REX IVD]

[ESECHIAS REX IVD]

ACHAS fils de Iothan Roy de Iuda, succeda au royaume,
apres son pere, en l'an du monde 3192. auant la natiuité de Ie-
sus Christ 770. ans. Il ne suyuit pas les traces de son pere, ains
des Roys d'Israël: luy tresméchant, & cruel, sacrifia mesme son
propre fils en le passant par le feu, selon la mode des sacrifices
des idolatres Gentils. il fut assiegé par Phacea & par Rasis, Roy
de Syrie, qui toutesfois ne le vainquirẽt. il feit ligue auec Theg-
lat-Phalasar Roy d'Assyrie, qui tua Rasis, puis pour luy agreer,
delaissa l'adoration de Dieu, & sacrifia aux Dieux de Syrie. puis
mourut l'an 16. de son regne. Voyez le 4. li. des Roys, cha. 16. Io-
sephe li. 9. cha. 13.

EZECHIAS fils d'Achas, succeda à son pere au royaume
de Iuda, l'an du monde 3208. auant la natiuité de Iesus Christ
754. Il fut bon Roy suyuant Dauid, dissipa les lieux hauts,
couppa les bois ou l[']on adoroit les idoles, & les cassa. rompit le
serpent d'airin que Moyse auoit faire eriger, parce que le peuple
l'adoroit, & le parfumoit d'encens. Aussi Dieu fut pour luy: car
il ne fut point assubiecti au Roy d'Assyrie, & si poursuyuit bien
les Philistins. Sennacherib Roy d'Assyrie, grand blasphemateur
du nom de Dieu, assiegea Ierusalem, qui par grand miracle fut
deliuree: car l'Ange de Dieu tua en vne nuict 180000. hom-
mes, au camp de Sennacherib, qui lors se retira. Ezechias depuis
estant malade, Esaye luy predist sa mort, toutesfois par pleurs &
prieres obtint de Dieu que sa vie seroit alongee de 15. ans: & eut
pour signe de sa conualescence l'ombre du soleil de dix lignes
retrogradee en son orloge. Le Roy de Babylone, sachant sa ma-
ladie, luy enuoya lettres & presens. il regna 22 ans, vesquit 54.
son fils Manasses luy succeda. Voyez le 4. li. des Roys, cha. 18. 19
& 20. Iosephe li. 9. cha. 10.

g

[p. 82]

Fac-simile de la page

82

LA PREMIERE PARTIE DV

[ROMVLVS]

[HERSILIA SABIN.]

ROMVLVS, premier Roy des Romains, cõmancea re-
gner en l'an du mõde 3212. auãt la natiuité de Iesus Christ 750.
ans. il fut fils de Rhea Ilia Vestale, iumeau ou bessõ auec Remus:
sa mere disoit que Mars les luy auoit engẽdrez, pour couurir son
offense. ils furent portez et laissez sus le riuage du Tybre, toutes-
fois Faustulus les recueillit, & les porta à Accia Laurẽtia, qui les
nourrist & alaita: qui deuenus grãs assemblerent grãd nõbre de
bergers & tuerẽt leur grãd oncle Amulius, frere du pere de leur
mere: puis remirent remirent Numitor, leur grand-pere maternel, en son
royaume: qui auoit esté dechacé par Amulius, sondict frere puis-
né: lequel puis-né, auec ce cõtraignit Rhea fille de son frere d'e-
stre religieuse de la Deesse Vesta, sous espoir qu'lle ne feroit ia-
mais enfans, qui peussent pretẽdre au royaume des Latins: tou-
tesoifs elle enfant Remus & Romulus d'vne portee, l'an 17.
du regne d'Amulius. Puis edifierẽt vne ville au lieu mesme ou ils
auoyẽt esté portez petis, & delaissez, laqlle depuis fut nõmee Rõ
me, du nõ de Romulus: qui feit tuer son frere, à cause qu'en mes-
pris de son edict, il auoit passé par dessus les nouueaux murs de
Romme: Romulus estant seul Roy, ordonna cent senateurs, qui
furent appelez peres pour honneur, & leur generation patrices:
& trois cens hõmes armez, pour la garde de son corps, en temps
de guerre ou de paix. Ayant subiugué plusieurs de ses voisins en-
nemis, comme il assistoit & harãguoit à la reueuë de son armee,
vne subite tempeste, auec gros bruit de tonnerre, l'enuironna de
vne nuee si espoisse, que ses gens le perdirent de veuë: & iamais
depuis ne fut veu. Il regna 36. ans. Voyez Tite-Liue, liu. 1. & De-
nis de Halicar. liu. 1. & 2.

HERSILIA fut femme de Romulus. Voyez cõme dessus.
Ouide fait quelque fiction d'elle en fin du 14. liu. de la Metamo.

[p. 83]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

83

SIBYLLE Erythree, qu'aucuns appelẽt Heriphile, estoit,
comme l[']on tient, auant la guerre de Troye, iaçoit qu'Eusebe la
mette au temps de Romulus, ce que nous ayons suyui. Appolodo
rus Erytrheen , afferme qu'elle estoit citoyenne d'Erythre, cõme
luy: & qu'elle predist aux Grecs la destruction de Troye, & que
Homere escriroit des mensonges. mais Strabo met deux Sibyl-
les Erythrees, l'vne du vieux temps, l'autre, nommee Athenaïn
du temps d'Alexandre le Grand. Lactance n'en met qu'vne, &
dit qu'elle estoit nee en Babylone, mais qu'elle ayma mieux se
nõmer Erythree, & est seule qui ait mis son nom en ses vers pro-
phetiques: pourtant les propheties des autres ne se peuuẽt discer
ner, ny asseurer de quelle Sibylle elles sont. Voyez Lacta. liu. 1.
cha. 6. Et au li. de l'ire de Dieu cha. 22. il dit que des Grecs & La-
tins ceste-ci est estimee par sus toutes. Aussi Fenestella recite
que le Senat Romain enuoya Ambassadeurs à Erythre, ville de
Asie la mineur, pour en rapporter les vers de ceste Sibylle: & or-
donna que les Consuls Curio & Octauius, auroyent la charge
de les ferre serrer & garder dans le Capitole, qui estoit rebasti
par Q. Catulus. On dit qu'elle a ainsi prophetizé: Au dernier aage
Dieu sera humilié, la race diuine sera faicte homme: diuinité sera vnie à
humanité, l'ageau sera mis sus le foin, & par vne fille, qui en fera son
deuoir, sera nourri.

SIBYLLE de Samos, isle de Grece, florissoit, selon Eusebe
& Cassiodore, en l'an du mõde 3297. auãt la natiuité de Iesus
Christ, 665 ans. on l'appelle Herophile: Eratoshtenes dit auoir
trouué aux vieux annales des Samiens, qu'elle auoit non Phyto.
On luy attribue cette prophetie: Toy donc sotte Iudee, tu n'as point
congnu ton Dieu, ainsi tu l'a couronné d[']espines, & luy as fait vne mixtion
de fiel amer.

g 2

[p. 84]

Fac-simile de la page

84

LA PREMIERE PARTIE DV

[SAMANASAR]

[SENACHERRAS]

SALMANASAR Roy des Assyriẽs, leua vne grosse ar-
mee, alla cõtre Samarie, la print, & feit le Roy Hosea son tribu-
taire: comme i'ay dit cy dessus en la vie d'Hosea: qui quelques
annees apres, se voulant exempter de ce tribut, fut cause que Sal-
manasar retourna de-rechef en armes contre Samarie, laquelle
il print trois ans apres qu'il l'eut assiegee, & emmena les dix li-
gnees d'Israël en Assyrie, neuf ans apres qu'Hosea se voulut re-
uolter, qui estoit en l'an du mõde 3213. auãt la natiuité de Iesus
Christ 749. Telle fin print le royaume d'Israël, qui auoit duré
242 ans sous 18. Roys: en prenant le cõmencement à la mort
de Salomon, & au regne de Ieroboã fils de Nabat, sous lequel &
auquel les dix lignees se rengerẽt, delaissans Roboam fils de Sa
lomon. Voyez le 4. li. des Roys, cha. 17. & 81. Iosephe. li. 9 ch. 15.

SENNACHERIB, Roy des Assyriens, grand blasphe-
mateur contre la puissance de Dieu, menassa le Roy Ezechias, &
son peuple, par ses Herauts, crians publiquement à haute voix:
Escoutez les paroles du grand Roy, Roy des Assyriẽs: Le Roy dit ainsi: Ne
vous fiez ni abusez point à vostre Roy Ezechias, car il ne vous pourra
pas garentir de ma main: & ne vous amusez à ses propos de la fiance
de Dieu, disant que Dieu vous gardera, & ne fera la ville de Ierusalem
prinse par le Roy des Assyriens. Du siege qu'il mit deuant la ville,
& comment il s'en retourna ocnfus, voyez cy-deuant en Eze-
chias. Luy de retour en sa ville de Niniue, mit à mort plusieurs
Iuifs que le bon Tobie enseuelissoit de nuict: pourquoy furent
tous ses biens confisquez, & luy fugitif tout nu auec sa femme et
son fils. mais 45. iours apres, fut Sennacherib luy-mesme tué par
ses propres fils, comme il adoroit ses idoles, & faux dieux, Adra-
melech, & Sarasar. Voyez comme dessus, & Iose. li. 10. cha. 1.

[p. 85]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

85

[MANASES REX IVD]

[ISAIAS PROPH]

MANASSES, fils d'Ezechias Roy de Iuda, succeda à son
pere audit royaume, en l'an du monde 3237 auãt la natiuité
de Iesus Christ 725. ans. Il fut meschant, & restitua l'idolatrie
que son pere auoit abolie, sacrifia ses enfans aux idoles: & rem-
plit la ville de Ierusalem du sang des innocens, & gens de bien.
Pourquoy Dieu le courroucea, & suscita alencõtre de luy le Roy
de Babylone, qui assaillit Ierusalẽ, print Manasses, le lia de chei-
nes, & luy mit les fers aux pied, & ainsi l'emmena captif en Baby
lone, ou il demeura sept ou huict ans. Lors recongnoisssant son
Dieu, & lui requerant pardon de ses fautes, fut en fin remis en
son royaume. Depuis reieta toute idolatrie, & vesquit le reste de
sa vie en la crainte de Dieu: mourut en l'an de son regne 55. ves-
quit 67 ans. Voyez le 4. li. des Roys, cha. 21. le 2. li. de Parali.
cha. 33. Iosephe. li. 10. cha. 4. & 5.

ESAIE le Prophete, natif de noble lieu de Ierusalem, pro-
phetisa en Iudee, mesme au par-auant que les dix lignées fussent
par Salmanasar, menées captiues. il traicte en ses propheties de
l'un & de l'autre royaume, de Iuda, & d'Israël, quelquesfois tout
ensemble, quelquesfois separément, & en particulier. Or, bien
que souuent il suyue, & ayt l'œil sus l'histoire pour lors presente,
& qu'il predise & annonce apres la captiuité de Babylone, la de-
liurance, toutesfois son principal but, & intention est de traiter
de la venue de Iesus Christ, & de la vocation & salut des Gẽtils.
Manasses, Roy susdict le feit mourir tyranniquement & d'vne
mode nouelle, car il le feit sier d'une sie de bois, par le milieu du
corps. Voyez le 4. li. des Roys 19. & 20. cha. & S. Iero. sur Esaïe.

g 3

[p. 86]

Fac-simile de la page

86

LA PREMIERE PARTIE DV

[CAVDAVLES]

[GIGES]

CANDAVLES fut quatrieme Roy de Lydie, en l'an du
mõde 3248. auãt la natiuité de Iesus Christ 714. ans. Il ayma si
sottemẽt sa femme, que ne faisant que prescher de sa beauté, (cõ
- me si n'en parlant point, sa beauté eust esté diminuee) en fin la
feit voir, par vn soir, & toute nue, à Gyges son familier, quoy
faisant, rendit son ami ennemi, l'induisant à mal & à tẽtation: &
perdit l'amitié de sa femme, comme l'abandonnant à autruy: Si
que bien tost la mort de Candaules luy fut le loyer de son ma-
riage: la femme ayant comme pour douaire le sang de son mari,
donna le royaume d'iceluy, & elle-même, à son paillard.
Voyez Iustin li. 1. Herodote escrit en son li. 1. que la Royne man
da le lendemain querir Gyges, & luy dist telles paroles (bien que
repugnant, & cõtraint l'eust veuë toute nue) ou il faut que celuy
qui t'a cõseillé, meure, ou toy-mesme qui m'as regardee nue. luy
oyant tel propos, & qu'il falloit passer par là, eleut plus-tost de
tuer le Roy. Si s'en vint le trouuer le soir, dormant, & le tua au
lieu mesme ou il auoit veuë la Royne nue. Voyez comme dessus.

GYGES fut Roy de Lydie apres qu'il eut tué Candaules,
en l'an du monde 3265. auant la natiuité de Iesus Christ 697.
ans. Il feit guerre contre Milete, & Smyrne, villes, & print par
force celle de Colophon. Voyez Herodote liu. 1. L[']on dit de luy,
chose fabuleuse, qu'il entra dans vn cheual d'airain, qui auoit ou-
verture au flanc, & trouua seans vn homme mort, ayant vn an-
neau d'or en vn de ses doigts, lequel anneau il print: & le porta
en son doigt: & quãd il ne vouloit estre veu de persõne, tournoit
la pierre, ou chaton de l'anneau, dedans sa main: ainsi (dit-on) il
coucha avec la Royne, & tua le Roy, sans estre aperceu: & puis
fut Roy luy-mesme. Voyez Cice. 4. li. des Offi.

[p. 87]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

87

[NVMA POMPILIVS]

[AEGERIA]

NVMA-POMPILIVS secõd Roy des Romains, com
mença regner en l'an du monde 3250. auant la natiuité de Ie-
sus Christ 712. ans. Car quãd Romulus fut mort, le royaume tõ-
ba en Interregne, c'estadire vacation de Roy: & les Senateurs
constituans dix Decurions, regirent le Royaume vn an. Numa
a tousiours aymé vne vie tranquille, mesme auant qu'il fust
Roy: & ne feit aucunes guerres, toutesfois n'a point moins ap-
porté de profit à la ville que Romulus mesme: car il institua les
Romains en loix, & bones mœurs, lesquelz estoyent ia pour l'a-
coutumance, & longue vsance des guerres, estimez comme bri-
gans, & demi-barbares. il adiouta deux moys à l'an, à sauoir Iã-
uier, & Feurier: car au parauant l'an n'estoit que de dix moys,
quant aux Romains. Tatius Roy des Sabins, luy donna sa fille
vnique en mariage, apres la mort de laquelle, laissa la Court, &
habita aux champs, & lieux solitaires: mais par prieres s'en reti-
ra, estãt appelé pour gouuerner le Royaume des Romains, qu'il
refusa premieremẽt, puis à la sollicitation de l'ambassade Romai
ne & grãde instance de ses parens, & amis l'accepta. Il edifia for-
ce temples, institua force cerimonies & sacrifices. En fin mourut
aagé de 80. ans, ayant regné 43. De son temps Glaucus inuenta
de souder le fer. Voyez Tite-Liue Decade. 1. li. 1. Denis de Halic.
li. 2. & Eutrope liure premier.

EGERIA fut Nymphe ou Deesse, que l[']on dit auoir esté
femme de Numa-Pompilius, au moins luy se disoit frequenter
auec elle de nuict: & par son aduertissement instituer le seruice
diuin agreable aux Dieux: les Poëtes faingnent qu'elle fut con-
uertie en vne fontaine apres la mort de son mari. Voyez Oui. li.
3. des Fastes, & li. 15. de la Meta.

g 4

[p. 88]

Fac-simile de la page

88

LA PREMIERE PARTIE DV

[AMMON REX IVDA]

[IOSIAS R. IVDA]

AMON fils de Manasses succeda apres son pere au royau-
me de Iuda, en l'an du monde 32962. auant la natiuité de Iesus
Christ 670. ans. Luy meschant, ensuyuit la meschanceté, &
idolatrie de son pere: & sacrifia à toutes les idoles que son pere
auoit fait faire, les reuera, & adora. commença regner en l'aage
de 22. ans, & ne dura son regne que deux ans: & fut tué en sa
maison par ses gens mesmes, & par ses propres seruiteurs, qui fu
rent aussi tuez tost apres par le peuple. Voyez le 4. li. des Roys,
22. cha. le 2. li. de Paralip. chap. 33. & Iosephe li. 10. cha. 4.

IOSIAS fils d'Amõ, regna apres luy par 31. ans. Il fut iuste,
debonnaire, & imitateur de Dauid. L'an 12. de son regne purgea
son païs de toutes idoles & idolatries: & en sa presence feit aba-
tre les autels de Baalim, & les simulacres ou idoles qui estoyent
desus: feit reparer le tẽple de Salomon: Helcias prebstre, y trou-
ua le liure de la loy de Dieu, qui auoit esté baillé par les mains de
Moyse. Le Roy mesme, en l'assemblee de tout le peuple dans le
temple, leut ce liure tout du long: & assis en son siege Royal, pro
mit deuant Dieu, & adiura le peuple d'obseruer le contenu, & ce-
lebra le Phase, qui est la pasque, à la mode du vieil testament. En
fin, bataillant contre Nechaon Roy d'Egypte, fut nauré d'vn
coup de flesche, dont il mourut. Si fut ploré, & regretté de tout
le peuple, mesmement du Prophete Ieremie, qui en feit vne de-
ploration en vers lamentables, que l[']on appelle les lamentations
de Ieremie. Voyez le 4. li. des Roys 22. & 23. chap. & le 2. liu. de
Paralip. 34. & 35. cha. & Iosephe li. 10. cha. 5. & 6.

[p. 89]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

89

[TVLIVS HOSTILIVS]

[ANCVS MARIVS]

TVLLVS Hostilius Roy des Romains, regna 32.
ans, comanceans en l'an du monde 3293. auant la natiuité de
Iesus Christ 669. ans. Il fut le premier des Rommains qui mit
en auant, & en vsage, habits de pourpre, & fasces: remit sus, le
train de guerre, se confiant en la ieunesse bien aguerrie: batailla
six diuerses fois contre les Albans, & les vainquit: & feit raser la
ville d'Albe, receuant les Albans comme citoyens, & ne faisant
d'iceux & des Romains qu'vn peuple. Il eut aussi victoire des Ve
gens, Fidenats, & Sabins. Feit escarteler Metius Suffetius, qui
fut tiré au cul de deux charettes, comme infracteur de paix, &
fainct, & mal eureux dissimulateur qu'il estoit. L[']on tient que ce
Roy fueilletant les registres de Numa, & y trouuant auoir esté
faits quelques secrets sacrifices, s'en voulut entremettre, mais
n'en sachant pas bien venir à effect, non seulement n'eut aucune
vision celeste, mais aussi la foudre y tomba, brulant maistre &
maison. Il accreut la ville de Romme du mont Celius: & de son
temps fut bastie Cosntãtinople, par Pausanias, Roy de Sparte.
Voyez Tite-liue li.1 Decade 1. Denis de Halicarnas li. 3. & eu-
trope liure premier.

ANCVS Martius fils de la fille de Numa, fut Roy apres
Tullus Hostilius en l'an du mõde 3325. auant la natiuité de Ie
sus Christ 637. ans. Il vainquit les Latins, accreut la ville de Rõ
me des monts Auentin & Ianicul: feit le pont Sublice sus le Ty-
bre: edifia Ostie sus la mer, à seize mils de Romme. de son temps
Lucumo, qui nommé Tarquin Prisque, vint à Romme, auec
sa femme Tanaquil: & fut la ville de Baudras edifiee. il mourut
de maladie l'an 24. de son regne. Voyez comme dessus.

g 5

[p. 90]

Fac-simile de la page

90

LA PREMIERE PARTIE DV

[SIB CVMANA]

[SIB. HELLESPONTICA.]

SIBYLLE Cumane, eut nom Amalthee: Suidas l'ap-
pelle Hierophile, & dit, auec la cõmune opinion, qu'elle appor-
ta neuf liures à Tarquin le Prisque (autres dient l'orguilleux) &
les luy feit trois cens escus: le Roy esbahi de si grande somme, se
mocqua d'elle: lors en presence de luy, elle en brula vn (autres
dient trois), & du reste demandant encor autant, le Roy, eston-
né, luy donne de trois liures (Pline dit d'vn restant de trois) trois
cens escus. ceste femme ancienne & incongnue, onques puis ne
fut veuë, comme l[']on dit: & ses liures, furent gardez dignement
au Capitole, sous la charge des Quinze-hommes, qui en cas dou
teux à la republique, les alloyent visiter, pour y prendre conseil:
& demeurerent ces liures iusqu'à la guerre Marsique, & du tẽps
de Marius furent brulez auec le temple. mais Auguste en feit par
tout chercher & trouuer d'autres, qui furent remis au Capitole
rebasti: lesquels aussi Stilico brula, voulant faire guerre à son
gendre l'Empereur Honorius. Voyez Lactãc. li. 1. cha. 6. Pli. li. 13.
cha. 13. Aul. Gel. li. 1. chat. 19. la Chr. de Naucler genera. 5.2. Cuma,
est vne ville d'Asie mineur, dont estoit ceste Sibylle, à laquelle
on attribue cette prophetie: Ayant pris le sommeil de trois, il metra fin
à la destinee de mort: lors retournant des mors, viendra en lumiere, mon-
strant premier le commencement de resurrection.

SIBYLLE Hellespontique fut nee en la terre de Troye.
Heraclides Pontic escrit qu'elle fut du temps de Cyrus. Heraclit
luy attribue ceste prophetie: Du hault palais du ciel, Dieu a regardé
ses humbles subiects, & sera né d'vne vierge Hebraique.

[p. 91]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

91

[ZALEVCHVS]

[ZALEVCH. FIL.]

ZALEVCVS, ayant ordonné en la ville de Locres, qui
est en Grece, ou en Calabre, certaines bõnes loix, pour la police,
& sain entretenemẽt de la chose-publique, entre lesquelles loix
par luy establies & introduictes, y en auoit vne, Que quiconque se-
roit troué en adultere, auroit les deux yeux arrachez pour punition
: &
aduint que son propre fils trãsgressa ladicte loy. ainsi deuoit per-
dre les deux yeux: mais pour l'honneur du bon pere, toute la vil-
le pardonnoit à ce fils, & le pere y repugnoit, voulãt que son fils,
fust puni, comme l'ordonnance portoit. toutesfois en fin, vaincu
par les prieres du peuple, & pour montrer qu'il entendoit que sa
loy fust inuiolablement gardee, se feit arracher premieremẽt vn
œil, puis à son fils vn autre: ainsi laissant l'vsage de la veue à luy,
& à son fils, par merueilleuse attrempance d'equite se montra
pere misericordieux, & iuste legis-lateur, executant la peine
deuë selon son edict. Voyez Vale. li. 6. cha. 5. Ce fut enuiron l'an
du monde 3300. auant la natiuité de Iesus Christ 660. Diog.
Laër. dit que Zaleucus fut endoctriné par Pythagoras, dont
verrez cy-apres: ainsi quant au temps ne s'accorde pas trop bien
auec la Chronique, non plus qu'en plusieurs autres passages.

Icy deuons bien considerer, quelle peine deuons prendre à
obseruer les commandements de Dieu: veu que ce Payen fut tant
entier en l'obseruation des siẽs, que pour icelles il n'espargna son
œil, qui est la plus tendre, & plus noble partie de tout le corps.

De ce temps florissoyent Archiloc historien, qui a escrit vn
liure des temps, & Simonides, & Aristoxenus Philosophe & me
decin bien renommé. Aussi fut de ce temps Albe-longue ruinee,
qui auoit duré & regné 487. ans. Voyez Denis de Halic. li. 3.

[p. 92]

Fac-simile de la page

92

LA PREMIERE PARTIE DV

[HIEREMIAS PROPH.]

[BARVCH PROPH.]

IEREMIE Prophete, commença à prophetizer des sa ieu-
nesse en l'an du monde 3307. auant la natiuité de Iesus Christ
655. ans. Il prophetiza seulement en Iuda & Ben-iamin: car ia
les Assyriens auoyent transporté chez les Medes les dix autres
lignees d'Israël. Il a deploré & lamenté la ruine de Ierusalem par
l'alphabet hebraic quatrefois repeté. il estoit natif d'vn petit vil-
lage nõmé Anatoth, à vne lieu loing de Ierusalem. fut de lignee
& de qualité sacerdotale, & sanctifié des le ventre de sa mere, &
appelé à la dignité de Prophetie, laquelle il refusoit, disant qu'il
n'estoit pas sauant, & qu'il n'estoit qu'vn enfant: mais Dieu luy
donna sciẽce & courage. En fin fut lapidé du peuple en Egypte,
& mourut ainsi. Voyez S. Ierome sur la Prophetie de Ieremie,
& ladicte Prophetie, & l'Ecclesiastic. au cha. 49. Iosephe liure des
Antiquitez 10. cha. 8.

BARVCH Prophete, fut secretaire ou escriuain de Iere-
mie, & escriuit sous luy le liure des choses qui deuoyent aduenir
à la ville de Ierusalem: aussi quand Ieremie fut emprisonné il le
seruit, & l'accompaigna en son exil, sans iamais l'abandonner.
Il leut sa Prophetie deuant le Roy Iechonias en la captiuité de
Babylone, & predist plusieurs & grans mysteres de l'incarna-
tion de nostre Sauueur Iesus Christ, & de la fin du mõde. Voyez
le liure de Baruch, & Iosep. li. 10. ch. 8. & le catalogue des Saincts.

[p. 93]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

93

[IEHOAKIM R. IVD.]

[IEHOACIN R. IVD.]

ELIACIM, qui eut aussi nom Ioacim, fut fils de Iosias,
Roy susdit & regna onze ans, apres que Ioachas, son frere puis-
né, eut esté déposé du royaume (ou il ne regna que trois mois)
par Nechao, ou Necho, Roy d'Egypte, qui le mena captif en son
païs, ou il mourut bien tost, & mit Eliacim Roy en son lieu, luy
changeant son nom Ioacim en l'an du monde 3326. auant la
natiuité de Iesus Christ 636. ans. Eliacim fut mal-eureux ido-
latre, & auare: aussi Dieu le punist: car Nabuchodonosor Roy
de Chaldee, le print, le feit lier de cheines pour le mener captif
en Babylone (y transportant aussi les vaisseaux du temple, les-
quels il feit seruir au sien) & depuis commanda qu'on le tuast &
iettast hors des murailles auec les autres corps mors (comme a-
uoit predit Ieremie qu'il seroit enseueli cõme vn asne) Car il re-
fusoit, payer le tribut imposé, & accordé, de cent talens d'argent,
& vn d'or: se fiant trop solemẽt que les Egyptiens affaudroyẽt
Nabuchodonosor, contre l'auertissement de Ieremie. Voyez le 4.
li. des Rois, cha. 23. & 24. le 2. li. de Para. cha. 36. & Ioseph. li. 10.
chap. 8. il regna onze ans.

IOACHIN, autrement dit Iechonias, fut fils d'Eliacim,
susdict, & luy succeda au royaume, auquel ne regna que trois
moys: qui fut en l'an du monde. 3337. auãt la natiuité de Iesus
Christ, six cens vint cinq ans. il fut meschant, ensuyuant les tra-
ces de son pere: se rendit à Nabuchodonosor par le cõseil de Iere
mie, auec toute sa famille, à ce que Ierusalẽ ne fust point destrui-
te, & que les gens n'eussent aucun mal: mais Nabuchodonosor
ne luy tint pas foy: ains l'ẽmena captif en Babylone auec les sei-
gneurs, gẽs-de-guerre, & artisãs, au nõbre de dix mil. Apres cet
te trãsmigratiõ, & captiuité de 37. ãs, Euilmerodac successeur de
Nabuchodonozor, mit Ioachin en liberté, qui, peu apres ẽgẽdra
Mesezebel, surnõmé Salathiel. Voyez Ier. cha. 32. & 52. & Philõ.

[p. 94]

Fac-simile de la page

94

LA PREMIERE PARTIE DV

[NABVCHODONOSOR M. R. B.]

[ZEDECHIAS R. IVDA]

NABVCHODONOSOR la grand, que les Ebreux
appellẽt Naducadnezer, cõmẽça regna en Babylone l'an 4. du
regne d'Eliacim susdit, & regna 42. ans. Il dõna la bataille à Pha
rao Necho Roy d'Egypte, pres Circhamis, ou Archamis, ville, &
le vainquit: print toute la Syrie depuis Eufrates iusques à Pelu-
siũ, fors la Iudee. depuis rẽdit Eliacin tributaire, & 3. ans apres,
refusant le tribut, le feit son prisonnier, le lia de chaines pour le
mener captif en Babylone, puis se rauisa, & le feit tuer, comme ia
ay dit: & en son lieu mit Ioachin fils d'Eliacim: peu apres y re-
tourna en armes, print ledit Ioachin, & l'emmena auec dix mil
captifs, laissant en son lieu Sedechias. Puis encor enuoya son cou
ronal Nabusardã, qui print la ville, & le Roy Sedechias refusant
le tribut promis. Or s'eleua Nabuchodonosor en orgueil: mais
par punition de Dieu, deuint fol, & fut dechacé de son royaume
par ses seruiteurs: erroit par les champs, mangeãt herbe & foin
cõme un bœuf, par 7. ans: son corps fut teinct de la rosee du ciel,
iusques à ce q son poil creut cõme celuy d'vn aigle, & ses ongles
cõme les ongles d'oiseaux. mais Daniel captif, prioit Dieu pour
luy, si qu'il reuint en son bon sens, recongnut Dieu, & fut remis
en son royaume. Voyez comme dessus, & les li. de Daniel & Iu-
dith, iusques aux 3. ou 4. premiers cha.

SEDECHIAS, dict Mathanias, fut fis de Iosias, & tint
le royaume de Iuda 11. ans: il fut mis au lieu de son nepueu Ioa-
chin, sous cõdition de payer tribut à Nabuchodonosor: mais ne
tint sa foy, croyant plustost aux paroles des meschans, qu'à Eze
chiel & Ieremie. dont aduint que luy fut mené captifs en Baby-
lone, l'an du monde 3348. auant la naissance de Iesus Christ
614. ans, & lors fut la grande captiuité de Babylone. Les enfans
de Sedechias furent tuez deuant luy, & puis luy-mesme eut les
yeux arrachez. Voyez comme dessus, & Iere. & Eze.

[p. 95]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

95

[DANIEL PROPH.]

[EZECHIEL PROPH.]

DANIEL Prophete, prophetisoit du tẽps de Ioachin Roy
de Iuda, dict Iechonias, & aussi du temps de Ieremie: il fut emme
né captif en Babylone par Nabuchodonosor en l'an du monde
3348. auant la natiuité de Iesus Christ 614. ans: il aprint auec
ses cõpaignons les arts & la langue des Chaldeens, par 3. ans: &
exposa les songes de Nabuchodonosor, & la vision de Baltasar.
Au reste commẽt il fut mis en la fosse aux Lions, & comment il
en fut mis hors: comment aussi l'Ange Gabriel luy declara la-
sion des 70. hebdomades, & du songe de 4. bestes, qui sont les 4.
monarchies, & cõment il deliura Susanne, voez le li. de Daniel.
& Iose. li. 10. cha. 12. Nabuchodonosor le nõma Baltasar, comme
son fils, & le vouloit faire son heritier auec ses enfans (par ce
qu'il auoit prié Dieu pour luy, & predit qu'il reprendroit la for-
me d'homme, & le royaume) mais il ne voulut accepte l'hoirie.
il mourut en Babylone, & fut enterré en vne cauerne royale ho
norablement. Voyez Epipha.

EZECHIEL (Prophete du temps de Ieremie, Baruch, &
Daniel) fut bien ieune mené captif en Babylone auec les autres,
ou il commença à prophetizer en l'an du monde 3349. auant
la natiuité de Iesus Christ 613 ans. il prophetiza en Chaldee
quand Ieremie prophetizoit en Iudee: & est sa prophetie bien
ample: Voyez là, & Iosep. liu. 10. cha. 9. & l'Ecclesist. cha. 49. En
Babylone il fut Iuge des lignees Dan & Gad, & predist que par
leur faute le peuple ne retourneroit iusqu'à ce qu'ils eussent reco
gnu leur peché, pource le tirerent auec des cheuaux parmi des
roches, & luy rompirent la ceruelle, & l'enseuelirent au sepul-
chre de Sem & Arphaxad. Voyez S. Iero. & la chro. de Guillel.

[p. 96]

Fac-simile de la page

96

LA PREMIERE PARTIE DV

[TARQVINIVS PRISCVS]

[ TANAQVIL TARQVIN. ]

TARQVIN le Prisque, ou l'ancien, qui premierement
auoit nõ Lucumo, fut cinqieme Roy des Romains, l'an du mon
de 3349. auant la naissance de Iesus Christ 613. ans. Il dou-
bla le nombre de Senateurs, & aussi des Cheualiers: enuironna
de fortes murailles vne partie de Romme: institua aucuns ieux
de grand appareil, & magnificence: vainquit les Sabins, dompta
les Latins: fut le premier qui entra en triomphe à Romme. Feit
vne ceinture de murs à Romme, pour exercer les cheaucheurs,
& luiteurs: & l[']on appeloit ce lieu Cirque, parce qu'il estoit rõd,
comme vn cercle. Il commença de bastir le Capitole, ainsi nom-
mé, à cause qu'on y trouua vne teste d'homme. Mais en l'an 37.
de son regne fut tué par les enfans d'Ancus Martius, auquel il
auoit succedé. De son temps fut Ierusalem prinse & destruicte
par Nabuchodonosor, comme auons dit: & la ville de Marseille
bastie. Voyez Tite-Liue li. 1. & 1. Decade: Denis de Halicar. liu. 3.
& Eutrope li. 1. Cestuy fut le premier qui par ambicion feit bri-
gue & harangue pour paruenir à la couronne.

TANAQVIL fut femme de Tarquin le Prisque, que les
Latins appellent Tarquinius Priscus. Elle estoit bien experte &
entẽdue en augures, prodiges, diuinations, comme estoyent
communement les Etrusques. & fault entendre que comme son
mari, auant qu'il fust Roy, entroit premierement à Romme, vn
aigle voletant doucement sus la teste de luy, print son bonnet
ou chapeau, puis incontinent, comme enuoyé pour celeste messa
ge, le luy remit honnestemẽt sus la teste: adonc Tanaquil embra
ce son mari, & luy donne courage d'auoir bonne esperance: luy
asseurant que ce presage ou augure, luy signifioit qu'il paruien-
droit à dignité royale: autãt en dit elle de Seruius Tullius, quãd,
luy ieune enfant, & dormãt, vne flãme de feu apparut sus sa teste:
& auint que tous deux depuis furent Roys. Voyez cõme dessus.

[p. 97]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

97

[SAPHO LESB POET.]

[PANTHEA VX ABRAD.]

SAPPHO fut femme Poete, du temps de Tarquin Pris-
que, & d'icelle Plato mesme, admiroit la sapience: toutesfois
estãt veuue d'vn homme bien riche de qui elle eut vne fille, s'en-
amoura de Phaon demesurément: car comme il fut allé en Sici-
le, & elle eust doute d'estre peu aymee de luy, d'vne ardeur & ra-
ge impatiente d'amour proposa au peril de sa vie, appaiser ceste
fureur, & se ietta d'vn mõt d'Epire en la mer: Elle eut pour amie
Erinne, aussi Poete: & l[']on trouue en vn epigramme Grec, que
d'autant que Sappho en vers lyriques passoit Erinne, d'autant
Erinne passoit Sappho en vers exametres. Elle inuẽta vne sorte
de vers qu'on appelle Sapphiques, à cause de son nõ: elle fut dicte
la 10. Muse, & nombree entre les 9. Poetes Lyriques. Elle estoit
de Metelin ou y eut vne autre Sappho, mais de mauuais bruit.
Voyez Rhodig. li. 9. cha. 24. & liu. 10. cha. 2. & liu. 14. cha. 1. & la
21. epistre d'Ouide.

PANTHEE femme d'excellente beauté & chasteté, estãt
prinse en guerre par Cyrus, fut baillee en charge à Araspes, qui
afferma deuant Cyrus qu'onques n'estoit nee femme plus belle.
toutesfois Cyrus constant n'alla vers elle, ny ne la manda, pour
ne distraire son esprit de ses emprises. elle voulant recõgnoistre
cela pour vn grand bien, à sauoir qu'il ne l'auoit visitee, ny pres-
see de son honneur, incita son mari, qui n'estoit pas captif, pre-
dre alliance de Cyrus, & luy venu auec ses gens-de-guerre, fut
par elle mesme animé, & armé, à combatre pour Cyrus: mais il y
demoura: & elle mettant la teste sus l'estomac de son mari mort,
se coupa la gorge: autant en feirent trois de ses seruiteurs, qui
auoyent veu ce piteux cas. Voyez la Cyropedie de Xenophon
li. 7. & Rhodig. li. 13. cha. 33.

h

[p. 98]

Fac-simile de la page

98

LA PREMIERE PARTIE DV

[THALES MILESIVS]

[CHILON LACED.]

THALES, de Milet, ville d'Ionie (quelcun l'appelle Tha-
les de Milesie, monstrant son ignorãce) fut appelé premier sage
& Philosophe Physicien, en l'an du monde 3325. auant la nati-
uité de Iesus Christ 637. ans, du temps de Iosias, Roy de Iuda:
autres le mettent du temps d'Ezechias & de Romulus, & mal,
car il vesquit iusqu'à Cyrus: quelcun le met encor du temps d' A-
chas, qu'il nomme mal Acham. Il estoit de la race de Cadmus &
Agenor: & venãt de Phenice auec Neleus, fut receu bourgeois
de Milet: dont on l'appelle Milesien, mais nõ pas de Milesie, car
seroit mal entendu. apres qu'il eut vacqué aux affaires de la Re-
publique, s'addõna, à la Philosophie. aucuns le dient auoir le pre-
mier dit, les ames estre immortelles, & auoir compassé le cours
du Souleil. S[']ensuyuent aucunes de ses sentences: Peu parler, est
signe d'un esprit sage & raßis. Ne fay ce que blasmes en autruy.
Nous deuons auoir pareille souuenãce d'amis absens & presens. Ne
te fay point riche par iniquité. Comme tu auras fait à pere & mere,
tes enfans te feront. Dieu congnoit bien non seulemẽt ceux qui mal font,
mais ausßi ceux qui mal pensent. Il est bien difficile de se congnoistre.

Voyez Dioge. Läer. li. 1. il vesquit plus de cent ans.

CHILO Lacedemoniẽ, l'vn des Ephores, & des sept sages
de Grece, estoit du temps de Thales, de Solon & d'Esope, ce dit
Plutar. en Solon. S[']ensuyuent aucunes de ses sentences: Tous-
iours fault refrener sa langue, mais principalement en banquets. Il ne
fault menacer personne, car c'est à faire aux femmes. Il vaut mieux
perdre, que profiter iniquemẽt. L'or s'esprouue à la touche, & le cueur
de l'homme à l'or.
Voyez comme dessus. il mourut de ioye que son
fils fut couronné aux ieux Olympiques.

[p. 99]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

99

[PITHACVS MYTHEL.]

[BIAS PRIAENEVS]

PITTACVS estoit de Mitylene, ville de Lesbos (isle que
l[']on dit Methelin) dont il dechacea vn tyran: vainquit & tua en
combat particulier, Phrynon chef des ennemis, enuelopant ice-
luy subtilement d'vn filé, ou rets, qu'il auoit mis sus son bouclier:
ainsi gaigna pour son païs les terres querelees, en l'an du monde
3356 auãt la natiuité de Iesus Christ 606. ans. Il fut Seigneur,
& cõme Roy, par dix ans. puis de son gré laissa chette charge, mes
me des terres qu'on lui dõna, en laissa vne partie, disant, la moitié
est plus que le tout
. Voir dans les Adages d'Érasme, ad. 895, Dimidium plus toto. Batailla cõtre Cresus, (comme aussi feit Solon)
& mesme refusa son or & argent, protestant qu'il auoit deux
fois plus qu'il ne vouloit: ordõna que les yurongues fussent pu-
nis au double. S[']ensuyuent aucunes de ses sentences: Estre en
autorité esprouue l'homme. La terre est fiable, la mer non. C'est le
faict d'vn sage de preuoir les infortunes, & y obuier: & d'vn fort de
cueur, quand elles sont auenues, les porter patiemment. Ne reuele ce que
tu veux faire, car si tu n'en viens à chef, tu seras mocqué. Ne reproche
à personne son maleur.
Voyez Dioge. Laër. li. 1.

BIAS de Priene (ville pres de Milet, la riuiere de Meãdre en
tre deux) cõme chacun s'enfuyoit troussant ses hardes, à la prin-
se de la ville, & luy n'emportant rien, fust aduerti de faire le sem
blable: respõdit, ie le fay, car ie porte tout mon bien auec moy:
ainsi ne voulut estimer ses biens, les abus & ieux de fortune, que
l[']on estime tant: autant en dist Stilpo à Demetrius Poyorcetes, à
la prinse de Megare. S[']ensuyuent aucunes sentences de Bias, qui
mourut doucement, endormi au giron du fils de sa fille: Mal-
eureux est qui ne peult supporter mal-heur, ou male fortune. C'est vne
maladie d'esprit, aymer & conuoiter les choses impoßibles, & n'auoir
souuenance des pertes & experiences d'autruy. Pour cause des riches-
ses ne louë l'homme indigne. Attribue à Dieu tout le bien que tu feras.
Voyez comme dessus. & Cice. aux Para. Vale. li. 7. cha. 2.

h 2

[p. 100]

Fac-simile de la page

100

LA PREMIERE PARTIE DV

[CHLEBOLVS LINDIVS]

[PERIANDER REX]

CLEOBVL de Lindus, anciennement ville de l'isle de
Rhodes, fut l'vn des sept Sages de Grece: & passoit de force &
de beauté tous ceux de son temps. on luy attribue l'enigme suy-
uant: Vn pere de douze enfans, dont chacun a trente fille, mais
toutes differentes, celles-cy sont blanches, celles-là sont noires
de visage: & cõbien, qu'elles soyẽt immortelles, nonobstãt elles
meurent toutes. Or cela signifie l'an, qui a douze moys, chacun
desquels a trente iournees: lesquelles sont bigarrees, car de iour
sont blanches, & de nuict noires: & iaçoit qu'elles soyẽt immor-
telles, c'estadire qu'elles retournent tousiours, toutesfois elles
meurent tout incontinent l'vne apres l'autre. S[']ensuyuent au-
cunes sentences de Cleobul: Entretien tes amis par bien-faicts, à
ce qu'ils te soyent encor plus amis: & de tes ennemis fays en tes amis.
Il fault estre plus prest & curieux d'escouter que de parler. Auec
femme ne fault vser de mignotise & flaterie: ny außi en preference d'estran
gers, tenser & debatre: cela demonstre l'homme sot: ceci, l'homme fol.

Voyez Diog. Läer. li. 1. il eut vne fille Cleobuline, renommee en
enigmes qu'elle mit en vers heroiques.

PERIANDRE de Corynthe, fut l'vn des sept sages de
Grece: il y en a qui s'abusent en le prenãt pour le tyran qui estoit
du temps de Sedechias: mais y en a eu deux de ce nom, & tous
deux de Corynthe: l'vn renommé en sagesse, l'autre en tyrãnie,
qui sont choses bien contraires. Voyez Rhod. li. 21. cha. 37. S['] en-
suyuent aucunes sentences de Periander: Tranquillité est bonne
chose, temerité est dangereuse. Gain ou profit terrien, est chose vile.
Plaisirs mondains sont transitoires: honneurs par vertu, sont immortels.
En prosperité sois moderé: en aduersité sois auisé, & prudent. En pro-
sperité ou aduersité d'amis, sois leur tousiours semblable.
Voyez comme
dessus.

[p. 101]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

101

[SERVIVS TVL R ROM]

[CRESA CORNI M SER TVL VX PVBL CORN]

SERVIVS Tullius fut 6. Roy des Romains, en l'an du
monde 3387. auant la natiuité de Iesus Christ 575. Estant
ieune enfant, vne flamme de feu apparut sus sa teste sans luy fai-
re aucun mal (comme i'ay dit aussi d'Ascanius:) qui signifioit que
quelque fois il seroit Roy, comme Tanaquil interpreta, laquelle
depuis le nourrist soigneusemẽt, auec ses enfans: & puis il espou-
sa la fille de Tarquin susdict, & de Tanaquil: apres la mort du-
quel Tarquin Prisque, ledict Seruius Tullius fut eleu Roy des
Romains par les Senateurs, & puis par le peuple. Il surmonta les
Sabins, vainquit les Etrusques, cõtre lesquels eut guerre par l'e-
space de vingt ans: dont les plus rebelles estoyent les Ceretãs, &
Vegens. fut le premier qui ordonna le cens, c'estadire que chacũ
bailleroit le denõbrement de ses biens par deuant les Censeurs,
pour selon la valeur d'iceux, estre cottisé: chose (comme dit Tite
Liue) tresutile à vn si grand Empire futur. Lors se trouua quatre
vingts quatre mil chefs, tant de la ville de Romme que des
champs. Il amplifia la ville de trois monts, Quirinal, Viminal, &
Esquilin, & feit des fossez enuiron les murailles: & fut tué l'an
44. de son regne, par Tarquin l'orguilleux, qui estoit son gen-
dre, & à la suasion mesme de Tullia sa propre fille. Voyez Tite-
Liue li. 1. de la 1. Decade. Eutrope aussi. li. 1. & Denis de Hali. li. 4.

OCRISIA, femme de Publius Cornicula, fut mere de Ser
uius Tullius, & serue captiue de Tanaquil, Royne susdicte. Pli-
ne li. 36. cha. 27. racompte merueilles de ceste Ocrisia, comment
elle conceut Seruius Tullius: vous le pouez lire.

h 3

[p. 102]

Fac-simile de la page

102

LA PREMIERE PARTIE DV

[AESOPVS PHRIGIVS]

[RODOPE MER]

ESOPE fut vn homme fort laid, & difforme de corps & de
visage: mais d'esprit fin & rusé, & de propos ioyeux, & recreatif:
fut serf de condition & estat: viuoit du temps de Cresus Roy des
Lydiens: (dont ie parleray cy-apres, & en la page suyuante, & là
pourrez veoir la date du temps qu'il estoit viuant) estoit natif de
Phrygie. Il a escrit des fables qu'Aristote ne dédaigne point d'al
leguer au 2. li. de sa Rhetorique, ne Platõ aussi en son Phedre: &
Apuleius de Deo. sem. En cest endroit-ci, ny le lieu ny le tẽps ne
me permettent racompter sa vie, ny ses fables: & aussi elles sont
si cõgnues, & communes, qu'il n'est ia besoing m'en trauailler ici.
Qui voudra, voyez & lise Raphael Volaterran liu. 13. & 38. & la
vie d'Esope descrite en Grec par Maximus Planudes, qui a aussi
esté traduite en latin. Il fut par enuie, fausement accusé de larre-
cin en la vie de Delphos: & luy auoit-on mis secrettement en
sa couche vne fiole d'or, dont puis apres surprins, & accusé, luy
poure innocent fut ietté du haut d'un rocher: & ainsi mourut.

RHODOPE, ou Rhodopis, estoit vne femme de mauuais
gouuernement de son corps, tresbelle toutesfois, & natiue de
Thrace: elle fut serue, ou seruante, en la maison mesme ou Esope
estoit serf, ou seruiteur, & tout d'vn temps. Depuis fut affrãchie,
deliuree de seruitude, & rachetee à grosse somme d'argent par
Caraxus, frere de Sapho. Pline li. trẽte six cha. douze, escrit qu'el-
le, par sa beauté, amassa tant d'argent, qu'elle feit bastir & eriger
vne triomphante & somptueuse tour, ou pyramide.

[p. 103]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

103

[CROESVS REX LID]

[SOLON SA LAMIN]

CRESUS fut Roy de Lydie en l'an du mõde 3402. auant
la natiui. de Ies. 560. ans. Luy estãt fort abondãt en tresors, se-
courut les Babyloniens contre Cyrus: toutesfois viancu, se reti-
ra en son royaume de Lydie. Mais Cyrus venu au dessus de ses
affaires contre les Babyloniens, se iette en armes sus la Lydie, ou
il deffit facilement l'arme de Cresus, ia affoiblie, & estonnee du
mauuais choc de la fortune, qui auoit bien-dit à Cyrus. Ainsi Cy
rus prend Cresus, le fait lier, & mettre svs grand tas de bois
pour le bruler tout vif auec 14. ieunes enfans Lydiens. Lors Cre
sus s'escria par trois fois à haulte voix: O Solon, Solon, Solon. Ce que
Cyrus entendant, voulut sauoir que signifioit: & Cresus respon-
dit, que sus l'heure luy estoit souuenu que Solon luy dist vne fois,
Que nul n'est bien-heureux en ce monde auant la mort. Adonc Cyrus se
repentit, recongnoissant que luy aussi estoit homme, & que la
fortune luy pourroit vn iour autant mal dire. si commanda que
le feu, ia alumé, fust tost estaint. & depuis eut Cresus en grand
honneur, & le feit l'vn des principaux de son conseil. Voyez He
rodote, lib. 1. & Iustin li. 1.

SOLON, l'vn des sept sages de Grece, dõna loix aux Athe-
niens, abolist celle de Draco, qui estoyent trop seueres: fors tou
tesfois celles qui punissoyent l'homicide: refusa la principauté: &
mesme voyant Pisistratus son parent l'vsurper, demanda aux
Atheniens licence pour dix ans, & alla en Egypte vaquer à l'e-
stude de sapience. Puis mandé par Cresus, & ayant veu tous ses
tresors, ne les estima rien: disant que Nul n'est bien-heureux auant la
mort. Voyez Plutarque en Solon. il mourut à Rhodes aagé de
80. ans.

h 4

[p. 104]

Fac-simile de la page

104

LA PREMIERE PARTIE DV

[CIRVS]

[TOMIRIS SCYTAR REGIN]

CYRVS fut premier Roy de Perse l'an du mõde 3403.
auãt la nat. de Ies. 559. ans & regna 30. ans. il fut fils de Cãbyses,
& de Mandane, qui estoit fille d'Astiages, Roy des Medes. A
douze ans les bergers l'appelerẽt Roy, par ieu: car entre eux fut
nourri, par ce qu'Astyages, qui auoit songé que de la nature de sa
fille sortoit vn sep de vigne, qui couuroit toute l'Asie, cõmãda à
Harpagus qu'il print Cyrus, & le tuast: mais Harpagus le bailla
à Mithridates, lequel le bailla à sa femme Cyno, qui l'alaicta au
lieu du siẽ, mort. Deuenu grãd, feit guerre cõtre Astyages, par la
menee de Harpagus, chef d'armee d'Astyages, qui se vouloit vẽ
ger du Roy, qui luy auoit fait manger de la char de son fils, par
ce qu'il n'auoit tué Cyrus, quand il fut né: toutesfois les Medes
meirent en fuite les Persans: mais leurs meres & femmes leur
vont au deuant & descouurans leurs ventres, demandent s'ils
veulent rentrer dedans, & s'y cacher: lors de honte retournent
en bataille, & la gaignent. Adonc fut Cyrus Roy de Perse &
de Mede: il print Babylone (selon la Prophetie de Daniel) & en
fut occis le Roy, Baltasar, & vingt ans deuãt, auoit regné sur les
Medes. Daniel ch. 5. & Esd. li. 3. cha. 3. l'appellent Darius. Voyez
Iustin li. 1. Herod. li. 1. Oro. li. 2. ch. 6. Plut. des Dames. Xeno. li. 8.

TOMIRIS, Royne des Massagetes, pour se venger de la
mort de son fils, que Cyrus auoit deffait & occis auec les siẽs, par
vne ruse, & surprise feit guerre cõtre Cyrus, & le surprĩt (auec les
siens, ioyeux de la recẽte victoire) par mesme dol qu'il auoit fait
l'autre: & de ses gens qui estoyẽt vingt mil, iamais hõme n'en re-
tourna dire des nouuelles. Elle feit chercher le corps de Cyrus en
tre les morts: luy feit trẽcher la teste, qu'elle mit dãs vn vaisseau
plein de sang humain, en disant: O Cyrus, tu as tué mon fils par dol, &
surprinse, & as eu soif du sang humain, dont tu as esté insatiable par tren
-te ans, maintenant saoule toy de sang humain. Voyez comme dessus.

[p. 105]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

105

[ZOROBABEL D. IUD.]

[IEHOSVA SVM. SACER.]

ZOROBABEL, fils de Salathiel, fut Duc, Chef, ou Ca-
pitaine & gouuerneur des Iuifs en l'an du monde 3418. auãt la
natiuité de Iesus Christ 544. ans. Par la permission de Cyrus
Roy de Perse (dont auons faict mention ample, cy-deuant en la
page prochainement precedente) lequel Cyrus auoit prins Baby
lone, & transporté le royaume & Monarchie aux Perses, Zoro-
babel sortit de la captiuité Babylonique auec le Grand-prebstre
ou Pontife Iosue, & plusieurs mille des Iuifs, qui commencerẽt à
reedifier le temple depuis les fondemens, mais l'œuure fut em-
peschee premierement par les peuples circonuoisins, puis par
Cambyses fils de Cyrus, lequel Cambyses est appelé Artaxer-
xes: mais apres luy Darius fils de Hystaspes permit poursuyure
l'edifice encommencé. Voyez Esdras 1. liu. 1. cha. & les chapitres
suyuans, & pareillement Aggee & Zacharie prophetes: aussi le
Ecclesiastique chap. 49. & Iosephe liu. des Antiquitez 10. chap. 1.
Carion li. 2.

IEHOSVA ou Iosue, autrement aussi nommé Iesus, fut
Grand-prebstre ou Pontife des Iuifs, du temps de Zorobabel
susdict. Voyez les liures & passages alleguez cy-dessus. Philon re
cite que cestuy a escrit l'histoire de Iudith & d'Hester.

h 5

[p. 106]

Fac-simile de la page

106

LA PREMIERE PARTIE DV

[HIPONAX EPHESIVS]

[BVPALVS ET ANTERINVS]

HIPPONAX, Poete Iambique, fut renommé de grande
laideur & difformité: pourquoy Bupalus & Anthermus, scul-
pteurs, ou imagers, le contrefeirent, & meirent en euidẽce publi
quemẽt son image, ou effigie, par maniere de moquerie, & pour
faire rire les gens. Ce que le Poete eut à si grand deplaisir, & por
ta si indignement, & impatiemment cest outrage, qu'il desgaine
l'espee de son esprit, à sauoir ses vers, contre eux, auec telle vehe-
mence & vindication, que d'aucuns dient qu'il les contraignit à
se pendre: tant trouuerẽt amere & poignante la force de sesdicts
vers. L[']on dit aussi qu'il inuẽta le Scazon, qui est vne certaine es-
pece de vers iambic, lequel vers iambic, de son nom, fut appellé
Hipponactic. Voyez Pline li. 36. cha. 5. Cestuy Hipponax viuoit,
& Poetisoit en honneur, enuiron l'an du monde 3424. auant
la natiuité de Iesus Christ 538.

BVPALVS & Anthermus, freres, & fils d'Anthermus de
l'Isle de Chios, furent tailleurs d'images singuliers, & fort renõ-
mez. L'on tient qu'ils feirent vne image à la semble du Poëte
Hipponax, pour moquerie, à cause qu'il estoit fort laid, comme
i'ay dit: mais quant à ce que l[']on dit qu'ils se pendirẽt, se sentans
touchez au vif par les vers & vengence du Poete, Pline n'en est
d'opinion: ains dit que depuis les vers ainsi composez, feirent
plusieurs images aux liuex circonuoisins, mesme en Delos, sous
lesquelles, y mirent des vers à leur louange sous tel sens, que
l'isle de Chios n'estoit point seulement renommee en bon vin,
mais aussi en bons ouuriers & artisans, fils d'Anterhmus. L[']on
dit qu'en icelle isle y auoit l'image de Diane, de leur ouurage, la-
quelle mise en lieu haut, monstroit triste visage à ceux qui en-
troyent, & ioyeux & riant à ceux qui sortoyent. Voyez comme
dessus.

[p. 107]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

107

[L. TARQVIN SVPERBVS]

[TVLIA VXOR T.S.]

TARQVIN le fier 7. & dernier Roy des Romains, re-
gna 25 ans, commenceans en l'an du monde 3431. auant la na
tiuité de Iesus Christ 531. ans. il fut fils de Tarquin le Prisque,
& gẽdre de Ser. Tullius. Ayãt prins la dominatiõ sans election
des Senateurs ny du peuple, feit mourir les principaux, & son
nepueu Tarquin, fils de sa sœur, & frere de Brutus, à cause qu'ils
auoyent donné faueur à son dict precesseur Ser. Tullius. Fut le
premier qui inuẽta plusieurs sortes de tormẽs, nerfs de taureaux
pour foyter, bastonnades pour fraper, cheines & carquants pour
lier & enferrer, fers chauts pour bruler, & bannissemens. Il vain
quit les Volsques, sur lesquels print d'assaut Suesse-Pometie, &
Gabes, deux bonnes villes, & fortes: edifia vn temple à Iuppiter,
au Capitole. Mais assiegeant la ville Ardee, fut auec toute sa ra-
ce, dechacé par les Rõmains, desquels il estoit haï, qui prindrẽt
occasion sur l'efforcement faict à la chaste Lucrece, par le fils du-
dict Roy. Ainsi la gẽs-d'armerie le delaissa: & luy s'en vint pour
entrer à Romme, ou il trouua visage de bois. Voyez Tite-Liue
li. 1. Denis de Hali. li. 4. & Eutro. li. 1.

TVLLIE, fut femme de Tarquin l'orguilleux, & fille de
Ser. Tullius, tresmechante: car outre ce qu'elle fut consentant
à la mort de son pere, elle se feit porter audacieusement dans vn
chariot, au Palais, ou s'assembloyent les gens d'autorité, & sans
aucune reuerence enuers eulx, appela son mari, & luy sorti, adõc
elle par vne arrogance fut la premiere qui l'appela Roy: Puis
l[']on dit qu'au retour, elle commanda au chartier faire passer le
chariot sus le corps de son pere, qui estoit là tout mort estendu
en la rue. Voyez comme dessus.

[p. 108]

Fac-simile de la page

108

LA PREMIERE PARTIE DV

[CAMBISES PERS. REX]

[OLOFERNES]

CAMBYSES, fils de Cyrus, fut second Roy de Perse, en
l'an du monde 3433. auãt la natiuité de Iesus Christ 529. ans.
Esdras li. 1. cha. 4. l'appelle Artaxerxes, & dit qu'il feit cesser la
reedification du temple, & cité de Ierusalem, que son pere auoit
permise. Sous cetuy les Hebreux diẽt auoir esté faict ce que nous
lisons en l'histoire de Hester: les autres le remettent au regne de
Darius, fils d'Hystaspes. Il vainquit Psammenit, dernier Roy de
Egypte, & adiouta ce royaume au sien. Estant fasché des super-
stitions des Egyptiens, commanda abbatre le temple d'Apis, &
de leurs autres dieux, ou idoles. Aussi enuoya son armee pour
destruire le temple de leur dieu Ammon: mais icelle siẽne armee,
fut toute perie, & perdue dans ses sablons mouuans de Libye, la
deserte. Il feit tuer son frere Smerdis: print sa sœur en mariage,
laquelle aussi puis apres il occist. En fin se tua soy-mesme de sa
propre espee, comme il assiegeoit Actabane en Egypte, l'an 8. de
son regne. & apres luy regna Smerdes Magus sept moys: puis
apres Darius fils de Hystaspes. Il y a eu vn autre Cãbyses, ayeul
paternel de cestuy. Voyez Hero. li. 3. Xenophon li. 8. de la Cyro-
pedie. Iustin li. 1. Iosephe li 11. cha. 2.

HOLOFERNES, Chef de l'armee de Cambyses, fut par
luy enuoyé contre les nations qui ne se vouloyent rendre à luy:
& luy fut commandé ne pardonner à nul. Or comme il assigeoit
Bethulie, les habitans mourans de soif, se vouloient rẽdre à luy:
mais par le faict Heroique de la prudente & vaillante Dame Iu-
dith, furent deliurez: car elle coupa la teste à Holofernes. Voyez
le liure de Iudith.

[p. 109]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

109

[EPIMENIDES CRETEN]

[PITHAGORA SAMI]

EPIMENIDES Poete natif de Cãdie, comme les Athe-
niens estoyent persecutez de peste, dist qu'il faloit expier, c'esta-
dire purger la ville d'Athenes par certaines ceremonies, & sacri-
fices. les habitans ayans ouy le bruit de ce propos, enuoyerent
vers luy, & le prierent de venir en la ville pour faire l'expiation
qu'il entendoit, contre la pestilence. Luy venu, commanda im-
moler & sacrifier en la place dicte Aeropage, des brebis blãches
& noires. Puis ayant appaisé ceste pestilence, s'en retourna en
son païs, & ne voulut prendre aucun argent des Atheniens: car
aussi Poetes ne sont pas communemẽt subiets à l'auarice. Estant
ieune, fut enuoyé en chãps par son pere Agiasarchus, pour gar-
der les brebis, & dit-on qu'il s'endormit en vne cauerne par l'e-
space de pres de 80 ans. l[']on dit aussi qu'il fut le premier qui ex-
pia maisons, & chãps: il expia Athenes en l'an du monde 3368.
auant la natiuité de Iesus Christ, 594. ans. Voyez Diog. Laer.
li. 1. Plato. li. des loix. 1. & 2. Apul. li. 2. des Florides.

PYTHAGORAS Philosophe, natif de l'isle de Samos,
florissoit en l'an du monde 3439. auant la natiuité de Iesus
Christ 523 ans. il fut le premier qui dist, Amitié estre vne equa-
lité,
Voir dans les Adages d'Érasme, ad. 2, regroupant les symboles pythagoriciens. & qu'entre les amis tous biens sont communs: Voir dans les Adages d'Érasme, ad. 1, Amicorum communia omnia. aussi ses disciples met
toyent tout en commun, & faisoyent silence par cinq ans. Il de-
fendit manger chose qui a vie, acoutumant les gens à viure plus
facilement. l[']on dit qu'il fut le premier qui enseigna aux Grecs à
peser & mesurer: & que l'estoile du iour, & celle de la nuict, n'e-
stoit qu'vne. il disoit qu'il ne fault point outrepaßer la balance, ny tou-
cher le feu auec une espee, ny pisser contre le Soleil, ny aller hors le grand
chemin.
& plusieurs autres sentences que pouuez voir en Diog.
Läer. li. 8.

[p. 110]

Fac-simile de la page

110

LA PREMIERE PARTIE DV

[DARIVS HIST FIL PERS REX IIII]

[ZOPIRVS NOB PER]

DARIVS fils de Hystaspes, fut eleu Roy de Perse, à cause
du hannissement de son cheual: & regna 36. ans, commenceans
en l'an du monde 3441. auant la natiuité de Iesus Christ 521.
an. deuant qu'il fut Roy, furent tuez Smerdis & Patizithes, qui
auoyẽt vsurpé le Royaume par force: mesme il tua Smerdis de sa
main, quãd Otanes eut descouuert que ce Smerdis n'auoit point
d'oreilles, & que ce n'estoit celuy qui estoit frere de Cambyses
(lequel de faict auoit esté tué par le commandement de Camby-
ses) nonobstant qu'il se dist estre luy, par ce qu'il luy resembloit
de nom, & de visage. Darius eut à femme Atossa, fille de Cyrus,
qu'aucuns dient estre Hester, & dient que ce Darius est nommé
Assuerus par Esdras. Il permis aux Iuifs retourner en Iudee, &
rebastir le temple, duquel il rendit les tresors: ordonna vingt
prouinces, ou il enuoya gouuerneurs. & leur imposa tribut à cha
cun tant: sous Cyrus & Cambyses ne se leuoyẽt tributs, ains
le peuple de son bon gré apportoit des presnes. il subiuga les Get
tes: les Thraces se rendirent à luy, mais les Scythes le feirent
fuyr. Voyez Herodo. li. 3. Iustin. li. 1. Oro. li. 2. cha. 8.

ZOPYRVS, comme Darius susdict assiegeoit Babylone
qui s'estoit reuoltee, & ne la pouuoit prendre, y ayant tenu siege
pres de deux ans, vsa d'vne ruse, & d'vn si grãd cueur, qu'il se feit
couper, tout à propos, les leures, le nez, & les oreilles, puis s'en-
fuit vers les Babyloniẽs, disant auoir esté ainsi mal traité de Da-
rius, & le menaceant de s'en venger. eux y adioutans foy, & bien
ioyeux de ceste rencontre, le feirent Chef de leur armee, dont
mal leur en print, car il rendit la ville à Darius: lequel l'ayma
tant, qu'il disoit mieux auoir vn seul Zopyrus, que
plusieurs villes pareilles à Babylone. Voyez comme dessus.

[p. 111]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

111

[TINVS COLLA]

[LVCRETIA COL VXOR]

TARQVIN Collatin, mari de la belle & chaste Lucrece,
estant au camp des Romains deuant la ville Ardee, soupoit vn
iour auec les Princes, & Seigneurs: le propos fut mis sus, à l'hõ-
neur des Dames, chacun louë sa femme par sus les autres: le de-
bat eschaufé, & le propos bien en train, Collatin va dire, quel
besoin est-il de tant de paroles? en peu de temps on peult sauoir
combien ma Lucrece surpasse toutes les autres. ils picquent ius-
ques à Rõme: trouuent les brus, ou belles-filles du Roy en ieux,
banquets, danses, pompes, & toutes dissolutions. puis vont en
Collace, ou trouuent Lucrece de nuict bien tard, occupee en ou-
urage de laine, au milieu de ses seruantes, chacune aussi occupee
à sa tasche. Si iugent qu'elle emporte le pris, sus le debat mis en
auant. Mais adonc la mauuaise concupiscence de violer Lucrece,
surprint Sext Tarquin: qui quelque iour apres, s'en vint auec son
espee toute nue vers elle dormant en son lict, lors que son mari
estoit au Camp: & iouït d'elle par force. la vengence suyuit de
bien pres le peché: car pour ce faict le pere fut dechacé du Royau
me, & le fils violateur fut tué. Voyez Tite-Liue li. 1.

LVCRECE noble dame Romaine, miroir de toute cha-
steté, incõtinẽt apres auoir esté violee par force, depesche messa-
gers vers son pere, & vers son mari: leur mãde venir en toute di-
ligẽce auec leurs amis, car vn grãd incõueniẽt est aduenu, qui-
quiert celerité. ils viennent: elle leur cõfesse que son corps a esté
violé, mais en se tuant tesmoigne que son cueur ne l'a point esté.
Brutus (comme le pere & mari estoyent troublez de plaints &
pleurs) tirant le glaiue, dont Lucrece s'estoit tuee, va iurer par le
sang treschaste d'elle, que par toute voye, il dechacera le Roy a-
uec toute sa race, ce qui fut fait. Adonc l'estat Romain vint aux
Consuls en l'an du monde 3456. auant la natiuité de Iesus
Christ 506.

[p. 112]

Fac-simile de la page

112

LA PREMIERE PARTIE DV

[CORIOLANVS PA RO]

[VETVRIA CORIO MAT.]

CORIOLAN, Patrice Romain fort belliqueux, apres
auoir rapporté maintes victoires aux Romains, mesme des Vols
ques, sur lesquels il print le chasteau nommé Corioli, dont luy
porte le nom de Coriolan, fut refusé demãdant l'office de Con-
sulat, & fut banni: car le peuple redoutoit sa trop grande audace:
iont qu'il estoit grand aduersaire des Tribuns, qui estoyent esta
blis pour defendre & soulager le peuple. Si se retire de despit
vers Volsques, qui le reçoiuent, & luy baillẽt gens pour aller
contre les Romains, lesquels il vainquit plusieurs fois: & mes-
me vint à vne lieuë ou deux pres de Romme, voulant destruire
son propre païs, & ne luy voulant pardonner (quelques ambassa
des & requestes que l[']on luy feist) iusqu'à ce que la mere & sa fem
me, portans deux de ses petis enfans, luy vindrent au deuant.
Voyez Tite-Liue lib. 2. Eutro. lib. 1. Ici appert la force & vertu
des pleurs & prieres des femmes: comme aussi de la femme de
Meleager, en la 3. epi. d'Ouide, que Briseïs enuoye à Achilles.

VETVRIA fut mere de Coriolan susdict, vers laquelle
allerent les Dames Romaines toutes esplorees, & feirent tant
qu'elle donna secours au grand danger ou le païs estoit: car elle
alla auec Volomnia, femme de son fils, & auec les deux petis Co
riolans, prier sondict fils en son cãp de se vouloir retirer, ce qu'il
feit à leur instance: iaçoit que ia prié & sollicité par deux ambas-
sades, n'en auoit rien voulu faire. Ainsi fut Coriolan adouci par
pleurs, & prieres de femmes, qui par nulles harãgues d'hommes
ne l'auoit peu estre. Pourquoy le Senat ordonna que seroit basti
vn femenin temple à la deesse Fortune, auquel les femmes fe-
royent tous les ans leurs sacrifices, à tel iour qu'elles auoyẽt de-
liuré la ville. Voyez comme dessus: & Denis de Hali. li. 7. & 8. Ce
fut faict en l'an du monde 3475. auãt la natiuité de Iesus Christ
487. ans.

[p. 113]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

113

[PORCENAC C.T.R]

[CLOELIA VIR R.]

PORSENA, autremẽt nõmé Lartes, Roy des Clusins, qui
estoyẽt en Hetrurie, recueillit le Roy des Romains, Tarquin
l'orguilleux qui estoit dechacé: & en sa faueur feit guerre contre
iceux, en l'an du monde 3457. auant la natiuité de Iesus Christ
505. ans: & estant accompaigné dudict Tarquin, & de ses fils,
tint la ville de Romme en crainte par 3. ans. mais le grand cueur
de Mutius Sceuola en deliura la ville: car il tua vn des Seigneurs
qui estoit aupres du Roy Porsena, comme il craingnont deman-
der lequel estoit le Roy. & n'y auoit pas long temps que Cocles
auoit aussi visé d'vne grãde prouësse: car faisant rompre le pont
Sublice, pour empescher que les ennemis entrassent en la ville,
ce pendant qu'on l'abbatoit, luy-mesme tenoit le pas contre les
ennemis. Aussi Publicola Consul, ioua d'vne ruse, tuant partie
des ennemis, qui furent enclos. Voyez Tite-Liue li. 2. & Mar-
tial, liu. 1. qui a fait vn bel epigramme de Sceuola.

CLELIA, fut l'vne des pucelles que les Romains baille-
rent en usage au Roy Porsena. iusques à ce que leur appointe-
ment fust parfaict: mais elle d'vn grand cueur de fille, comme
Porsena campegeoit assez pres du Tybre, incita ses autres com-
paignes à se sauuer, & fut leur guide à trauerser à nage le Tybre
(au desceu de leurs gardes) & les rendit à leurs parens. De quoy
le Roy Porsena irrité la mande requerir: on la luy renuoye: lors
tournant son ire en admiration, estima son faict par dessus celuy
de Cocles, & de Sceuola: & non seulemẽt ne luy feit aucun tort,
ains aussi l'honora, & lui dõna de grace, vne partie de ses osta-
ges. Les Romains pour memoire de sa magnanimité, luy feirent
dresser vne statue, representant vne fille à cheual. Voyez comme
dessus.

i

[p. 114]

Fac-simile de la page

114

LA PREMIERE PARTIE DV

[XERCES PERS. REX]

[CYMON D. ATHENIEN]

XERXES cinqieme Roy de Perse, fils de Darius Hysta-
spes, regna 20. ans, commençans en l'an du monde 3477. auãt
la natiuit de Iesus Christ 458. ans. il eut quelque different auec
son frere aisné Artabarzenes: mais le cas fut facilement apointé:
& fut conclu, que ce Xerxes, fils d'Atossa, seconde femme du-
dudict Darius, & fille de Cyrus, seroit Roy. Premierement subiu-
gua les Egyptiens qui s'estoyent reuoltez: puis mena si grosse ar-
mee contre les Grecs, que iamais n'en fut veuë, ny escripte de pa
reille, ce dient les auteurs: si qu'il faisoit tarir les petites riuieres,
comme Scamander, quand les hommes & cheuaux en auoyent
tous beu. Il estonna, & tormenta fort la Grece: brula Athenes, &
autres capitales circonuoisines. mais en fin fut bien repoulsé par les
vaillãs capitaines Leonidas, & Themistocles, & fut nauré deux
fois pour vn iour: mesmement fut contraint s'enfuir dans vne
petite barque de pescheur, & se sauuer en son païs. En fin fut tué
auec son fils Darius, par Artabanus, qui affectoit le royaume, le-
quel aussi receut son loyer par Artaxerxes. Voyez Iustin liu. 1. 2.
& 3. Plutar. en la vie de Themist. & d'Agesi. Herodo. lib. 7.

CIMON, vaillãt capitaine Atheniẽ, deffeit par deux fois
en vn iour l'armee de Xerxes, premieremẽt par mer, ou il print
200. vaisseaux, puis par terre: & feit tant qu'il dechacea tout le
reste hors de Grece. Puis feit encor plus fort: car il trauersa la
mer, & print vne partie d'Asie la mineur. Ainsi faict riche du bu-
tin des ennemis, en disribua grande partie aux poures: & d'auan
tage tint table ouuerte aux poures, & aux passans estrangers.
Voyez Plutar. en sa vie.

[p. 115]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

115

[ΘΕΜΙΣΤΟΚΛΗΣ ΑΘΗΝΑΙΟΣ]

[STESILEA]

THEMISTOCLES, Capitaine Athenien fort belli-
queux, eloquẽ & prudẽ, chacea les Persans, auec leur Roy Xer
xes susdict: reedifia Athenes, & l'enuironna de murs en l'an du
monde 3492. auant la nat. de Iesus Christ 470. ans: & tou-
tesfois ne fut point sans enuieux: & disoit souuent que les Athe-
niens ne luy donnoyẽt estat, office ou autorité de bon gré, ny ne
l'auoyent en estime: mais en troublement & tempeste auoyent
recours à luy, comme on se sauue de la nuee suruenant, souz l'ar-
bre nommé Platan: mais la tempeste passee, & le beau temps ve-
nu, ils le vouloyent arracher, & desraciner. Il fut donc dechacé,
& s'en alla vers le Roy de Perse, qui luy commanda faire guerre
contre les Grecs, & le feit Chef & cõducteur de son armee: mais
incontinent, vainqueur de son courage, & ne donnant tant de
lieu à son despit, ne voulut batailler contre son païs, pour quel-
ques hõneurs & biens que luy offrit le Roy de Perse: ains ayma
mieux prendre le choys de la mort, en beuuant du sang de tau-
reau empoisonné: soit qu'il le feit par pitié de son païs ingrant, ou
par desespoir d'estre vainqueur, lors que Cimon preux Capitai-
ne Athenien florissoit: craignant, possible, venir à deshoneur, au
lieu ou il auoit esté en honeur. Voyez Plutar. en sa vie. & Thucy.
liu. 1. aussi Erasme en ses apophtegmes liu. 5. & 8.

STESILEE, femme excellente en beauté, fut aymee de
Themistocles, & Aristides. & de là peult estre venuë l'enuie, &
inimitié qu'ils ont tousiours eu l'un cõtre l'autre: ia-soit que l[(]on
die aussi qu'ils estoyent dutout contraires de mœurs: si que touts-
iours estoit en opinion & auis, Aristides contraire à Themisto-
cles. Voyez Plutar. en la vie de Themistocles.

i 2

[p. 116]

Fac-simile de la page

116

LA PREMIERE PARTIE DV

[ARTHAXERCES LONGIM PERS R]

[ESDRAS SCRIBA ET SACER]

ARTAXERXES fils de Xerxes susdict, fut Roy de Per
se par quarãte ans ou plus, cõmẽceãs en l'an du mõde 3497.
auant la nati. de Ies. 465. ans. Il fut appelé par les Grecs simple-
mẽt, Artaxerxes Longue-main, par ce qu'il auoit la main droite
plus grãde que l'autre. Metasthene le nõme Darius: & Esdras,
indifferẽmẽt Darius, & Artaxerxes: car les Persans vsent de ces
deux noms, comme noz Emperereurs s'appellent Cesars, & Augu
stes. Pour venger la mort de son pere & de son frere il en tua le
meurdrier Artaban, par vne galante ruse pour vn si ieune Prin-
ce: car il faingnit vouloir changer de harnois auec l'autre, & ainsi
son ennemi descouuert, fut par luy trauersé de son espee. puis feit
occire tous les enfans dudit Artaban. Iose. dit ce que nous lisons
d'Hester, auoir esté faict sous ce Roy: combien qu'il y ayt apparẽ
ce que ce fust sous Darius, fils de Hystaspes, que Methasthenes,
Esdras, & Philon appelẽt Artaxerxes-Assuerus. Voyez Esdr. 1. li.
cha 4. & 7. Iust. li. 3. & 10. Hero. li. 7. Plu. en la vie d'Artaxerxes.

ESDRAS Prophete, vint de Babylone vers Artaxerxes, &
luy feit requeste, que bien amplement le Roy lui accorda, auec
present de grãd somme d'argent pour reedifier le temple, & per-
mission aux Iuifs de s'en retourner: si s'en retourna en Ierusalẽ
auec 1200. Iufs sortãs de captiuité: & eut charge & puissance de
constituer iuges & gouuerneurs, & remettre sus, la republique
Iudaique. il s'y porte d'vn grand zele, & remit la loy de Dieu, ia-
çoit que les Chaldeens en eussent brulé les liures, mais il l'auoit
toute en sa memoire par inspiration diuine. Voyez son 1. li. chap.
7. & là commencent les 70. hebdomades de Daniel: Voyez aus-
si le 8. 9. & 10. cha. de sondict liure.

[p. 117]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

117

[LYV QVINTVS CINCINATVS]

[RASILLA VX Q. CINC.]

L. QVINTIVS Cincinnatus fut enuoyé querir par le
Senat Romain pour estre Dictateur, en l'an du monde 3506.
auãt la natiuité de Iesus Christ 456. ans. Les commis à ce messa
ge, le trouuerent en labourant à la charue, delaquelle il fut appel
lé au plus grand honneur & office, & vestit lors la Pretexte, rob-
be de dignité. & ainsi s'en alla à Romme, ou prenãt l'estat de Di-
ctateur, à luy offert, assembla vne armee, poursuyuit les enne-
mis, & en rapporta vne belle victoire: lors que Minutius Cõsul
Romain, par les Eques & Volsques surmonté, auoit prins la fui-
te, & estoit enuironné & oppressé de famine, & des ennemis:
& se fut tresmal porté l'estat des Romains, si ledict Quintius ne
eust mis le ioug sus les Esques, & tenant la victoire, comme le
manche de la charue, n'eust premier chassé deuant luy, les enne-
mis, en les subiugant. il entra donc en leur camp & tentes bien
munies de toutes munitions, donna tout ce riche butin à ses gẽs,
& pour luy ne se reserua rien: & ce pendant tansoit & reprenoit le
Consul Minutius & ses gens, en disant: Vous ne participerez point
à ce butin gaingné sus l'ennemi, duquel vous auez pres-que esté le butin,
& la proye. Il eut l'hõneur de triomphe, comme il meritoit bien.
Puis delaissa la Dictature pour retourner à l'agriculture. Voyez
Tite-Liue 1. Deca. liu. 3. & Eutro. liu. 1.

RACILIA fut femme de L. Quintius, laquelle luy alla
querir en sa maisonnette, la Toge, robbe longue & honorable,
quand l'Ambassade le vint querir pour estre Dictateur: car luy
ayant ce mot entendu, ne voulut parler plus auant, aux Ambas-
sadeurs, touchant le mandement du Senat, qu'il n'eust vestu sa
robbe d'honneur. Voyez comme dessus.

i 3

[p. 118]

Fac-simile de la page

118

LA PREMIERE PARTIE DV

[SOCRATES ATHENIENSIS]

[XANTIPES VX SO]

SOCRATES Philosophe, fut fils de Sophronicus tail-
leur d'images, & de Phanareta, sage-femme, qui releuoit ou rece
uoit les enfans des accouchees. Il fut poure, mais par l'oracle de
Apollo, estimé le plus sage du monde. delaissa la Philosophie na-
turelle, pour la morale. fut tousiours en vn estat, ne plus triste, ne
plus ioyeux. florissoit en l'an du monde 3531. auant la natiuité
de Iesus Christ 431. ans. disoit que la vraye Philosophie estoit
de se cõgnoistre soy-mesme: & qu'il fault estre tel que l[']on veult
apparoir. en son cachet estoit grauee ceste deuise: l'ami de l'homme
est son sauoir: & son ennemi est sa folie
. il ne fut point sans enuieux
(comme ne sont volontiers gens de vertu) ains à cause de sa sa-
pience & de ses dispute, par lesquelles il rembarroit si bien ceux
qui s'estimoyent sages, acquist des ennemis: & fut faulsement
accusé d'auoir mauuaise opinion de leurs dieux: fut tousiours cõ
stant & sans crainte deuant ses Iuges: & ne se voulut seruir de la
defence que Lysias, grand Orateur, luy auoit preparee en forme
de belle harangue pour remõstrer son innocẽce deuant ses Iuges.
beut cõstãmẽt la poison à laquelle il fiut cõdãné. mais puis apres
les Atheniẽs congnoissans leur faute, feirent mourir ses accusa-
teurs: & si mirẽt en leur temple vne image de cuyure pour repre-
sentation & honneur de Socrates, mort iniquemẽt. Voyez Cice
ro liu 1. de l'orateur, Elian, & Pli. lib. 7 S. Augustin de la Cité de
Dieu li. 8. cha. 3. & Diog. Laer. en plusieurs li. & les apoph. d'Eras.

XANTIPPE, femme de Socrates, luy fut fort tempesta-
tiue, & inuirieuse iour & nuict: Alcibiades s'esmerueillãt de la pa
tience de Socrates, lui demãda pourquoy il ne la dechassoit: & il
respõdit, qu'en endurãt d'elle en la maison, il aprenoit, & s'acou-
tumoit à endurer des autres hors la maison. vn iour apres qu'elle
luy eut bien crié, elle luy ietta de l'eau orde: lors il dist, ie sauois
bien qu'apres le tonnerre viendroit la pluye. Gel. li. 1. chap. 17.

[p. 119]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

119

[ASPASIA MILESIA]

[PERICLES ATHEN.]

ASPASIE, fille d'Axiochus Milesien, fut fort sauante en
l'art oratoire: & Pericles s'enamoura tellement d'elle, qu'il en
delaissa sa femme (aussi luy & sa femme ne s'accordoyẽt pas fort
bien) & print ceste-cy en mariage: elle fut cause de grãdes guer-
res: Pericles l'ayma tãt que toutes les fois qu'il entroit en sa mai
son, ou qu'il en sortoit, il la baisoit. Voyez Plu. en la vie de Peri.

PERICLES, Capitaine des Atheniens fort preux & sa-
ge, fut enuoyé auec le Poete Sophocles, en guerre contre les La-
cedemoniens, qui faisoyent grand degast au païs des Atheniẽs:
mais ce Pericles les repoulsa si bien, & tant gasta leur païs aussi,
qu'il les contraignit faire tréues de 30. ans. toutesfois se rebelle-
rent 15. ans apres, & vindrent courir derechef sus les terres des
Atheniens: y gaisant grans dõmages, fors qu'aux terres de Peri-
cles: qui laissa passer ceste fureur pour ceste fois: puis y retourna,
& pilla tout leur païs, si qu'ils renouuellerẽt tréues, & les feirẽt
pour 40. ou 50. ans, qui n'en durerẽt toutesfois que six. Ce fut en
l'an du monde 3536. auant la natiuité de Iesus Christ 426.
ans. & lors recommẽça la guerre mortelle entre les Grecs, appe-
lee Peloponnesiaque, qui dura 27. ans, laquelle est descrite par
Thucydides & Xenophon. Si mourut Pericles apres qu'il eut
gouuerné les Atheniens par 40. ans. Anaxagoras fut son prece-
pteur, qui le rendit si eloquent que les Poetes Comiques l'appe-
loyent Olympius, à raison qu'il estoit si ardent & vehemẽt en ses
harangues, qu'il sembloit foudroyer ou tonner. Thucydides luy
fut cõtraire en l'administration de la chose-publique, & le repre-
noit de ce qu'il faisoit plusieurs bastimẽs des deniers communs:
mais le peuple fut pour luy, respondant qu'il pouoit bien bastir
des deniers publics. Voyez Iustin li. 3. & Plutar. en la vie de Pe-
ricles, & les apopht. d'Eras. li. 5. & 8.

i 4

[p. 120]

Fac-simile de la page

120

LA PREMIERE PARTIE DV

[ΑΛΚΙΒΙΑΔΗΣ]

[TIMANDRA M CORIN]

ALCIBIADES fut enuoyé, Chef de l'armee des Athe-
niens, contre les Siciliens en l'an du monde 3548. auãt la nati-
uité de Iesus Christ 414. ans. il estoit florissant de ieunesse, de
beauté, & d'eloquence. mais de son naturel fut plus adonné à fai
re amis, qu'à les entretenir, & pourtant luy qui auoit excité & con
duit ceste guerre & voyage de Sicile, fut accusé en Athenes, &
mandé par les Iuges & gouuerneurs, de venir en iustice, & laisser
la guerre. luy donc (soit qu'il se sentist coupable, & redoubtast la
iustice, soit de despit d'estre ainsi rengé, & sousmis en iugement)
secretement s'enfuit en Ellis, qui est en la Moree, puis en Sparte:
dont il concita le Roy contre les Atheniens. mais sa vertu attira
& rencontra plus d'enuie que de faueur enuers les Spartains.
Pourquoy auerti par la Royne (qu'il auoit cõgneue charnellemẽt)
que l[']on luy brassoit mauuais parti, se retira vers Tisasernes,
Grãd maistre en la maison de Darius Roy de Perse. En fin mou
rut en Phrygie, par la conspiration & mandement des trẽte Ty-
rans d'Athenes. Ceux qui auoyent charge de le prendre, ou tuer,
ne l'osans assaillir apertement, mirent le feu au tour de la cham-
bre ou il dormoit: mais luy, sortant subit, & se defendant d'vn
grand cueur, fut assommé. aucuns dient qu'en fauueur des Lacede[(]
moniẽs, il fut ainsi tué par les gens de Pharnazabus: & les autres
dient que ce fut par aucuns siẽs familiers, desquels il entretenoit
la sœur. Voyez Iustin. li. 5. Plutar. en sa vie, Thucy. li. 6.

TIMANDRE estoit vne femme de mauuais bruit, qu' Al-
cibiades entretenoit: & auquel, quand il fut mort, elle feit faire
enterrement & funerailles en grande somptuosité. L[']on dit que
Laïs, fut fille de cestre Timandre: ainsi elle suyuit bien les traces
de sa mere. Voyez Plutar. en la vie d'Alcibiades.

[p. 121]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

121

[CONON DVX ATHENIEN]

[LISANDER LACEDAE DVX]

CONON fut eleu Chef-d'armee des Atheniens au lieu de
Alcibiades. il mit par grand'industrie vne armee sus mer en l'an
du monde 3553. auant la natiuité de Iesus Christ 409. ans:
mais aux vaisseaux qu'il auoit assemblez, n'y auoit pas quantité
de gens, requise: par ce que la force de la gens-d'armerie auoit
esté rompue & perdue au saccagement de l'Asie. & pourtant il
y en mit & de vieillards & de ieunes pour remplir: si que telle ar-
mee, pour cause de l'aage, ne peut faire grãde resistãce, ains tous,
que prins que tuez, y demeurerẽt, fors leur Capitaine Conõ: qui
craingnant la rigueur des Atheniens, s'en alla à refuge vers le
Roy de Cypre. Lors furent eleuz trente hommes que l[']on dit les
30. Tyrãs d'Athenes, pour gouuerner la Republique d'Athenes.
les Lacedemoniens vainqueurs commirent Lysander au regis-
me d'Athenes: toute la Grece fut remplie d'Athenien fugitifs.
Depuis Pharnazabus & Conon mirent armee sus mer, & feirent
grans dommes aux villes maritimes des Lacedemoniens. il y
eut bataille, & Conon vainquit. Voyez Iustin li. 5. & 6.

LYSANDER, Capitaine des Lacedemoniens, seditieux
qu'il estoit, accusa, & mit en danger la vie Alcibiades, par ses
menees, & machinations enuieuses: & fut cause que toute la Gre
ce fut esmue & incitee contre les Lacedemoniens. Il eut victoire
de Conon sus mer, mais peu apres, la chance tournee, Conon le
vainquit sus terre en bataille, ou fut tué ledict Lysander: & lors
Conon recouura la liberté des Atheniens qu'il auoit perdue à la
premiere bataille. Les Lacedemoniẽs ainsi vaincus, se ioingnirẽt
auec les Thebains, ennemis mortels des Atheniens: mais furent
encor auec iceux alliez, vaincus. Voyez comme dessus, & Plutar.
en sa vie.

i 5

[p. 122]

Fac-simile de la page

122

LA PREMIERE PARTIE DV

[THRASIBVLVS D ATHEN]

[EPAMINONDAS THEBAN]

THRASYBVLVS, qui estoit de grãd cueur & de grãd
amour euers le païs, apres estre dechacé par les 30 Tyrãs d' A-
thenes, assembla vne armee de tous ceux qui estoyent dechacez
comme luy: donna secours par armes, à la republique oppressee.
mais feit premierement vn edict, que les torts & iniures d'vne
part & d'autre ia faictes, seroyent remises & effacees. Ainsi vain-
quit les Tyrans, & remit sus, l'estat populaire, en l'an du monde
3558. auant la naissance de Iesus Christ 404. ans. Voyez Plu-
tar. comme dessus, Iustin li. 5. & Cice. aux Philip.

EPAMINONDAS, tres-vaillant capitaine des The-
bains, florissoit en l'an du monde 3590. auant la nati. de Ies.
372 ans. De bouche & d'habits fut fort moderé, & de corps bien
endurant les trauaux. Il fut seul à qui Pelodias (aussi vaillant
Capitaine & son singulier ami) ne peut onc persuader de rece-
uoir dons & presens. Il eut victoire sus Lacedemoniẽs, mais
nauré & demi-mort, demandoit si les ennemis luy auoyẽt point
prins sa rondelle, quãd il estoit tombé: & quãd on la luy eut ap-
portee, la print & embrassa, comme compaigne de ses labeurs &
honneurs. puis demanda derechef, lesquels auoyent la victoire:
& quand il entendit que c'estoyent ses gens, adonc alaigrement
rendit l'esprit, se reiouyssant auec son païs, de ce bien. L[']on dou-
te s'il fut meilleur homme que meilleur Capitaine. Es offices &
dignitez se porta si bien, qu'il les rendoit honorables, & non
elles luy. fut si sauant es lettres, & en Philosophie, que l[']on s'es-
merueilloit comment il estoit si expert en guerre, pour vn hom-
me d'estude. Voyez Plutar. en la vie de Polidas. Iustin li. 6. Ci-
ce. en l'epi. à Luceius.

[p. 123]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

123

[DIOGENES]

[CRATES THEBAN]

DIOGENES, Philosophe Cynique, portoit vne robbe
double cõtre le froid, vne bissache & vn baston. il habitoit com-
munement à l'entree des maisons, & des villes, & là demandoit
sa vie. quand il retournoit & son tonneau, il se gaudissoit, di-
sant qu'il auoit vne maison qui tourne, & qui se change selon le
temps: car durant le froid, il tournoit la bouche du tonneau au
midi: & durant le chaud, au septemtrion. Comme les autres Phi-
losophe allassent vers Alexandre, quand il print la Grece, Ale-
xandre vint vers cestuy: le trouue au Souleil, luy demande s'il a
affaire de quelque chose: il luy respond, recule toy vn petit arrie-
re de mon Soleil que tu m'empesches. Alexandre le Grand fut si
resiouy & esbahi de ceste response, que s'en retournãt, comme
aucuns de ses amis l'en gaudissoyent, & en riant l'en piquoyent,
il respondit grauement: Ie voudrois, certes, estre Diogenes, si ie n'estois
Alexandre. Diogenes veit vn enfant qui beuuoit de l'eau
auec la main: & considerant l'esprit de cest enfant qui se seruoit
de la main, comme d'vne naturelle tasse, ietta son escuel. On
luy demanda pourquoy on l'appeloit chien, il respondit pource
que ie fay feste à ceux qui me donnent, ie iappe à ceux qui ne me donnent
point, & ie mords les meschans. il ne vouloit point estre enterré: &
ses amis luy demanderent s'il vouloit que son corps fust mangé
des bestes, il respondit, non: mais mettez vn baston aupres de
moy pour les chacer: il viuoit en l'an du monde 3568. auant la
natiui. de Iesus 394. ans. il y en a eu quatre autres de ce nom.
Voyez Diog. Läer. & Pluta. en la vie d'Alex. & les apoph. d'Eras.

CRATES, de Thebes, pour mieux Philosopher, ietta en
la mer, grãde quantité d'or, en disant, allez en fonds maudites cupi-
ditez, ie vous noyeray, à fin que ie ne soye noyé de vous. ainsi estima qu'il
ne pouuoit ensemble retenir les vertus & les richessez. Voyez
Cice. aux Paradoxes.

[p. 124]

Fac-simile de la page

124

LA PREMIERE PARTIE DV

[PLATO PHS]

[ARISTOTELES STAGIRITES]

PLATO, Philosophe, fut fils d'Ariston Patrice, Citoyen
d'Athenes, sa mere auoit nom Perictiona ou Prona. il estoit de-
scendu de Codrus par son pere, & de Solon par sa mere: estoit
en bruit en l'an du mõde 3575. auãt la natiuité de Iesus Christ
387. ans. fut appellé Platon, pourtãt qu'il estoit large de corps,
ou pour l'abondance de son eloquence: car au par-auant auoit
nom Aristocles, comme son ayeul. A vingt ans s'adonna fort en
Poesie: composa des Tragedies estimees, & autres vers, qu[']il pro
nonça auec vne fort douce voix, mais qui tẽdoit plus à estre cle-
re & deliee qu'autrement. Puis mettãt son cœur en Philosophie,
laissa la Poesie. fut disciple de Socrates, & precepteur d'Aristote
& de Xenocrates. fut trois fois en guerre, ou se portat vaillãt. fut
trois fois en Sicile, & au retour de la derniere fois, fut vẽdu, & si
fut en danger de sa vie, par Denis le Tyran. fut en Egypte, ou il
aprint tout ce qui estoit là en estime. diuisa la Philosophie en mo
rale, naturelle, & rationale: vesquit quatrevints ans. l[']on escrit de
sa mort diuersement. Voyez Plutar. en sa vie. Dioge. Läer. li. 4. S.
Aug. de la Cité de Dieu li. 8. cha. 4. S. Iero. to. 3. en l'espist. à Paulin.

ARISTOTE, fils de Nicomach medecin, fut d'vn villa-
ge nommé Stagyra, à 17. ans alla en Athenes, ou il fut disciple
de Platon 20. ans. puis fut mandé par Philippe, Roy de Mace-
doine, qui luy bailla son fils Alexandre le grand, pour l'endoctri
ner: ou il fut vingt ans en grand honneur. puis retourna en Athe
nes, ou il fut accusé d'auoir mauuaise opinion de leurs dieux, &
s'enfuit en Chalcis, ville de Negrepont, ou il mourut aagé de 73.
ans. il a composé force liures, tãt de l'art oratoire, que de la Phi-
losophie morale & naturelle. Voyez Plutar. en sa vie, & Diogen.
Laër. liu. 5.

[p. 125]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

125

[BRENUS GAL SE D]

[M FVRI CAMIL DICTA]

BRENNO, ou Brennus, fut chef & comme Roy des Gau
lois, fort belliqueux: leua grosse armee, & passa en Italie, mais nõ
pas le premier, car les Gaulois l'auoyent assaillie 200. ans deuãt)
eut grande victoire sus les Romains, pres le fleuue Allia: puis
soudain tira droit à Romme, trouua les portes ouuertes (car les
Romains fort troublez, s'estoyent retirez au Capitole[)] entra en
la ville, la pilla & brula: puis appointa auec ceux du Capitole, a-
pres les auoir tenus assiegez. mais sus le different du payement,
& comme Brenno vouloit aussi peser son espee, voicy suruenir
Camillus qui recouura l'honneur des Romains, en l'an du mon-
de 3576. auant la natiui. de Ies. 386. ans. Voyez Tit. Li. 1. Deca. li.
5. Ce Brẽnus, ou plustost vn autre de mesme nom (car ie trouue
par la chronologie & cõpte du tẽps, qu'il y a cent ans à dire) edi-
fia Brenone, qui depuis a esté dicte Verone, en Italie: et deffeit So
sthenes, print le Royaume de Macedoine ayãt auec lui 150000
hõmes-de pié, & 15000. de cheual: mais en fin son armee fut des-
faite en Delphos, & luy se tua. Voyez Iustin li. 24. Des Gaulois
de Gallogrece, voyez Tite-Liue li. 8. Deca. 4. & Iustin li. 25. qui
dit aussi au li. 20. que les Gaulois ont chacé les Touscans de leur
païs: & ont edifie en Italie Milan, Come, Bresse, Bergame, Tren
te, & Vicense.

M. FVRIVS Camillus noble Romain, fut en exil, pour
cause du butin gaigné sus les Vegens, & en y allant prioit aux
Dieux q bien tost la ville le regretast, si c'estoit à tort qu'on le de
chaçoit: ce qui auint, car tost apres, fut eleu Dictateur, en vn tres
grãd affaire: & subit alla apres les Gaulois, & leur Roy Brẽnus,
qu'il feit sortir hors des terres Romaines: & recouura l'or qu'ils
auoyent receu en apointement, ce dit Tite Liue. car Suetone dit
qu'il y en a qui attribuent plus tost ce recouurement à Drusus.
Quoy qu'il en soit, Camil fut cinq fois Dictateur, & triompha
quatre fois. Voyez Plutar. en sa vie. Eutro. li. 1. Tite-Liue li. 5.

[p. 126]

Fac-simile de la page

126

LA PREMIERE PARTIE DV

[MAVSOLVS REX CAR]

[ARTEMISIA R HAL V MA]

MAVSOLVS, Roy de Carie, qui est en Asie la mineur,
mourut en l'an du monde 3586. auãt la natiuité de Iesus Christ
376. ans.

ARTEMISIA, femme du Roy Mausolus susdict, luy
porta telle amour, qu'elle ne voulut onc permettre les cẽdres du
corps de son mari estre mises ailleurs qu'en son estomac, & les
beut auec du vin, ou (comme les autres dient) auec de l'eau mix-
tiõnee d'odeurs. outre-plus luy feit erigner vn sepulchre fort ex-
cellent, & digne d'estre nommé entre les sept merueilleux edifi-
ces du monde. Scopas y trauailla, du costé d'Orient, Bryaxis de
Septemtrion, Timotheus du Midi, Leochares d'Occidẽt: & auãt
qu'ils eussent acheué la besongne, Artemisia mourut: nonobstãt
ne desisterent, iusque l'ouurage fut parfaict: estimans que seroit
vn chef-d'œuure, à leur gloire & renom, & à l'honneur de leur
art, à tout-iamais. Dauantage Artemisia, celebrant les obseques
& funerailles de son dict mari, ordonna vn pris, d'argent & d'au
tres choses riches & precieuses au mieux-preschant les louanges
de son mari. A ce pris, & combat de langues eloquentes, vindrẽt
gens diserts de toutes pars, mesme Isocrates & Theopompus,
lequel fut iugé auoir gaingné le pris. Ce faict, donnant Artemi-
sia treues à ses larmes, leua vne armee pour defendre sa ville de
Halycarnas, contre les Rhodiens: eut victoire, & print Rhodes
pour la seconde fois. Encor elle secourut le Roy Xerxes contre
les Lacedemoniens. Voyez Iustin li. 2. Herodo. li. 7. Plin. liu. 36.
cha. 5. Aul. Gel. li. 10. cha. 18. & Boc. des Dames de renom.

[p. 127]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

127

[PHILIP MACED REX]

[OLIMPIAS PHIL]

PHILIPPE, fils d'Amyntas, fut Roy de Macedoine en
l'an du monde 3603. auant la nat. de Ies. 359. ans. Premiere-
ment feit guerre aux Atheniens, & les vainquit: puis ne leur feit
aucun mal en leur corps ny en leurs biens. alla contre les Escla-
uons, & en deffeit plusieurs mille: puis contre les Thessaliẽs, par
ce qu'il desiroit se renforcer de leur caualerie. Eut l'œil droit
creué au siege de Methone, d'vn coup de fléche: qu'il porta si pa-
tiemment que peu apres les Methoniens le requerãs d'apointer,
furent receus. aussi estãt brocardé par Demades son prisonnier,
de danser apres vin boire, & par vne insolence, en se glorifiant
de sa victoire d'Athenes, & se moquant de ses prisonniers pre-
sens, l'endura: & mesme le mit en liberté, & tous les autres: & en-
cor enuoya en Athenes pour traiter paix & alliance. En fin eleu
chef & Empereur de toute la Grece, se prepara pour se ruer auec
grosse armee sus les Perses: mais lors Pausanias le tua (pource
qu'il ne luy faisoit iustice de quelque tort) & ce, par la menee de
sa femme repudiee, & de son fils Alexandre, qui se doutoit que
son frere puisné, & fils de sa marastre Cleopatra, succedast au
Royaume: cas fort piteux & estrange: mesme que ce pere auoit si
bien fait endoctrine ce fils par Aristote, auquel il escriuit, disant
qu'il s'estimoit eureux que son fils estoit né de son temps. Iustin
li. 7. & 8. Diod. Sici.

OLYMPIAS fut fille du Roy des Molosses, femme de
Philippe susidt, & mere d'Alexandre le grãd. elle dolẽte d'estre
pour sa paillardise repudiee de son mari, machina sa mort, auec
son fils, & occist Cleopatra, la seconde femme de son mari: puis
fut assiegee par Cassander, qui la feit aussi tuer. Iustin, li. 9.

[p. 128]

Fac-simile de la page

128

LA PREMIERE PARTIE DV

[DEMOSTENES]

[LAIS CORIN]

DEMOSTHENES Orateur Athenien, florissoit en l'an
du monde 3615. auant la natiuité de Iesus Christ 347. ans. il
fut fils d'vn forgeron de couteaux, qui luy lassa beaucoup de
biens, mais eut à soufrir par la fraude de ses tuteurs, lesquels il
poursuyuit par iustice, & recouura bonne part de son bien: ainsi
plaindant pour soy mesme, aprint à plaider pour les autres, mes-
me harãguer pour la republique. vray est qu'au commencement
n'auoit grace en ses gestes & prononciation, mais, par grand'
sollicitude & peine, recompẽsa ce defaut de nature. Souuent de-
moura deux ou trois mois solitaire à exercer ses gestes & pro-
nonciation, & estudier, iusqu'à deuenir tout palle, & se faire ton
dre à demi, à ce qu'il ne sortist. L[']on douta s'il auoit plus grand
esprit que doctrine: & dit-on qu'il despẽdoit plus en huyle qu'en
vin, à cause qu'il veilloit à la lãpe, plus que tous artisans. son but
principal fut de resister aux effors de Philippe de Macedoine: a-
pres la mort duquel, fut aussi auteur que toute la Grece se reuol-
ta. puis fut chacé, pour suspect d'estre corrompu par argent, mais
fut rappellé auec grand honneur. & peu apres s'enfuit, craignant
Antipater, qui venoit vers Athenes, lequel enuoya Archias a-
pres luy, pour luy persuader de s'en retourner. ce qu'il ne voulut,
ains faignant vouloir escrire, auala la poison qui estoit dãs sa plu
me. voyez Plutar. en sa vie, & Iuue. Saty. 10.

LAIS, putain fort belle & braue, habitant à Corynthe, fut
secretement abordee par Demosthenes, â qui elle demanda dix
mil pieces de trois solz & demi, pour vne seule nuict: & il respon
dit: Ie n'achette point si cher vn repentir. Voyez Aul. Gel. li. 1. cha. 8.
& Macro. Sa. li. 2.

[p. 129]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

129

[M. VALERIVS CORVIENVS]

[M CVRIVS COS]

M. VALERIVS, estant Tribun de guerre, ieune de 23.
ans, se presenta au combat contre vn Gaulois, qui demandoit se
batre à quelque Romain. quand vint aux aproches, voici vn cor-
beau qui se plante droit sus l'armet de Valerius, le bec tourné
contre son ennemi, & n'en bougea iusqu'en fin du combat: pen-
dant lequel, autant qu'ils se ruoyent de coups, autant de foys
aussi ce corbeau se sousleuoit sus ses ailes, & venoit esgratigner
l'autre de son bec & de ses griffes: tant que l'assaillãt estonné du
cas, & troublé de ses yeux, & de son esprit, fut vaincu & tué par
Valerius, qui depuis fut nommé Coruinus, à cause du corbeau.
Le Consul luy donna dix bœufs, & vne couronne d'or. Ce fut
l'an du monde 3617. auant la nati. de Ies. 345. ans. Ti. Li. De-
ca. 1. li. 7. Eut. li. 2. Oro. li. 3. ch. 6. Au. Gel. li. 9. cha. 11. Va. li. 8. ch. 14.

M. CVRIVS Dentatus, Consul Romain, ruina les Sam-
nites en l'an du mõde 3673. auant la nati. de Iesus 289. ans.
Lors print fin la guerre des Samnites, qui auoit duré 49. ans: &
n'y eut onc au parauant, ennemi habitant en Italie, qui ayt tant
tourmenté les Romains. Iceux Samnites enuoyerent Ambassa-
deurs vers Curius, luy offrans force or: lequel assis sus vn banc
rural, & mangeant en vn plat de boys (telle vaisselle mõstre bien
quelle viande c'estoit) en se riant leur dit: retirez-vous Ambassa-
deurs de superfluité: & dites aux Samnites que M. Curius ayme
mieux dominer sus les riches, que d'estre riche: reportez ce pre-
sent: & retenez-bien, que ie ne puis estre par guerre vaincu, ny
par argẽt corrompu. Iceluy-mesme, ayant chacé d'Italie, le Roy
Pyrrhus, ne print rien de tout ce grand butin, dont il enrichist
l'armee, & la ville. Eutr. li. 2. Vale. liu. 4. cha. 3. Plin. li. 8. cha. 6. des
elephans premiers veuz à Romme.

k

[p. 130]

Fac-simile de la page

130

LA PREMIERE PARTIE DV

[TIMOLEON CORIN IMP]

[DIONYSIVS SIVL REX]

TIMOLEON, noble & vertueux homme Corynthien,
fut enuoyé en Sicile auec petit nõbre de galeres en l'an du mon-
de 3618. auãt la natiuité de Iesus Christ 344. ans, pour deliurer
la ville de Syracus de la tyrannie de Denis le Tyran. cinquante
iours apres son arriuee, il print la ville: puis assiegeãt le chateau,
contraignit le Tyran à se rẽdre, & l'ẽuoya auec quelques autres
en exil à Corynthe: & rasa le chateau, restituãt en liberté les Sy-
racusans: repeupla la ville de gẽs venãs de la Grece, & leur ordõ-
na loix. ainsi ayant remis la ville en estat, & de toutes pars gens y
abordans, luy voulãt mettre toute la Sicile en liberté, & extermi
ner les tyrãs, se rua sus, alla assaillir les autres villes, & cõtraignit
Icetes à promettre d'abatrre les fortresses, & viure simplement &
sans charge, auec les Leptins. il enuoya aussi le Tyran Leptin,
en exil à Corynthe, ou Denis le Tyran viuoit bien pourement:
car Timoleon estimoit vne belle chose de voir les Tyrans de
Sicile viure en exil, & poureté à Corynthe. Les Carthaginois
arriuez à Lilybee auec sept mil combatans, deux cens galeres &
mille grosses naux, furent en peu de temps par luy deffaits sus la
riuiere de Cremise: & auec tois mil hommes en tua enuiron dix
mil: print deux cens chariots, & cinq mil prisonniers. Voyez Plu
tar. en sa vie.

DENIS le Tyran, par faueur de soldas succeda à son pere
de mesme nom. du premier, mit trois mil captifs en liberté: remit
les tributs pour trois ans, pour acquerir la faueur du peuple. mais
ayant occis ceux qu'il doutoit, & voulant faire le semblable des
autres, se feit haïr pour sa cruauté. fut chacé par Dion, puis par
Timoleon: & fut reduit en estat de poure maistre d'escole à Co-
rynthe. Iustin. li. 22. Cice. aux Tuscu. li. 4. Vale. li. 6. cha. 11.

[p. 131]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

131

[ALEXANDER]

[AMA R THALESIRIA]

ALEXANDRE, le grand, succeda à son pere Philippe,
au royaume de Macedoine, à vingt ans, & en l'an du mõde 3628.
auant la nat. de Ies. 334. ans. il fut de si grand cueur, mesme en
bas aage, que quand on faisoit les feuz-de ioye pour quelques vi
toires de son pere, luy pleuroit, & disoit que son pere conqueste
roit tout, & ne luy lairroit rien à conquerre. premieremẽt mena
son armee en diligence pres le Danube, & deffeit Syrmus, Roy
des Triballes: puis alla contre les Thebãs, qu'il deffeit aussi, car
il se reuoltoyẽt: pilla & rasa leur ville, pour donner crainte aux
autres villes de Grece de ne se rebeller. fut par les Grecs appelé
Empereur: & lors fut traité du voyage contre les Perses, ou il
alla, apres auoir donné & departi à ses amis ses terres de Mace-
doine & d'Europe: disant que l'Orient, qu'il alloit conquester,
luy suffisoit: & que les Perses auoyent assez long tẽps tenu l'Em-
pire, & qu'il falloit qu'il changeast de main, à ceux qui le gouuer
neroyent mieux, entendant de luy-mesme. brief, emportant ce
seul tresor d'esperance auec luy, paruint à ses attaintes. aussi ses
gens le suyuirent d'vn grãd cueur, & laissans femmes & enfans,
sans craindre si lointain voyage, estimoyen les richesses de l'O-
rient estre ia leur proye. il auoit 32000. hommes-de-pié, 4500.
de cheual 182. vaisseaux sus mer. eleut de vieux routiers de guer-
re. vainquit Darius, Roy de Perse: print sa mere, sa femme, & ses
deux filles, qu'il traita honorablement: deffeit 20000. hommes-
de-pié 15000. de cheual. tint Inde, iusqu'au fleuue de Gãges: print
Babylone, pilla Persepolis. Plutar. en sa vie. & Iustin.

THALESTRIS, Royne des Amazones, alla vers Ale-
xandre, le requist de coucher auec elle: ce qu'il feit. Voyez Iustin
li. 2. & 13. Quin. Cur. li. 6. Oro. li. 3. cha. 18.

k 2

[p. 132]

Fac-simile de la page

132

LA PREMIERE PARTIE DV

[XENOCRATES PHS]

[EPICRVS PHS]

XENOCRATES Calcedonien, fut disciple de Plato,
tardif d'esprit, & d'assez mauuaise grace: si que son maistre le cõ-
parant auec Aristote, disoit que l'vn auoit le besoin de frein, & l'autre
d'esperon: & encor, quel asne i'acouple auec tel cheual? toutesfois fut
si graue et si entier, que les Atheniens le receuoyent en tesmoi-
gnage sans iurer, & non autres que luy: si chaste, que Phryne &
Laïs, les plus belles & braues putains, ne le peurent onc inciter
auec toutes leurs blandices, & caresses, & encore couchans auec
luy en son lict, par la menee de quelques gaudisseurs: & Phryne
respõdit qu'elle auoit couché auec vne image de pierre, non auec
vn homme: fut si petit despensier, & loing d'auarice, qu'il ren-
uoya trente mil escus qu'Alexandre luy donnoit, luy mandant
que sont les Roys qui ont affaire d'argent, & non les Philoso-
phes: autant en feit à Antipater. fut si bien aymant son maistre,
qu'il l'acompaigna en Sicile: & quãd Denis le Tyran disoit à Pla
ton, que quelcun luy couperoit la teste, Xenocrates respondit,
non pas plustost ceste-là, que ceste-cy. Ayant tenu escole 25. ans,
il mourut d'vn coup qu'il se donna de nuict en hurtant cõtre vne
paelle à frire. Voyez Diog. Laer. liu. 4. S. Aug. de la Cité de Dieu
li. 8. cha. 12. Vale. li. 4. cha. 3.

EPICVRE, alla en Athenes du temps de Xenocrates.
l[']on dit qu'il cõstituoit le souuerain bien en volupté: mais il s'ex-
pose ainsi en escriuant à Meniceus: Quand ie di volupté est la fin
de tous biens, ie n'enten pas celle qui est à boire & manger, comme aucuns
ignorans le prennent, mais n'auoir mal en corps, ny troublement en esprit.
Les vertus sont iointes auec la vie ioyeuse, & d'icelles ne peult estre sepa-
ree.
Voyez Diog. Laer. li. 10. qui dit grans cas de luy.

[p. 133]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

133

[PTOLEMEVS LAG F R AEG]

[BERONICE PTOLOM]

PTOLEMEVS fils de Lagus, fut eleu Roy d'Egypte
apres la mort, d'Alexandre le grand, en l'an du mõde 3640. auãt
la natiuité de Iesus Christ 322. ans. il tint auec l'Egypte, vne par
tie de l'Affrique & de l'Arabie. Alexãdre l'auoit éleué de simple
soldat, & fait vn des principaux de sa Court. fut biẽ aymé de ses
subiets, & Roys circõuoisins. tira grãs deniers d'Egypte, auquel
sien royaume adioute la ville de Cyrene. vainquit Demetrius fils
d'Antigonus: puis luy rendit ses amis captifs, & toute sa prinse:
mesme luy enuoya encor des presẽs par dessus, disant qu'il auoit
fait guerre pour son honneur, non pour son profit. Depuis le
vainqueur fut vaincu sus mer: & lors Demetrius vsa de mesme
honnesteté enuers luy, luy renuoyant son fils, son frere, & ses
amis qu'il auoit prins: ainsi en guerre mesme, s'entrefaisoyẽt des
presens à l'enui: & pour mõstrer que non pour hayne, ains pour
honneur ils combatoyent, tant plus honorablement se trai-
toyent adonc les guerres, que ne font ores les amitiez. il enuoya
Ambassadeurs à Romme pour alliãce. institua Philadelphe, son
fils puisné, Roy apres luy, qui dressa la librairie tant renommee,
& assembla les septantes interpretes. regna 40. ans, & tint Cypre
& Phenice. De son nom tous les autres Roys de l'Egypte, furẽt ap-
pelez Ptolemees. Voyez Iustin li. 13. 14. & 15. Orose li. 3. cha. 23.

BERENICE fut femme de Ptolemeus, à l'honneur de
laquelle son fils Philadelphe feit bastir vne belle ville pres le
goulphe d'Arabie, & la nomma aussi Berenice. Philadelphe eut
aussi d'Arsinoe vne fille ainsi nommee, qui espousa Euergetes,
dont l[']on faint que sa cheuelure soit au ciel transportee, & trans-
muee en sept estoiles.

k 3

[p. 134]

Fac-simile de la page

134

LA PREMIERE PARTIE DV

CASSANDER fils d'Antipater, fut Roy de Macedoine,
apres la mort de Philippe, qui fut dict Arideus, frere d'Alexãdre
le Grand, en l'an du monde 3647. auant la natiuité de Iesus
Christ 315. ans. Il assiegea la ville Pictua, ou s'estoit retiree O-
lympias, la mere d'Alexãdre, laquelle faschee d'estre si long tẽps
assiegee, se rẽdit à luy sous condition & promesse d'auoir la vie
sauue: toutesfois pource ne laissa de la faire, apres, tuer. aussi feit
occire Barsine & Roxane, deux femmes d'Alexandre auec leurs
deux fils. il donna aux Abderites, que les ranes & rats auoyent
chacez de leur païs, habitation & terres, aux frontieres de son
royaume pour crainte qu'il auoit d'eux. regna 29 ans, laissant
deux fils, Alexandre & Antipater, lequel tua sa mere Thessaloni
ce, fille du Roy Arideus, par ce qu'elle sembloit plus fauoriser à
son frere au partage du royaume. Voyez Iustin. li. 15. & 16.

SELEVCUS Nicanor, fut auec Alexãdre contre les Per-
ses, apres la mort duquel, fut Seigneur du camp: tint le païs d'O-
riẽt, ou il print Babylone: subiugua les Bactrians: passa aux Indes,
ou les Indois auoyent occis les gouuerneurs qu'Alexandre y a-
uoit mis, & par la menee de Sandrocottus, qui occupa le royau-
me, & auec lequel Seleucus composa, deffeit Lysimachus: mais
peu apres fut tué par Ptolemee, & perdit sa vie auec son royau-
me de Macedoine qu'il auoit osté à Lysimachus, qui auoit espou
sé la sœur de Ptolemee. il regna en Syrie 22. ans, commanceans
en l'an du monde 3652. auant la natiuité de Iesus Christ 310.
ans: & edifia vne ville qu'il nomma Antioche, du nom de son pe-
re Antiochus. Voyez Iustin. li. 13. & 16.

[p. 135]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

135

[ANIIGONVS CON]

[DEMETRIVS MACED REX]

ANTIGONUS, apres la mort d'Alexãdre le Grãd, eut
en partage Phrygie la grande, mais six ans apres, print l'Asie, &
y regna 18. ans: commançans en l'an du monde 3645. auant la
natiuité de Iesus Christ 317. il feit beaucoup de maux à ses com
paignons, les autres capitaines d'Alexandre, voulant de force
regner. vainquit, chacea, & assiegea Eumenes, auquel Antipater
enuoya secours. de-rechef vainquit Eumenes & les Argyraspi-
des, qui secretement enuoyerent vers Antigonus, à ce qu'il les
restituast en leurs biens: ce qu'il promet, moyennant qu'ils luy
liurent Eumenes: qui sentant ce vent, se met à fuir: ils courent
apres, & la rameinent, & le trahissent. Antigonus pour honte de
l'amitié qu'il auoit euë auec luy, ne voulut qu'on le luy amenast,
mais le feit garder: puis ne voulant faire ces compaignons parti-
cipans de ce butin & fruict de la guerre par luy seul soutenue, fut
vaincu & tué en guerre, par eux, qui estoyent Ptolemee, Cassan-
der, Lysimachus & Seleucus. Voyez Iustin li. 13. 14. & 17. & Plu-
tar. en la vie d'Eumenes.

DEMETRIVS, dict Polyorcetes, succeda à son pere An
tigonus au royaume d'Asie. Quand Antipater & Alexandre les
fils de Cassander, discordoyẽt, tint le parti d'Alexãdre, pẽsant en
fin obtenir leur royaume: mais ces deux freres s'accordãs, & luy
sentãt qu'Alexãdre luy machinoit trahison, le preuint, & le feit
occir. lors furẽt bien estonnez les Macedoniẽs, mais Demetrius
les gaingna si bien auec son beau-parler, qu'auec grand'ioye le
receurẽt pour Roy: car il remõstra la trahison de Cassãder vers
Alexandre le Grand, & d'Antipater vers sa mere Thessalonice.
six ans apres, Pyrrhus le vainquit, & princt ce royaume. Voyez
ce que i'ay dit en Ptolemee, & Iustin li. 15. 16. 17. Plutar. en Pyrr. &
Demetr. il se rendit à Seleucus auec son royaume d'Asie.

k 4

[p. 136]

Fac-simile de la page

136

LA PREMIERE PARTIE DV

[LYSIMACHVS]

[ANTIGONVS]

LYSIMACHVS, noble Macedonien, surpassa de grand
cueur, de force de corps, & de Philosophie, tous les Capitaines
par lesquels Alexandre subiuga l'Orient. il n'eut point de honte
d'estre endoctriné par Callisthenes, à qui Alexandre auoit fait
couper les oreilles, le nez, & les leures. Alexãdre aussi exposa Ly
simachus à vn fier lion, mais il arracha soudain la lãgue du lion:
& depuis Alexãdre l'en ayma mieux: mesme, cõme, sans y pẽser,
quelq fois il l'eust blecé au front, il deslia son diademe, & luy mit
à la teste pour luy bãder & couurir la playe: qui fut presage q quel
quefois il seroit Roy. Lysimachus donc fut Roy de Macedoine,
en l'an du monde 3676. auant la nat. de Ies. 286. ans. Apres la
mort d'Alexãdre, Thrace & le Pont, ou sont les plus barbares &
cruelles gens, luy furẽt assignez en partage, comme au plus fort
& puissãt. il edifia vne ville nõmee Lysimache, qui 22. ans apres,
abisma, par tremblement, luy significant tout mal: aussi peu apres,
aagé de 74. ans, mourut vaillãment en guerre contre Seleucus
(eux deux seuls capitaines restoyent de tous ceux d'Alexandre)
& veit lors 15. de ses fils tuez ou prins. Iustin li. 13. 14. 15. 16. & 17.

ANTIGONVS Gonatas, fils de Demetrius Roy d'Asie,
fut Roy de Macedoine en l'an du monde 3686. auant la natiui-
té de Iesus Christ 276 ans. Pyrrhus le chacea, & print Macedoi
ne. en fin pressé de plusieurs pars, alla à grand'puissance cõtre les
Gallo-Grecs, qu'il vainquit, ayant laissé petite armee contre les
autres, mais disposee en apparence d'vn grand camp. puis vint
contre les Atheniens, enflé de telle victoire, mais ce pendant, le
fils de Pyrrhus, vengeant la mort de son pere, prend Macedoi-
ne: & le fils d'Antigonus, bien ieune, recouure le païs, son pere
absent: & prend encor le Royaume d'Epire. Iustin li. 25. & 26. &
Plutar. en Pau. Emil.

[p. 137]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

137

PYRRHVS, fils d'vn Roy d'Epire, son pere estant decha
cé, fut porté à deux ans secrettemẽt en Sclauonie, vers la femme
du Roy, qui estoit de sa parẽté: fut bien receu, & adopté du Roy,
qui le sauua de Cassãder Roy de Macedoine. Les Epirotes, chã-
geãs de cueur, le rappellent à 11. ans. Luy venu en aage, fut belli-
queux, & seul defendit les Tarentins des Romains, lesquels il
vainquit: tout nauré qu'il estoit, espouuentez de voir contre eux
des Elephãs, que iamais n'auoyẽt veuz. il renuoya à Romme les
gẽs-de-guerre qu'il print, & sans payer rãçon. print le royaume
de Macedoine en l'an du mõde 3676. auãt la nat. de Iesus Christ
286. ans. arriué en Sicile, fut appelé Roy de Sicile cõme d'Epire.
à l'vn de ses fils assignoit la Sicile, & à l'autre l'Italie: vainquit
souuẽt les Carthaginois: mais en laissant la Sicile, dist: o quel passe-
temps & exercice de guerre ie laisse aux Romains, & Carthaginois! des-
quels vaincu sus mer, demãda secoud à Antigonus, & pour cau-
se de son refus, le vainquit, le chacea, & print Macedoine. lors
conçoit se faire seigneur de Grece & d'Asie, & ne prẽd moindre
plaisir à guerroyer qu'à seigneurier. toutesfois vaincu des Spar-
tains, mesme des femmes, se retira, ayant perdu son fils. puis s'en
va en Argos, ou Antigonus s'estoit retié, & l'assiegeant fut tué
d'vn coup de pierre qu'vne femme luy ietta de dessus le mur, lors
qu'il combatoit vaillamment en vne foule & presse des ennemis
bien meslez en baterie. Plutar. en sa vie. Iustin liu. 17. 18. 23. & 25.
Eutr. li. 2. Oro. li. 4. cha. 1. 2. 3.

ALEXANDRE, fils de Pyrrhus, pour vẽger la mort de
son pere, se iette en Macedoine, & la prend (car les soldas d' An-
tigonus le laisserent, lesquels il perdit auec son royaume) Mais
Demetrius fils d'Antigonus bien ieune, l'en dechace: & encor le
despouille de son royaume d'Epire: toutesfois y fut remis par
l'ayde de ses alliez. Iustin lib. 26.

k 5

[p. 138]

Fac-simile de la page

138

LA PREMIERE PARTIE DV

[M. MARCELLVS]

[POSTHVMVS COS]

M. CL. MARCELLVS fut Consul à Romme, en l'an
du monde 3676. auant la natiuité de Iesus Christ 286. ans. il
estoit bien-né à la guerre, &, à ce que ses faits-d'armes demon-
strent, ardẽt & vaillant: au reste, doux & modeste: aymoit & ad-
miroit les gens sauans, estoit adonné à la lãgue Grecque, & art
oratoire, à quoy ne peut pas si bien paruenir, pour ses occupa-
tiõs de guerre. tua Briomatus Roy des Gessates, Gaulois Insu-
briẽs, qui le provoquoit au combat particulier: emportant le bu-
tin & les armes, fut secourir Corneil, son compaignon Consul,
bien empesché & enuironné de ses ennemis Gaulois: arriué, de-
liura Milan, & son compaignon assiegé dedans. pource le Se-
nat à luy seul, & non à l'autre Consul, ordonna le triomphe. il
print Syracuse, riche & florissante ville de Sicile: mais la contem
plãt si magnifique, pleura long temps sus sa ruine: & fut fort des-
plaisant du grand Geometrien Archimedes, qui y fut tué, si attẽ-
tif à ses figures, qu'il ne se dõnoit garde à la ville qui estoit prin-
se, ny aux ennemis qui couroyent par dedãs. il fut si hardi d'al-
ler contre Annibal, apres la grande deffaite des Romains à Can
nes, & le chaça de Nole. fut cinq fois Consul, la derniere fois a-
uec Crispin: & passant 60. ans, fut, en guerre, faucê d'vn coup de
lance: son fils nauré, & Crispin eut deux coups de dard. il auoit si
grand'enuie de se froter auec Annibal, qu'il disoit que leurs cãps
n'estoyent iamais assez pres l'vn de l'autre. Voyez Plutar. en sa
vie. & en celle d'Annibal. Tite-Liue Deca. 3. liu. 3. 4. 5. 6. & 7.

A. POSTHVMIVS Albinus fut Consul de Romme a-
uec Luctatius Catulus, l'an du monde 3721. auant la natiuité
de Iesus Christ 241. an. Luctatius vainquit Hanno: & l'an d'a-
pres, le desbort du Tybre, & le feu abolirent quasi Romme.
Voyez Eutro. li. 2. Oro. li. 4. cha. 11. & 12.

[p. 139]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

139

[PTOLOMEVS]

[ELEAZARVS]

PTOLEMEVS Philadephus, fils puisné du susdict Pto
lemeus, succeda à son pere au royaume d'Egypte, en l'an du mon
de 3680. auant la natiuité de Iesus Christ 282. ans. il fut insti
tué Roy deux ans auant la mort de son pere, qui sont comprins
aux 38. qu'il regna. fut fort sauãt, & disciple de Strato. dressa vne
grande librairie excellẽte en Alexandrie. dõna liberté aux Iuifs
qui estoyent captifs en Egypte du temps de son pere, & leur re-
lacha le tribut. eut guerre auec son frere ainsé, qui depuis deman
da apointement, & l'eut. Car son frere (ayãt osté la vie, & le roy-
aume de Macedoine à Seleucus) le pria par lettre luy pardõner
qu'il luy auroit voulu oster le royaume paternel, & qu'il ne le fa
cheroit plus en ce que plus honnestement il auroit cõquis sus vn
ennemi paternel, & estranger. Voyez Tite-Li. Deca. 5. li. 4. & 5.
Eutro. li. 2. Iustin li. 17. S. Epipha. li. des poix. & mesures. Iose. liu.
des Antiq. 12. cha. 2.

ELEAZAR fut Põtife des Iuifs apres son pere Onias, sur-
nommé le iuste, en l'an du monde 3691. an. auant la natiuité de
Iesus Christ 271. an. luy & Pto. Philadelphe s'entr'escruirent.
leurs lettres sont inserees en Iosephe, lieu susdict: il transmit audit
Roy les liures de la loy Mosaïque, & de chacune lignee six in-
terpretes sauans pour la tourner d'Ebreu en Grec: qui sont 72.
bien que, pour abreger paroles, on dit seulemẽt, les 70. interpre
tes. fut nõ moins esbahi que ioyeux de voir si beau liure traduit:
& les remerciant, leur donna à chacun deux talens d'or, & vne
vne coupe d'vn talent, qui valẽt les trois talens 15000. escus sol pour
homme. Voyez comme dessus, & S. August. de la cité de Dieu li.
18. cha. 42. & Aristea des septante interpretes.

[p. 140]

Fac-simile de la page

140

LA PREMIERE PARTIE DV

[PRVSIAS REX BITHYNIE]

[ANNIBAL CAR D]

PRVSIAS Roy de Bithynie, receut Annibal fugitif, qui
luy seruit bien contre Eumenes: mais le recõgnut mal: car il en-
uoya ses satellites pour le liurer à Flaminius Romain: Si ayma
mieux Annibal s'empoisonner, disant: Ie vois mettre hors d'ennuy
les Romains, qui ont si grand desir de la mort de ce vieillart. & Prusias
voulant tuer son fils legitime, pour exalter ses bastars, fut luy-
mesme tué. Iustin. li. 32. & 34. Plutar. en la vie d'Annibal.

ANNIBAL fils d'Amilcar, fut Capitaine des Carthaginois,
à 26. ans, & se mõstra prudẽt & fin, au reste auara & cruel. il con-
quist quasi toute l'Espaigne en trois mois. au siege de Sagõte, mit
les Sagontins à telle extremité de famine qu'ils se mangerẽt les
vns les autres: puis se brulerent eux-mesmes, craignans venir
entre ses mains. il auoit 150000. pietons, & 20000. hommes-de
cheual. Laissant son beau-frere Asdrubal en Espaigne, trauersa
auec son armee les mõts Pyrenees: passa par Lyon, ou il apointa
deux petis Rois freres. puis passa les Alpes, ou il eut fort à faire,
& y perdit bien 30000. hõmes. feit chemin nouueau par les ro-
chers, auec feu & vinaigre. 15. iours apres, deffeit Sempronius &
Flaminius, tuãt 15000. de leurs gẽs: mais aussi fut il bien soute-
nu & repoussé par Fabius: puis reprint ses forces, & eut vne grã-
de victoire à Cãnes: enuoya à Carthage trois muys pleins d'an-
neaux de son butin: & lors qu'il pouuoit prendre Rõme, s'en re-
tourna en la Cãpaigne. en fin vaincu (par Marcel, Scipion, Grac-
chus, & Eumenes, & mesme Antiochus vaincu, qui luy donnoit
secours) s'enfuit vers Prusias, lequel il eut puis apres pour sus-
pect, & le feit mourir par poison, l'an du monde 3774. auãt la
natiuité de Iesus Christ 188. Eutro. li. 3. Flo. li. 2. Plutar. en la vie
d'Annibal. Polyb. li. 2. & 3. il amena en Italie 32. elephans: perdit
vn œil au mont Apennin. Iuuenal Saty. 10. Tite-Liue deca. 3. li.
2. S. August. de la cité de Dieu li. 3. cha. 20.

[p. 141]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

141

[SCIPIO AFRICANVS]

[TERENTIA AEM VX SCIPION]

SCIPION Africain le grand, ainsi dit à cause qu'il subiuga
l'Afrique, est quasi le premier homme des Romains: il sauua son
pere, fort nauré, d'estre prins en la bataille contre Annibal,
pres le fleuue Trebia: & apres la iournee de Cannes, comme plu
sieurs deliberoyent rendre Romme à Annibal, il desgaina son
espee & les cõtraignit tous de iurer qu'ils defendroyent le païs.
apres, aagé de 24. ans, fut enuoyé en Espaigne, ou Asdrubal a-
uoit occis les deux Scipions, qui par longues annees y auoyent
acquis des victoires: là il print la nouuelle Carthage, ou y auoit
force tresors, & munitiõs de guerre: & de grans Seigneurs qu'il
enuoya captifs à Romme, entre lesquels estoit Magon, frere de
Annibal: & non content d'auoir chacé les Carthaginois, rendit
l'Espaigne tributaire aux Romains, qui quasi toute se rẽdit à luy.
& fut le premier des Romains qui conquist iusques au destroit
de Gibraltar. il eut plus à cueur de maintenir que de conquerir:
rẽdit les prisonniers, & se feit aymer: vainquit & chacea Asdru-
bal, ou il eut grand butin: puis encor vainquit en grosse guerre le
Roy d'Espaigne, & depuis le receut en amitié. Apres fut enuoyé
en Afrique cõtre Hanno, & le vainquit: enuoya le Roy Syphax
prisõnier à Rõme. ceux de Carthage manderent à Annibal qu'il
retournast, ce qu'il feit: & en laissant l'Italie pleura: en son retour
batailla contre Scipion, perdit, & s'enfuit. Or Scipion sus son
vieil aage, cedant à ses enuieux, laissa Romme, en l'an du monde
3777. auãt la natiuité de Iesus Christ 185. Eutr. li 3. Flo. li. 2.

TERENTIA Emylia, femme de Scipion susdit, voyant
son mari vieillart aymer la chambriere, s'en feit aucun bruit, de
peur de diminuer l'autorité de son mari: apres la mort duquel,
elle la maria, pour oster toute suspicion. Voyez le Suppl. des chr.

[p. 142]

Fac-simile de la page

142

LA PREMIERE PARTIE DV

[MATATHIAS SAC]

[IVDAS MACHABEVS]

MATATHIAS eut la prebstrise, & gouuernement des
Iuifs, en l'an du monde 3795. auant la natiuité de Iesus Christ
167. & regna vn an. il tua en public vn Iuif qui publiquement
sacrifioit aux idoles, selon le commandement d'Antiochus: puis
rasa l'autel sus lequel l'autre sacrifioit: & ioignant lequel aussi il
fut tué: Iosephe appelle celuy qui fut tué, Apollonius, & dit qu'il
auoit office de iudicature du Roy Antiochus. Matathias cõseil-
la aux Iuifs de batailler le iour de leur Sabbat, apres qu'il y en a-
uoit mille de tuez, qui n'osoyent se defendre, ny combatre ce
iour-là. & si vous ne le faites (disoit il) vous serez ennemis à vous-mes-
mes, quand à ce iour-là voz ennemis vous courront-sus. ainsi grand nõ-
bre des Iuifs le suyuirent, & le constituerent leur Iuge: lors il
prend les armes & resiste vaillamẽt aux commis d'Antiochus,
& soustient fort & ferme la loy de Dieu, qui est contraire à tou-
te idolatrie. Voyez le 1. li. des Macha. 2. cha. & Iosep. li. 12. cha. 7.

IVDAS Machabeus fils de Matathias, eut la dignité de
son pere, & auec ses quatre freres, & autres qui auoyẽt suiui Ma-
tathias, chassa partie de ses ennemis, & bõne part aussi en deffeit
& tua, mesme Apollonius leur chef, autre que le susdit: vainquit
aussi Seron, Duc de la Syrie inferieure, puis encor Gorgias, que
Lisias auoit fait chef-d'armee. & depuis mit en route & en fuite,
auec grande diligence, ledit Lisias & Nicanor. puis purifia & re-
stora le temple, dressa vn autel à Dieu, offrit sacrifice pour les
morts. Antiochus feit alliance auec luy, laquelle il rompit puis a-
pres, & pilla & saccagea le temple. Depuis Iudas fut eleu Grand-
prebstre en l'an du mõde 3805. auant la natiuité de Iesus 157.
& fut ami des Romains. Voyez le liu. des Macha. & Iose. il mou-
rut en guerre, & regna 12. ans.

[p. 143]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

143

[IONATHAS D IVD]

[SYMON D IVD]

IONATHAS fut Duc, ou conducteur des Iuifs, apres la
mort de son frere Iuda Machabeus, en l'an du monde 3808.
auant la natiui. de Iesus Christ 154. il vainquit Bacchides, cou-
ronal de Demetrius, contre lequel son frere auoit bataillé, & en
bataille esté tué: mais trois ans apres, Bacchides retourna en Iu-
dee auec grosse armee, assiegea Ionathas auec son frere Simon:
en fin toutesfois fut vaincu Bacchides en bataille, & contraint
faire paix, iura qu'il n'attenteroit iamais contre Ionathas. Ale-
xandre Epiphanes fils d'Antiochus, entẽdant le bruit & renom
de Ionathas, voulut ioindre amitié auec luy. Ionathas vainquit
Apollonius chef-d'armee de Demetrius, print plusieurs villes,
deffeit 8000. des ennemis. brula le temple de Dagon & la ville:
puis alla contre les estrangers qui gastoyẽt la Iudee, & les chas-
sa. renouuela alliance auec les Romains & Spartiates. en fin Try
phon le tua sous fainte amitié. il regna 15. ans. Voyez le liu des
Macha. cha 9. 10. 11. 12. Iose. li. 13. du 1. au 9. cha.

SIMON fut eleu chef & gouuerneur des Iuifs apres son
frere Ionathas, en l'an du monde 3823. auant la natiuité de Ie-
sus Christ 139 ans. il print la ville de Gaza, en deietta les idoles.
renouuela alliance auec les Romains & Spartiates: vainquit &
chassa Cendebeus couronal d'Antiochus. mais en fin, comme les
hommes sont suiets à la fortune variable, fut tué auec deux siens
fils, mesme par Ptolemeus son genre, qui luy faisont vn bãquet,
& desiroit auoir le gouuernement, & principauté. Voyez le 1. li.
des Macha. ch. 13. 14. 15. 16. Iose. li. 13. cha. 9. 10. 11. 12. regna. 8 ans.

[p. 144]

Fac-simile de la page

144

LA PREMIERE PARTIE DV

[HIRCANUS D IVD]

[ARITOBOLVS D IVD]

HYRCANVS, qui est aussi nõmé Ian, succeda à son pe-
re Simon susdict, & fut Duc du peuple Iuif en l'an du mõde 3831.
auant la natiuité de Iesus Christ 131. an. il eut honneur en son
gouuernement: tua ceux que Ptolemeus auoit enuoyez pour le
tuer. Antiochus Soter, dict Pius, l'assiegea en Ierusalem, mais le-
ua le siege, prenant argent. il ouurit le sepulchre de Dauid, trou-
ua grand tresor, duquel commença premier nourrir les passans
estrãgers. renouuella amitié auec les Romains. Sachant la mort
d'Antiochus, se ietta sus la Samarie, qui s'estoit reuoltee: au bout
de l'an la print, & rasa. il amassa grans tresors, car depuis la mort
d'Antiochus, ne payoit aucun tribut aux Roys de Syrie, qui
estoyent en querelle: il subiuga Idumee. fut Duc, Grand preb-
stre, & Prophete, regna 25. ans, Iosep. dit 31. Voyez Iosep. liu. 13.
cha. 13. & 18. & le 1. li. des Macha. cha. 16.

ARISTOBVLVS fils d'Hyrcanus, fut Duc apres son
pere, en l'an du monde 3857. auant la natiuité de Iesus Christ
105. ans. il haussa l'estat du gouuernemẽt, en estat Royal, & fut
le premier qui depuis 500. ans, de la captiuité Babylonique, mit
couronne sus sa teste. luy, cruel, tint ses freres en prison: mesme
feit mourir de disette, sa mere: feit tuer son frere Antigonus en
trahison. subiuga les Itureens, & print sus eux grand païs. apres
qu'il eut regné vn an, estant tout pourri dans le corps, & vomis-
sant le sang, tomba malheureusemẽt, au lieu mesme ou il auoit fait
espandre le sang de son frere, qui en ce point par iuste punition
de Dieu, fut vengé. Voyez Iose. lib. 13. cha. 18.

[p. 145]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

145

[TIB. GRACCVS TRIBVNVS]

[CORNELIA CRA MATER CHI]

TIB. GRACCHVS Tribũ du peuple, eut dissensiõ auec
les nobles & riches pour la loy agrarie, car les Romains auoyẽt
de coutume en partie vendre, & en partie reseruer au commun
vsage, & bailler aux poures citoyẽs, les terres cõquises, à la char-
ge de quelque petite pension: mais comme les riches missent les
pẽsions bien hautes, & par ce moyẽ en fussent exclus les poures,
sue ce fut establie vne loy qui defendoit que les citoyens Ro-
mains ne possedassent plus de cinq cens iournaux de terre. cette
loy ne donna pas secours long temps aux poures contre les ri-
ches, qui defraudoyẽt la loy: premier par personnes interposees,
& sous nom de leurs subiets, puis apertement & en leur nom
mesme, de force en possedoyent d'auãtage. Ainsi Gracchus sous-
tenant le parti du populaire, se feit haïr des riches: & en vne grã
de emotiõ, comme il vouloit fuïr, fut retenu par la robe, & frapé
d'vne piece de banc par P. Saturnin, l'vn des principaux de la vil
le: & trente autres auec luy furent tuez & massacrez de bastons
& de pierres, par la menee des riches: & furent les corps iettez en
la riuiere: en l'an du monde 3831. auant la nati de Iesus Christ
131. Voyez Plutar. en la vie de Grac. Ap. li. 1. Eutr. li. 4.

CORNELIE fille de Scipion l'Africain fut mere de Tib.
& C. Gracchus, lesquels apres la mort de leur pere, elle instruisit
si bien, q ia-soit qu'en bõnes meurs ils surpassassent tous autres,
toutesfois la doctrine sembloit surpasser la bõté naturelle. Ayãt
douze enfans, refusa pour mari le Roy Ptolemee: des douze ne
luy en resterent que les deux susdicts, dont l'vn fut tué deux ans
apres l'autre, & pour mesme cause. Voyez Plutar. comme dessus.

l

[p. 146]

Fac-simile de la page

146

LA PREMIERE PARTIE DV

[IVGVRTHA NUMI R]

[C MARIVS COS VII]

IVGVRTHA, heritier adoptif de Micipsa Roy des Nu-
mides, apres auoir fait mourir Hiempsal, pourchace contre Ad-
herbal (ces deux estoyent freres coheritiers du royaume.) Adher
bal s'en va à refuge à Rome (ce royaume estoit en la sauuegarde
des Romains.) quoy congnoissant Iugurtha, enuoye argent à
Romme, & tire de son parti le Senat, qui enuoye gens pour faire
partage du royaume entre les deux contendans: luy poursuit biẽ
son cõmencement, achette la paix. puis estant mãdé à Romme, à
l'asseurance, par argent corrompt & trouble toute la ville: & de-
partant, dit: O la belle ville à vendre, & bien tost perdue, si elle auoit
trouué son acheteur. le Senat enuoye contre luy Sp. Albin, que Iu-
gurtha gaigne encor par argent. Metellus y va, qui le vainc en
deux batailles, & estant prest d'en venir à chef, voici suruenir Ma
rius, qui vainc Bocchus, Roy des Mores, beau-pere de Iugurtha.
ce Bocchus, pour faire sa paix, & comme pour sa ranson, trahit &
liure Iugurtha, qui fut mené en triomphe captif à Romme cou-
uert de cheines: mis en vne fosse, six iours apres mourut de faim
& de froid, en l'an du monde 3857. auant la natiuité de Iesus
105. Eutr. li. 4. & Saluste.

C. MARIVS eut victoire sus les Cymbres l'an du monde
3863. auant la nati de Ies. 99. il accusa Metellus, pour estre en-
uoyé contre Iugurtha: & eut aussi enuie sus Sylla, qui fut cause
de guerre ciuile par dix ans: en fin vaincu de Sylla se cacha en vn
marests: puis mis en prison, donna frayeur par son regard, à cil
qui estoi enuoyé pour le tuer: & en vne barque trauersa en Afri
que. il fut sept fois Consul. & le feit en fin mourir. Eutr. li. 5. Ap-
pian li. 1. cha. 8. Flo. li. 3. cha. 3.

[p. 147]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

147

[IANNEVS D IVD]

[ALEXANDRA D IVDEOR]

IAMNEVS, qui est aussi nommé Alexandre, estoit frere
d'Aristobul susdict, & fut constitué Roy des Iuifs par Salome,
autremẽt dicte Alexandra, venue dudict Aristobul, laquelle de-
liura incontinent les freres de son mari qui estoyent en prison,
dont Iamneus estoit l'vn. ce fut en l'an du monde 3858. auant la
natiuité de Iesus Christ 104. ans. cetuy Iamneus mit à mort son
frere, qui pretendoit au royaume: & feit guerre cõtre Ptolemaï-
de & Gaza, qui s'estoyent derechef reuoltees, & separees des
Iuifs. Ptolemee Lathyr luy deffeit beaucoup de ses gens pres le
Iourdan: si demãda secours à Cleopatre Royne d'Egypte, mere
dudict Ptolemee, laquelle auec forte armee repoulsa son fils ius-
qu'en Cypre, à ce qu'il ne se fust puis apres ietté sus l'Egypte, s'il
eust prins la Iudee. Iamneus fut laissé d'vne grand'partie de ses
subiets, qui se banderent contre luy: lesquels il vainquit, (bien
qu'ils fussent secourus par Demetrius Roy de Syrie) & en feit pẽ
dre huict cens des plus apparens, comme il banquetoit auec ses
putains, & fit feit deuãt eux, auant qu'ils fussent pẽdus, occir leurs
femmes & enfans. En fin par gourmandise tomba en maladie,
& eut la fieure quarte trois ans, puis mourut l'an 27. de son
regne. Voyez Iose. li. 13. cha. 19. 20. & 21.

ALEXANDRA susdicte, pour tenir le royaume asseuré
pour elle & ses enfans, tient secret la mort du Roy son mari, ius-
qu'à ce qu'elle tinst la forteresse, par le conseil que luy auoit dõné
sondict mari: puis entretient les Pharisiens en amitié, & leur
donne toute puissance, ne retenant seulement pour elle que le
nom de Royne par neuf ans, commenceans l'an du monde 3885.
auant la natiuité de Iesus Christ 77. elle feit Hyrcanus Grand-
prebstre. Voyez Iose. li. 13. cha. 22.

l 2

[p. 148]

Fac-simile de la page

148

LA PREMIERE PARTIE DV

[MITRIDATE REX PONT]

[HYPSICRATEA MITRI]

MITHRIDATES Roy du Pont, voyant les Romains
bien empechez à la guerre sociale, & encor à la guerre ciuile, se
rue sus la Cappadoce, & en dechace le Roy Ariobarzanes allié
des Romains: puis donne la trousse aux païs de Bithynie, & Pa-
phlagonie, dont il dechace aussi les Roys, en l'an du mõde 3876.
auant la natiuité de Iesus 86. ans. puis marche en Ephese, & par
toute l'Asie enuoye lettres, que par tout ou l[']on trouueroit des
Romains, fussent tuez: dont pour vn seul iour en furent occis
quatre vingts mil. Le moyẽ de guerre qu'il metoit en auãt, estoit
que Nicomedes, Roy de Bithynie, ami des Romains, vsurpoit
sus ses terres. En Achaïe enuoya Archelaüs, auec 120000.
hommes, & print la Grece, & toutes les isles, hormis Rhodes.
brief la guerre Mithridatique fut la plus grande: car Pyrrhus se
contenta de guerroyer contre les Romains par 4. ans, Annibal par 17.
mais, cetuy les guerroya par 40. ans. iusqu'à ce que par trois grã-
des batailles fut rabatu, & du tout affoibli par Sylla, Lucullus,
& Pompee, en fin fut assiegé par son propre fils, en vn chateau,
ou se feit tuer. il meritoit bien telle fin, tãt pour sa cruauté susdi-
te, que par ce qu'il feit occir trois siens fils & trois filles, sa femme
& sœur, sa mere, & son frere. L[']on dit qu'il trouua la composition
du mithridat, qui pour ce a pris son nom de luy. Eutro. liu. 5. Flo-
rus lib. 3. Ap. liu. Mithri.

HYPSICRATEE, amie, ou comme aucuns dient, femme
de Mithridates, l'acompaigna en ses guerres, habillee en hõme:
mesme se trouua en bataille pres de luy, quand Pompee le vain-
quit, lors qu'il fut abandonné de tous ses gẽs fors de deux: & ne
le laissa en sa fuite, ains sans se trouuer faschee de longue course,
traitoit bien Mithridates & son cheual. Plut. en la vie de Põpee.

[p. 149]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

149

[SYLLA COS]

[C. MARIVS COS.]

SYLLA Patrice Romain, estant Cõsul, eut par ordonnãce
du Senat la charge d'aller cõtre Mithridates: assiegea Archelaus
couronal de l'armee de Mithridates: le vainquit, fit biẽ que de six
vingts mil hommes à peine luy en resterent dix mil. print Athe-
nes l'an du monde 3877. auant la nati. de Ies. 85. ans. Mithrida-
tes enuoye de renfort 70000. hommes d'eslite à Archelaus:
Sylla en deux batailles vous deffait tout cela. le poure Archelaus
se cache trois iours tout nu, dans vn marests. Mithridates demã-
de apointement: Sylla respond qu'il ne luy en donnera point, si-
non que, delaissant les terres vsurpees, il s'en retournast en son
royaume. Cependant Sylla exploite tousiours. Or voici vn grãd
esclandre qui suruient à Romme sus ces entrefaites: car Marius
& Cinna tuent tous les plus apparens du Senat, & en bannissent
grãde partie: rasent la maison de Sylla: tout le reste du senat s'en
fuyant de la ville, va à refuge en Grece vers Sylla: luy supplie
dõner secours au païs qui s'en va perdu & ruiné. à leur requeste,
il retourne en Italie: & deffait, tous ceux du parti de Marius.
estant Dictateur, & gouuernant Romme à son plaisir, laissa cette
dignité, pour viure solitaire aux champs, ou il mourut de vermi-
ne qui s'engendroit en son corps. Eutr. li. 5. Flo. li. 3.

MARIVS, fils de C. Marius, estant Consul de Rõme, ba-
tailla contre Sylla, perdit vingt mil de ses gens: s'enfuit en Pre-
neste, ou il fut assiegé, & contraint mourir. Voyez Eutro. li. 5.
toutesfois L. Florus en son li. 3. escrit que Marius le ieune, fut
tyrannisé par plusieurs iours sus le sepulchre de Catulus, & luy
furent arrachez au iour-dhuy les yeux, demain les mains, puis
apres le cuisses, à ce qu'il mourust membre à membre.

l 3

[p. 150]

Fac-simile de la page

150

LA PREMIERE PARTIE DV

[Q. METEL PIVS]

[CLAVDIA METE]

QUINTUS Metellus surnommé Pius, c'est-à-dire le de-
bonnaire, pource que par force de larmes & prieres incitant le
Senat à pitié, feit tãt que son pere Metellus surnommé Numidie
(pour cause qu'il vainquit Iugurtha, Roy de Numidie) fut rap-
pelé d'exil. estant Preteur, tua le chef-d'armee des Marses, en la
guerre sociale, que les Romains eurent contre leurs alliez. aussi
estant Consul, en l'an du monde 3884. auant la nati. de Ies. 78.
ans, il vainquit en Espaigne les Herculeans freres: repoulsa &
chassa Sertorius Romain, qui s'en estoit fuy en Espaigne au re-
tour de Sylla de la guerre Mithridatique, par ce qu'il auoit suyui
le parti de Marius. En sa ieunesse quand il briguoit pour l'office
de Preture, & de Pontificat, fut preferé aux consuls-mesmes.
aussi fut ieune-vieil, fort moderé, sobre, sage, & demõtrant vne
vertu ancienne: mais au cõtraire sus sa vieillesse fut vieil-ieune,
commença vn nouueau train de pompes, d'exces & superfluitez
nouuelles. Si qu'en Espaigne il porta des robes palmees, esquelles
y auoit des broderies en forme de palmes, signifians qu'il estoit
victorieux triomphateur: permit qu[']on luy donnast de l'encens,
& dressast des autels, comme s'il fust vn dieu: & que les rues ou il
passoit à son entree, fussent parees de tapisseries Attaliques: &
qu'on luy feist somptueux festins auec grand appareil de ieux &
misteres. receut couronnes d'or sus son chef, deualees, par le lam
bris du plãché & soliues, auec petites chaines, comme si elles fus-
sent enuoyees du ciel sus son chef diuin. Voyez Valer. li. 9. ch. 1.
Vola. li. 17. Tite-Liue en l'epito. du 89. li. ou il dit que ce Metellus
estant des proscripts ou bãnis par Sylla, s'en vint la teste cachee,
pour entrer par la porte de derriere de sa femme Bastia, qui ne
luy voulut ouurir, disant qu'il estoit banni: & adonc se tua, & ar-
rosa la porte de son sang.

CLAVDIA, fut fille de Metellus.

[p. 151]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

151

[HIRCANVS D IVD]

[ARISTOBOLVS D IVDEOP]

HYRCANVS fils de Iammneus, apres sa mere Alexandra,
regna peu de temps sus les Iuifs: car Aristobul son frere puisné,
le chacea: puis y eut apointement, que Hyrcanus se demettroit,
& Aristobul seroit Roy. mais six ans apres Pompee remit Hyr-
canus, qui regna quelque temps seul, & quelque temps auec An-
tipater pere d'Herodes. En fin Antigonus à qui les Parthes l'auo
yent liuré, luy rongea les oreillis à belles dents: à ce qu'il ne fust
plus Grand-prebstre, ny gouuerneur des Iuifs. Voyez Iose. li.
14. chap. 1. & 22.

ARISTOBVL fut donc Roy des Iuifs, l'an du monde
3895. auant la nati. de Ies. 67. mais Hyrcanus s'en alla à refu
ge à Pompee, fut par luy secouru, congnoissant l'arrogance & le
tort d'Aristobul: lequel voulant faire guerre cõtre les Romains,
fut preuenu par Pompee, & assiegé dans Ierusalem: d'ou il sortit
soy humiliant deuant Pompee, & luy prometant argent, que la
ville ne voulut fournir, ains luy ferment tresbien les portes auec
son Pompee: lequel irrité, vous fait lier & garroter Aristobul:
puis vous donne l'assault rudement à la ville: qui luy fut rendue
par aucũs du parti d'Hyrcanus: & print encor le temple, ou il tint
le siege trois mois. cela faict, meine captifs à Romme Aristobul
auec deux filles & vn fils: (car Alexandre son autre fils s'en estoit
fuy.) Adonc furent premieremẽt les Iuifs subiets aux Romains.
Vn an apres Aristobul eschappe de Romme, vint en Iudee, &
pretendant le royaume, fut pris par Gabinius, & mené derechef
captif à Romme puis deliuré par Cesar, & renuoyé en Iudee, fut
empoisonné par ceux du parti de Pompee. Iose. li. 14. des Anti.
& li. 5. ch. 5. de la guerre. Iud. & Egesip. li. 1.

l 4

[p. 152]

Fac-simile de la page

152

LA PREMIERE PARTIE DV

[P. CLODIVS]

[FVLVIA]

P. CLODIVS Romain, issu de noble lieu, beau-ieune-
homme & hardi, mais incestueux-paillard & seditieux, estant
esprins de l'amour de Pompeïa, femme de Cesar, entra desguisé
en habit de femme, de nuict secretement en l'assemblee des fem-
mes celebrans leurs sacrifices, ou n'estoit licite aux hommes d'en
trer: toutesfois luy se fiant en sa beauté de ieunesse, sans barbe, &
pensant que l[']on ne s'y prẽdra garde, se mesle parmi elles, & s'en
va droit vers Pompeïa, sa dame par amours: mais au contraire
de son opinion, son dieu-d'amours ne luy fauorisa point tant
qu'il ne fust congnu, descouuert, & puis accusé au Senat, mesme
eut Cicero tesmoing cõtre luy: ce nõobstãt les iuges par crainte,
par argẽt, & par faueur l'ont absouls. Depuis fut Tribun du peu
ple, & feit tant, par ses menees, que Cicero alla en exil: dont il re
tourna à grand honneur vn an apres. mais ce pendant Clodius
auoit fait bruler sa maison, & ses metayries, & mettre ses biens
en vente au plus offrãt: toutesfois nul n'en voulut acheter: ce fut
en l'an du monde 3906. auant la nati. de Iesus 56. en fin Milo
tua Clodius: & Cicero fut aduocat pour la defense de Milo par
deuant le Senat. Plutar. en la vie de Cicero & de Cesar: Appian
des guerre ci. li.2.

FVLVIA, femme de P. Clodius, n'estoit point adonnee à
filer, coudre, & gouuerner le mesnage, ou à surpasser les hom-
mes mesnagers, & de bas estat: mais estoit adonnee aux estats &
dignitez, & à gouuerner les gouuerneurs: si que Cleopatre luy
estoit bien tenue, de quoy M. Antoine auoit esté façonné par la-
dicte Fuluia, qui fut sa femme apres la mort de Clodius. Plutar.
en la vie d'Anto. & de Cicero, lequel elle est aduertist, de nuict, de
l'entreprise de Catilina.

[p. 153]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

153

[L. CAESAR. C. CAES. DICTAT. PATER]

[AVRELLA MATER C. CAES. DICTATIORIS]

L. IVLES Cesar, fut pere de C. Iules Cesar Dictateur, &
premier Empereur: il fut Consul de Romme en l'an du monde
3900. auant la natiuité de Iesus 62. ans, qui estoit l'annee de-
uant que Cicero le fust auec M. Antoine: il fut aussi Preteur, &
ayant ia administré l'office, mourut à Pise, de mort subite en se
chauffant par vn matin, sans qu'il y eust aucune apparente occa-
sion de maladie pour le faire mourir. ce fut cinq ans apres qu'il
auoit esté Consul. Or estant Preteur il subiuga les Iberes, c'est à
dire Espaignols, iusques à l'Ocean, ou à la mer du Ponent: & ne
vesquit pas gueres apres qu'il fut de retour. Voyez Appian li. 2.
Pli. li. 7. cha. 52.

AVRELIA fut femme de L. Iules Cesar, susdict, & mere
de C. Iules Cesar Dictateur, & premier Empereur de Romme.

l 5

[p. 154]

Fac-simile de la page

154

LA PREMIERE PARTIE DV

[C. CAESAR DICT. PERPTVUO]

[DIVI IVLI]

IVLES Cesar fut premier Empereur de Romme, en l'an
du
monde 3918. auãt la nat. de Ies. 44. ans. Luy estãt Consul, eut la
charge de conquester les Gaules & : auec dix legions: car
l'Asie estant subiuguee par Põpee, la fortune donc transporte à
cetuy ce qui restoit en Europe. Or est-(il que les plus fortes natiõs,
qui sont les Gaulois & Germains, restoyẽt: & combien que l' An
gleterre soit separee du mõde, toutesfois elle trouua qui la vain-
quit. Iules dõc subiuga les Suïsses: puis quasi tousiours victorieux
par tresgrandes batailles, passa iusques à la mer d'Angleterre: &
en neuf ans cõquit toute la Gaule qui est entre les Alpes, le Ros-
ne, le Rein, & la mer Oceane: print ostages des Anglois qu'il feit
tributaires aux Romains, qui n'estoyẽt des Anglois cõgnus, nõ
pas seulement de nom. Puis passa le Rein, & par fortes batailles
vainquit les Alemans. la fortune luy fut seulement contraire par
trois fois: sus la mer d'Angleterre la tẽpeste luy abysma presque
tous ses gẽs: & à Clermõt en Auuergne, il en perdit vne legion:
& sus les limites d'Alemaigne ses capitaines furẽt tuez par embu
ches. A son retour, demanda estre encor Consul, mais Marcel,
Bibulus, Põpee, & Cato y repugnent: & on luy mãde rompre le
camp, & retourner à Rõme, de là vint la source de la guerre ciui-
le tresmiserable. Luy s'en viẽt en armes cõstre son païs: tout le Se
nat s'enfuit en Grece auec Pompee, qui le vainc au premier choc:
puis est vaincu en Thessalie par Cesar, qui â son retour vainc
Pharnax: puis en Afrique les nobles Ro. auec le Roy Iuba: &
puis en Espaigne les fils de Pompee: mais fut à la premier rencõ
tre si bien secous par eux, qu'il se voulut tuer. en fin victorieux, se
portant trop fierement, fut tué par vn iour de court, ou il est estoit:
l'an de son Empire 3. ou 4. de son aage 56. Sueto. Eutr. li. 6. & Plu
tar. Au reste pource que l[']on a trouué deux medalles antiques de
Cesar, toutes deux sont ici exprimees.

[p. 155]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

155

[COSSVTIA C. CAES. VXOR.]

[CORNELIA SINNAE. C. CAES VX.]

COSSVTIA, qui estoit fille de noble & riche maison, fut
femme de Iules Cesar, quãd il n'auoit que dixsept ans, & fut par
luy delaissee. Voyez Sueto.

CORNELIE, fille de Cinna, quatre fois Cõsul, fut secon-
de femme de Cesar, de luy tant aymee que le Dictateur Sylla ne
le peut onc contraindre à la delaisser. Cesar estant Questeur, feit
oraison ou harangue publique, selon la coutume, à la louange
d'icelle.

[POMPEIA Q.P. F. C. CAES. V.]

[CALPHVRNIA L. PIS. F. CAES. VX]

POMPEIE, fille de Q. Põpee, & niepce de L. Sylla, fut tier-
ce femme de Cesar: laquelle il delaissa, la soupsonnant de P. Clo
dius, & disant que le lict nuptial de Cesar ne doit point seulement estre
sans paillardise, mais außi sans soupson de paillardise. Voyez Sueto. &
Plutar. en la vie de Cesar.

CALPHVRNIE fille de L. Piso, fut quatrieme & der-
niere femme de Cesar, laquelle apres sa mort, porta tout son ar-
gent à M. Antoine. Voyez Sueto.

[p. 156]

Fac-simile de la page

156

LA PREMIERE PARTIE DV

[MAGNVS PI. POM.]

[IVLIA C. CAES P. POMPEI. VXOR]

POMPEE, surnommé le Grand, apres auoir eureusement
& tost vaincu les pirates, alla cõtre Mithridates en l'an du mon-
de 3897. auant la nati. de Iesus 65. ans. la bataille fut liuree de
nuict, en Armenie la mineur: Pompee vainquit, & ne perdãt que
trente hommes des siens, en deffeit 40000. des autres. Mithri-
dates s'enfuit luy quatrieme, dont sa femme estoit l'une. Pompee
marche contre Tigranes, Roy de la grand'Armenie, qui se rend
à luy, se met à genoux deuant luy, & luy presente sa couronne
entre les mains: mais Pompee la luy remet sus la teste. donna Pa
phlagonie à Attalus, & à Pylimenes: & Armenie la mineur à
Deïotarus Roy de Galatie, pource qu'il luy ayda contre Mithri
dates. Feit Aristare Roy de Colchos: tost apres dompta les Itu-
reens & Arabes: mit en liberté Seleucie, qui n'auoit accueilli Ti-
granes: rendit les ostages d'Antioche. de là passant en Iudee, en
trois mois print Ierusalẽ: occist douze mil Iuifs, le reste il print
à merci. Puis s'enflamma la guerre ciuile (Florus l'apelle genera-
le, & plus que guerre) entre Pompee & Cesar, la plus troublee
& la plus dangereuse de toutes: à la premiere rencontre Cesar fut
vaincu, & par suite se sauua, Põpee ne le voulant pousuyure sus la
nuict. Lors dist Cesar, que Pompee ne sauoit pas vaincre: & que luy ne
pouoit estre vaincu qu'adonc. Puis y eut grosse bataille en Pharsalie:
& Pompee vaincu s'enfuit vers Ptolemee (de qui il estoit tuteur
ordonné par le Senat) qui suyuant plus la fortune que l'amitié
fait trancher la teste à Pompee, & l'enuoye à Cesar: qui la voyãt,
ne se peut tenir de pleurer. Voyez Plutar. en Pomp. Eutr. liu. 6.
Appi. 2. liu. Iose. liu. 14. cha. 8.

IVLIE fille de Cesar, fut femme de Põpee, & morut en pei-
ne d'enfant.

[p. 157]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

157

[CATO M PORTIVS]

[REX IVBA]

CATO surnommé Vticẽse, par ce qu'apres la guerre Phar
salique, il se tua à Vtice, fut de la race de Cato le Grand, dit Cen
sorius, & fut son nepueu en directe ligne, au tiers degré. Il fut
Tribun du peuple à Romme en l'an du monde 3903. auant la
nati. de Ies. 59. ans. il fut aussi Tribũ de guerre, & Preteur: en har
diesse, haut coeur & beauté, ne fut rien moindre que son grand ayeul Cato l'ancien. estãt repoulsé du Cõsulat pour lequel il bri-
guoit, n'en fut faché, & n'en rougist onc, bien que ses amis, qui
luy portoyẽt faueur, en rougissent: mesme le iour enfuyuant s'en
alla à l'assemblee des Senateurs sans robe & sans chaussure, com
me il auoit de coutume, & se pourmena auec ses familiers: s'acou
tumant à n'auoir honte si-non de choses vicieuses & deshõne-
stes. En fin quãd Pompee fut vaincu, de qui il auoit suyui le parti,
se tua de sa dague en Vtice, ville d'Afrique, apres auoir leu & re-
leu tou au long, le liure de Plato, de l'immortalité de l'ame. Il fut
dict Cato le ieune, car l'autre estoit dict Cato le vieil, ou Cato le
Grand. la vertu & sapiẽce de tous deux fut tant renommee, que
l[']on disoit vn proverbe de quelque homme vertueux & sage, Le
troisieme Cato est descendu du Ciel.
Quand Cesar entendit sa mort,
il dist: I'ay enuie sus ta mort, o Cato, car tu as eu enuie sus ma gloire, qui
n'as voulu attendre que i'eusse l'honneur de te rendre sauf, & te pardon-
ner.
aussi pardonna il à son fils. Voyez Plutar. en Cato & S. Au-
gust. de la cité de Dieu liu. 1. cha. 23.

IVBA Roy des Mores, tint le parti de Pompee, deffeit Cu-
rio, que Cesar auoit enuoyé en Afrique auec vne armee, en l'an
du monde 3916. auant la natiuité de Ies. 46. ans. en fin luy &
Petreïus vaincus par Cesar, se tuerent l'vn l'autre de coups &
de famine.

[p. 158]

Fac-simile de la page

158

LA PREMIERE PARTIE DV

[PORTIA BRUTI VXOR.]

[MARTIA. CAT. FILIA]

PORTIA fut fille de Cato Vticense, & femme de Brutus.
elle ayant des nouuelles de la mort de son mari, delibera de le
suyure bien tost, attendu qu'elle l'aymoit tant: mais ses parens &
amis n'en estoyent d'aduis: ainsi soigneusemẽt prenoyent garde
à elle: ce non-ostant ne la peurent garder ny empescher de se
faire mourir. car elle d'vn grand coeur, & d'vn acte non pareil,
va prendre des charbons tous vifs & ardens, dont elle vous em-
plit sa bouche, puis la ferme, & quant & quant la porte de sa vie.
Voyez Plutar. en la vie de Brutus. Valere li. 3. & 4. cha. 2. & 6. &
Appi. li. 4. Vous pouez aussi voir vn bel espigrãme d'elle, au pre-
mier liure de Martial. ledict epigramme commence ainsi: Coniugis audisset fatum cùm Portia Bruti. MARTIA fut fille puisnee de Cato. on luy demanda, quãd
elle estoit veuue, pourquoy elle ne se remarioit: & elle respon-
dit: C'est pource que ie ne trouue homme qui m'ayme mieux que
mon bien. par laquelle response elle nota les hommes, qui com-
munemẽt quierent plustost la richesse que la vertu aux femmes:
ainsi elle n'estima le mariage qui n'est principalement mené &
lié par amitié: & celuy qui prend femme pour les biens, est plus-
tost vn mari à louage, qu'il n[']est pas vray mari. Vne autrefois on
luy demanda quand elle vouloit mettre fin aux pleurs, pleintes,
& regrets qu'elle faisoit de la mort de son mari: & elle respondit
que le dernier iour de sa vie, seroit le dernier de son dueil. telle
respõse feit cette payenne, à la honte & vergoigne de plusieurs
chrestiennes, qui à peine estant leur mari enterré, se remarient.
Voyez Boccace de Dido: & les Apoph. d'Erasme li. 8.

[p. 159]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

159

[M. TVLLIVS CICERO]

[LVTVS MVNATIVS PLANCVS]

CICERO le grand Orateur Romain, issu d'assez bas lieu,
se feit par son eloquence & sauoir, grand personnage: pour con-
uoitise d'honneur, se mit à plaider: & du premier n'auoit pas bien
la parole à commandement, non plus que Demosthene. fut face-
tieux & brocadeur, tant qu'il en acquist la male grace de plu-
sieurs. soustint la cause difficile, de S. Roscius, & la gaigna auec
honneur: dont il encourut la malueillance de Sylla: à laquelle
cedant, alla en Grece, faignant faire ce voyage pour sa santé, car
il estoit de petite vie & petite complexion: fut audieur des Philo
sophes & orateur d'Athenes: ne fut pas fort riche, toutesfois te-
noit bon ordinaire, dont on s'esbahissoit, car il ne prenoit point
d'argent pour aduocacer, ny aucun autre loyer. resista si vertueu-
sement, & chaudemẽt à l'entreprise de Catilina, qu'il fut le pre-
mier appelé Pere du païs. fut glorieux, & vanteur de ses louanges,
mais sans abaisser celle d'autruy. fut enuoyé en Cilicie auec
12000. hommes de pié, & 2600. de cheual: refusa les presens
que les Roys luy offrirent. ayãt tenu le parti de Põpee, craingnit
rẽcõtrer Cesar vainqueur: mais Cesar mit pié à terre, si tost qu'il
le veit, & le salua le premier treshumainement. depuis ayãt tenu
le parti de Cesar cõtre M. Antoine, fut miserablemẽt tué par les
Satellites dudict Antoine, qui luy couperẽt la teste, en l'an du mõ
de 3922. auãt la nat. de Ies. 40 ans. Voyez Plu. en la vie de Cice.

L. MVNATIVS Plancus fut cõsul de Rõme l'an mesme
que Cicero fut occis. il eut le gouuernement de la Gaule Cheue-
luë, qui est le païs de Lyonnois: & edifia, ou (comme les autres
dient) reedifia Lyon, en France, & Basle en Alemaigne. il opina
que l'Empereur Octauius, deuoit estre surnõmé Auguste, & fut
son opinion tenuë, bien que les autres fussent plustost d'opinion
de le nõmer Romulus. Voyez Sueto. en Augu. & Volater li. 18.

[p. 160]

Fac-simile de la page

160

LA PREMIERE PARTIE DV

[PACORVS D. PARTH.]

[ANTIGONVS R. IUD.]

PACORVS Roy des Parthes, vint à la requeste d' Anti-
gonus, en Ierusalẽ, sous couuerture d'appaiser vne esmotion qui
estoit entre les Iuif, dont les vns tenoyent le parti de Phaselus
& Hyrcanus, & les autres d'Antigonus: toutesfois son intẽtion
estoit pour y constituer Roy Antigonus. Ainsi donc ce Pacorus,
par fraude, enuoye Phaselus à Barzafarnes Satrape des Perses:
les Parthes vous prennent Phalesus & le lient: & autant en font
à Hyrcanus, qu[']ils liurẽt à Antigonus. car Antigonus leur auoit
promis mille talens, & cinq cens femmes. Antigonus fut par ce
moyen Roy de Iudee: car la loy n'admetoit que gens en-
tiers: mais Phalesus, sentãt que l[']on le vouloit faire mourir, ayma
mieux preuenir: il se tua de coups qu'il donna de sa teste contre
vne pierre. & quant à Heroes frere de Phasel, il se sauue à la fui
te: & par le Senat Romain, eu respect aux bien-faits de son pere,
fut declaré Roy de Iudee. Or pour retourner à Pacorus, son pere
auoit occis Crassus Romain par dol & trahison: mais Ventidius
Bassus abolit & effacea cette tache, & recouura l'honneur des
Romains, quand il deffeit ce Pacorus & son armee entierement.
Voyez Egesip. li. 1. Iose. li. 14. cha. 22. & 23.

ANTIGONVS fils d'Aristobul, fut donc Roy de Iudee,
par le moyen que i'ay dit, en l'an du monde 3924. auant la na-
ti. de Iesus 38. ans. mais quatre ans apres Herodes susdict, prend
Ierusalem, secouru de Sosius romain, qui enuoye Antigonus à
M. Antoine, qui luy fait trencher la teste. Voyez Iose. lib. 14.
cha. dernier.

[p. 161]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

161

[COS. CASSIVS]

[M. BRUTUS]

C. CASSIVS, homme familier de Brutus, mais de mœurs
bien different, fut dangereux & meschant: & ennemi naturel de
toute supreme autorité: tesmoing en soit Faustus, son compai-
gnon d'escole, à qui il donna vn soufflet, pource qu'il s'estimoit
plus que les autres, à raison de son pere Sylla. l['on] tiẽt encor qu'il
luy dist tout Pompee: Or sus, Faustus, pren encor la har-
diesse de dire la parole dont tu me fachas, à fin que ie te donne encor sus la
ioue. Somme il fut fier, cruel, & rebarbatif: eut particulieres & pu-
bliques inimitiez contre Cesar: & dit-l[']on qu'il hayoit Cesar,
mais Brutus hayoit le dominateur. aussi il porta premier la paro
le à Brutus, de la trahison qu'il machinoit contre ledit Cesar, &
l'incita à y consentir, & mettre la main. En fin, bataillant contre
Auguste & M. Antoine, & pẽsant estre enuironnè des ennemis,
se tua, du mesme poignard dõt il auoit bourrelé Cesar, en l'an du
monde 3922. auant la nati. de Ies. 40 ans. Voyez Plut. en la
vie de Cæs. & de Brutus. & Appian. li. 2. cha. 16.

BRVTVS, homme bien instruit en sciences, & en Philo-
sophie, adonnant son esprit, naturellement graue & doux, aux
affaires de la republique, tendoit modestement à tout droit &
equité. il suyuait le parti de Pompee, estimant sa cause plus iuste,
que celle de Cesar. toutesfois Cesar le reueroit & aymoit, pour
ses sciences & vertus: & enchargea à ses gens ne le tuer, s'ils le
rencontroyent en bataille: ains qu'ils l'amenassent vers luy, s'il
vouloit: que s'il ne vouloit, ils le laissassent aller sans aucun mal
luy faire. mais en fin Cesar, luy ayãt fait force bien & hõneurs,
fut par luy trahi & nauré, sous intention de reieter le ioug de la
monarchie que Cesar vsurpoit: aussi la fin en fut maleureuse, car
il se tua miserablement comme Cassius. Voyez comme dessus.

m

[p. 162]

Fac-simile de la page

162

LA PREMIERE PARTIE DV

[HERODES ASCALON]

[MARIANES. REG.]

HERODES le grand, dict Ascalonit, fils d'Antipater Gou
uerneur de Iudee, fut Roy de Iudee (le premier d'estrãge nation,
car il estoit Idumeen) en l'an du mõde 3927. auãt la nat. de Ies.
35. ans: & 3. ans au parauant il auoit esté declaré & appelé Roy
des Iuifs par le Senat Romain. il fut bien aymé de l'Empereur
Auguste, qui augmenta son royaume, luy rendãt Samarie, & au-
tres villes & chasteaux. aussi Herodes, de sa part, edifia vn tẽple
& vne ville qu'il nomma Cesaree en l'honneur de Cesar Augu-
ste. il enuoya ses deux fils, Alexãdre & Aristobul, à Rõme pour
estre instruits. vainquit les Arabes: feit desraciner les vieux fon-
demens du temple de Salomon, pour y en replãter de tous nou-
ueaux, & en redifia vn autre magnifiquement, à la forme du pre
mier. toutesfois fut cruel vers sa femme, vers ses propres enfans,
& vers ses amis. qu'il feit mourir, & des docteurs de la loy: mes-
mes feit martyrizer les petis innocens de Beth-lehem, peu apres
la naissance de nostre sauueur Iesus Christ: aussi vsa de machina
tion contre les sages Roys de qui s'enqueroyẽt de nostre Seigneur
pour l'adorer. de son temps y eut vn tremblement de terre en Iu
dee, dont perirent 30000. personnes. Voyez Iosep. de la guerre
des Iuifs li. 1. cha. 14. & des Antiq. li. 14. 15. & 16. & S. Mat. cha. 2.

MARIAMNE, fut femme d'Herodes susdict, laquelle il
aymoit bien, pour sa beauté. nonobstant elle estant chaste, mais
fiere & facheuse, refusa d'embracer son mari vne apresdisnee,
mesme luy dist quelque iniure, dont le Roy fut fort faché. Adõc
Salome la sœur d'Herodes aposte l'eschanson du Roy, qui luy va
porter parole, que sa femme luy auoit preparé vn bruuage de poi
son: pourquoy le Roy la feit mourir. Voyez Iosep. liu. 15. cha. 3. &
9. & li. 18. cha. 11.

[p. 163]

Fac-simile de la page

163

PROMPTV. DES MEDALLES.

[MECAENAS]

[VERGILIVS MARO]

C. MECENAS issu des Roys de Toscane, escriuit des
Poesies en sa ieunesse: fut le refuge des Poetes & Orateurs de
son temps (dont encor à present on appelle Mecenas celuy qui
fait du bien aux Poetes) feit de grans biens à Vergile, à Horace,
& autres. mais fut blasmé d'estre delicat & effeminé de parole &
d'habit: dont Auguste le piquoit tant par lettres que de bouche,
en ioyeuseté. il auoit de beaux iardins à Rõme, ou il deuisoit sou
uẽt de sciẽces: & y alloit l'Empereur, pour le soulas de son esprit.
il fut peu parlant: toutesfois admonnestoit & reprenoit l'Empe-
reur hardiment. estant Preuost de Rõme fortvigilãt au besoing,
estaingnit & punit la machination de M. Lepidus beau ieune hõ
me, mais meschant, qui vouloit tuer l'Empereur. Voyez Vellei.
Paterc. Crinit. & Sue. en August.

VERGILE fur né en vne bourgade, pres de Mãtoue, en l'an du monde 3895. auãt la nati. de Ies. 67 ans. l[']on dit qu'il ne feit
point de cris en naissant, ains mõstra vn beau visage doux: aussi
fut il appelé Parthenias, c'estadire vierge, pour sa douceur & sim
plicité, si grãde, que le peuple de Rõme accourãt pour le voir, luy
hõteux, se cachoit en la premiere maison. fut bien-aymé d' Augu
ste, qui ne luy refusa rien: ains Vergile refusa de luy vne cõfisca-
tion. toutesfois les biẽs qu'il eut d'Auguste, & de ses autres amis
furẽt prisez 250000. escus: alors le champ poetic estoit plus fer-
til qu'à present, & regnoit amitié plus franche. il composa les Bu
coliques, puis les Georgiques, puis l'Eneide. mourut à 52 ans,
ayant fait son epitaphe sous tels sens: A Mantoue fus né: en Calabre
mort: & à Naples enseueli. I'ay chanté les pastourages, les champs, les
Roys. Voyez Donat. Cri. & Budé, de Asse li. 3. Cor. Taci. dit que
les Romains oyans reciter au theatre les vers de Vergile, tous
se leuerẽt, & luy porterẽt hõneur tel que s'il eust esté Empereur.

m 2

[p. 164]

Fac-simile de la page

164

LA PREMIERE PARTIE DV

[SIB. PHRYGIA.]

[SIB. TIBVRTINA.]

SIBYLLE Phrygienne prophetisa à Ancyre, ville d'Asie
la mineur, entre Paphlagonie & Galatie. Voyez Lactan. des Di-
ui. insti. li. 1. cha. 6. qui n'en dit autre cas. Mais quãt à l'origine de
ce nom de Sibylle, voyez Celius Rhodi. li. 14. cha. 1. ou il dit que
Dardanus, venu de l'isle de Samos, espousa Neso, fille d'vn Roy
des Troyẽs, de laquelle il eut vne fille qui prophetizoit, & auoit
nom Sibylle, en son propre nom: duquel ont esté depuis nom-
mees toutes les femmes Prophetes, & predisans les choses aue-
nir, pour certaine conuenance d'inspiration diuine. Ceste Si-
bylle a ainsi prophetizé du dernier, et general iugement: La trompette enuoya du ciel vn son espouentable & piteux, & la
terre monstrera vne grande abysme, tous les Roys viendront au siege pre-
sidial de Dieu, lequel iugera ensemble les bons & mauuais: puis enuoyra
les meschans au feu: mais ceux qui auront aymé Dieu, & exercé bonté &
fidelité, viuront derechef. SIBYLLE Tyburtine, est nommee la 10. & derniere par
Lactance liure susdict (mais on en met encor deux que verrez cy
apres) elle auoit nom Albunee (l[']on dit communemẽt Albumee)
& fut anciennement reueree comme deese, en Tybur (ville pres
de Romme, dont est dicte Tyburtine) sus la riue du fleuue
Anien: ou l[']on dit que fut trouuee son effigie, tenãt vn liure en sa
main: & le Senat Romain feit porter au Capitole les choses sa-
crees d'icelle Sibylle. Plin. li. 34. cha. 5. dit que de son temps mes-
me, y auoit encor trois statues de Sibylles à Romme: ils ne les
nomme point, mais ie me doute que ceste-ci en estoit l'vne qui
estoit representee. elle a ainsi prophetizé:

Iesus Christ sera né en Beth-leem, & annoncé en Nazaret. O eureuse
la mer qui portera les mammelles qui l'alaitteront. Voyez le li. des Sib.

[p. 165]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

165

[C. OCTAVIVS PATER AVG]

[ACCIA OCTAVI AVG MATER]

C. OCTAVIVS, pere de l'Empereur Auguste, fut grãd
personnage & de faict, & de reputation. en premier lieu, il
fut en abondance de biens nourri & eleué: puis facilement par-
uint aux honneurs & offices, qu'il exerça tresbien & deuëment.
il fut Preteur de Macedoine, en quoy se porta si vertueusement
& vaillamment, mesme contre les serfs fugitifs (à sauoir le reste
des coniurez de Spartacus & Catilina, qu'il deffeit en chemin)
que Cicero en ses epistres admoneste son frere Quintus, Pro-
cõsul d'Asie, qu'il ensuyue, & prenne pour exemple cestuy Octa-
uius, en cas de gouuernement de sa charge, & de l'entretenemẽt
des alliez des Romains. il mourut de mort subite, aut retour de
Macedoine, laissant Octauia l'aisnee fille de luy & d'Ancharia, &
Octauia puisnee auec Octauius, qui depuis fut Empereur de Rõ-
me, & fut nommé Auguste, aussi enfant de luy, mais d'vne autre
femme, nommee Accia. Voyez Suetone en la vie d'Auguste.

ACCIA, femme de C. Octauius susdit, & mere de l'Empe
reur Auguste, fut fille de M. Accius Balbus, & de Iulie, sœur de
C. Cesar. Ce Balbus du costé de son pere eut plusieurs de ses an-
cestres Senateurs: & du costé de sa mere il estoit bien prochain
parent de Pompee. il fut Preteur, & durant ceste office diuisa &
partagea au peuple Romain les terres de la Campaigne, selon la
loy loy Iulia. Voyez Suetone comme dessus.

m 3

[p. 166]

Fac-simile de la page

166

LA PREMIERE PARTIE DV

[OCTAVIVS DIVS AVGVSTVS]

[CLAVDIA VXOR AVGVSTI]

AVGVSTE fut 2. Empe. de Ro. en l'an du mõde 3921.
auant la nati. de Iesus Christ 41. ans il fut heritier de son oncle
Cesar, & feit grosses guerres pour venger sa mort. il tint l'Empi-
re premierement auec M. Antoine & Lepidus, puis auec M. An-
toine seulemẽt, & auec les deux enuirõ 12. ans: & depuis fut tout
seul Empe. par 44. ans. il vainquit M. Antoine sus mer: puis ad-
iouta à son Empire, Egypte, Cantabrie, & Dalmace (autrefois
souuent vaincue, mais adonc totalement subiuguee:) Hongrie,
Aquitaine, Sclauonie, & Rhetie, Vindelicie, & les Salasses, trois
nations habitans les Alpes: & puis encor toutes les villes voisi-
nes de la mer Pontique: conquit l'Armenie sus les Parthes. Les
Perses luy baillerent ostages, ce que iamais n'auoyẽt fait à autre:
& luy rendirẽt les enseignes & estẽdars Romains, qu'il auoyẽt
emportez de Crassus vaincu. Les Scythes & Indois, qui au para-
uant n'auoyez onc ouy parler des Romains, luy enuoyerent
Ambassades & presens. Le païs de Galace, qui au parauant estoit
royaume, fut fait prouince subiette aux Romains. plusieurs Roys
vindrent de leurs royaumes vers luy, pour luy presenter & offrir
obeïssance. il fut en guerre eureux, en paix modéré, enuers tous
liberal: à ses amis entier, lesquels il auança & feit monter en biẽs
& hõneurs si haut, qu'il n'y auoit pas gueres à dire de luy. iamais
les Romains ne furent si puissans ny florissans. il fut Empereur
56. ans: & l'an 42. de son regne, nostre sauueur Iesus Christ fut
né. Voyez Suetone en la vie d'Auguste & Eutro. li. 7.

CLAVDIA, fille de P. Clodius & de Fuluia, qui depuis
fut femme de M. Antoine, fut promise en mariage à Auguste,
elle estãt bien ieune: & luy la delaissa sans la toucher, pour quel-
que raucune qu'il eut auec Fuluia. Voyez Sueto.

[p. 167]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

167

[SCRIBONIA AVGVSTI VXOR]

[LIVIA DRVSILLA AVGVSTI VXO]

SCRIBONIE fut femme de l'Empe. Auguste, apres que
il eut laissee Claudia, à laquelle il auoit fait promesse de mariage,
comme i'ay dit cy dessus. icelle Scribonia auoit au parauant esté
mariee par deux fois, & à chacune fois à vn Consul de Romme.
mais Auguste depuis aussi la delaissa & repudia, pource qu'elle
estoit trop facheuse: & d'elle il eut vne fille nõmee Iulie. Voyez
Suetone en la vie de l'Empereur Auguste.

LIVIE Drusille, fut aussi femme d'Auguste, laquelle il osta
à Tibere son mari, ia pere de Tibere, qui depuis fut Empereur:
& encor lors qu'elle estoit enceinte, de Drusus, qu'elle enfanta
trois mois apres qu'elle fut auec Auguste, lequel Drusus fut né
auant terme, & fut pere de Claudius, 5. Empe. Or Auguste ayma
parfaictement & perseueramment icelle Liuie Drusille: & desi-
roit fort en auoir enfans, ce qu'il n'eut onques, dont il fut fort
marri. Somme qu'il mourut en la baisant, & disant: O Liuie, ie te
prie que durant ta vie tu ayes memoire de nostre mariage: & Adieu.
Voyez Suetone en la vie d'Auguste & de Tibere Empereurs
Romains.

m 4

[p. 168]

Fac-simile de la page

168

LA PREMIERE PARTIE DV

[SIB. EVROPA.]

[SIBIL. AEGIPTA.]

SIBYLLE Europe, est cõmunement nombree la 11. entre
les Sibylles, c'estadire entre les femmes Prophetes, inspirees de
Dieu, & participantes de ses secrets qu'il luy a pleu leur reue-
ler de sa grace. Ie n'ay memoire d'auoir leu aucune chose d'elle
en certain auteur, si-non que le liure des Sibylles fait mention
d'elle, qu'elle a prophetizé comme s[']ensuit: Le grand viendra, & passera les monts & les eaux du ciel, & regne-
ra en poureté, & dominera en silence: & sortira du ventre d'vne vierge.

SIBYLLE Egypte, ou Egyptienne tient le rang de la 12.
& derniere Sibylle, selon la commune opinion. ie n'ay aussi sou-
uenance d'auoir leu d'elle, si-non qu'Elian la nomme entre qua-
tre Sibylles, qui sont Erythree, Samie (ou Samienne) Egyptien-
ne & Sardiane. Voyez Cel. Rhodi. li. 21. ch. 27. i'ay bien memoi-
re d'auoir leu autres noms de Sibylles, ou femmes prophetes &
predisantes les choses auenir, comme Epirotique, Mantho Thes-
salique, Lamusie de Colophon, ville d'Asie la mineur: mais les
douze precedentes Sibylles sont les plus certaines, & plus renõ-
mees: lesquelles nous n'auons esté d'aduis mettre ensemble, ains
les diuersifier & renger selon leurs diuers temps, au mieux que
nous auons peu comprendre. Ceste derniere Sibylle a ainsi pro-
phetizé, comme dit le liure des Sibylles:

Le Verbe infaillible sera touché, ou frapé, & germera comme vne raci-
ne, sechera comme vne feuille, & n'apparoistra point sa beauté: le ventre
maternel l'enuironnera: & Dieu, qui est la ioye eternelle, pleurera, & se-
ra opprimé des hommes, naistra d'vne mere, & estant Dieu, sera estimé
conuerser auec les hommes comme pecheur.

[p. 169]

Fac-simile de la page

PROMPTV. DES MEDALLES.

169

[M AGRIPPA L. F. COS. III.]

[IVLIA AVG F. M. APRIP. V]

MARC AGRIPPE, ainsi nommé à cause qu'il sortit
du vẽtre de sa mere les pieds premiers (qui n'est pas signe de bon
eur, car le cõmun vsage est de venir la teste premiere, & s'en aller
les pieds premiers) fut le premier exemple de bon heur, pour hom
me ainsi né: nonobstãt il eut aussi quelque mal-eur, car l'vne des
deux Agrippines estoit sa fille, & l'autre fille de sa fille: desquel-
les ont esté produits Caligula & Nero Empereurs, les deux flã-
beaux, & la double perdition & ruine des hommes. Voyez Suet.
en la vie d'Auguste, de Tibere & de Neron. Mais pour retour-
ner à Marc Agrippe, il fut gendre d'Auguste & eut vne grande
victoire sus mer contre Sextus Pompeius en Sicile, l'an du mõde
3930. auant la nati. de Iesus Christ 32. ans. il repara les aque-
ducts de la meilleure fontaine qui vinst à Rõme: & appeloit-on
cette eau, aqua Marcia. il feit encor d'autres choses singulieres,
dont Pline fait mention en plusieurs passages: mais principale-
mẽt li. 16. cha. 4. & li. 7. cha. 8. Il y a eu d'autres Agrippes, comme
Menenius Agrippe en Tite-Liue, & Agrippe fils d'Aristobul,
Tetrarque de Iudee, dont parlerons en la 2. partie de ce liure.

IVLIE, fille d'Auguste Empereur & de Scribonie, fut pro-
mise en mariage au ieune prince Marc Marcel, apres la mort du-
quel, elle espousa Marc Agrippe susdit, qui mourut deuãt qu'elle:
& puis elle espousa Tibere (qui fut contraint laisser sa femme A-
grippine toute enceinte qu'elle estoit) depuis Auguste la bannit
par 5. ans, comme paillarde, & luy defendit le vin & les habits
precieux: & que personne n'allast vers elle sans le congé de luy-
mesme: eut fantasie de la tuer: elle fut mere d'Agrippine, mere
de la mere de Neron. Voyez Suetone comme dessus.

m 5

[p. 170]

Fac-simile de la page

170

LA PREMIERE PARTIE DV

[M. ANTONINVS]

[ΧΛΕΟΠΑΤΡΑ ΒΑΣΙΛΕΙΑ]

M. ANTOINE Consul, pourchaceant les meurdriers de
Cesar, ausquels le Senat fauorisoit, troubloit Romme & faisoit
des méchancetez: dont fut par le Senat declaré ennemi. Pansa &
Hircius vont cõtre luy, auec Auguste, ieune de 18. ans: il est vain-
cu, & apointe auec Auguste, qui luy laisse l'Asie, & le païs dict le
Pont. il delaisse la sœur d'Auguste, prend Cleopatre à femme,
qui luy fait fils & fille, à la premiere grossesse, lesquels il nomme
le Soleil & la Lune. il vainq les Perses. puis Cleopatre, par vne
conuoitise de femme, desirant aussi regner à Romme, l'incite à
la guerre ciuile: vaincu sus mer, par Auguste, s[']ensuit en Egypte,
& se tue. Auguste se fait seigneur d'Egypte. Voyez Sueto. en la
vie d'Auguste. & Appian.

CLEOPATRE Royne d'Aegypte, n'estoit point tãt bel
le, comme douce, & de bõne grace: mais ce qu'elle auoit de beau-
té, estant aydé de ses vertus & graces, faisoit esmerueiller tout le
mõde. elle parloit prõptement à toutes sortes de nations, en leur
lãgage, vsant de sa langue cõme d'vn instrumẽt de plusieurs cor-
des: & n'vsoit gueres de truchement. elle vint vers Marc An-
toine auec vne pompe incroyable, en l'an du monde 3923. auãt
la nati. de Ies. 39. ans, sus le fleuue Cydnus: le derriere du nauire
estoit d'or, les voiles d'escarlate: les auirons ou rames d'argent,
estoyẽt demenez au son des instrumens de musique. elle comme
vne Royne, en estat de Venus, estoit assise en sa tente doree,
ayant autour d'elle de beaux petis enfans comme de Cupidons:
les belles filles habillees comme Nereides & Graces, manioyẽt
le gouuernail, & les cordages: les damoiselles braues remplis-
soyent l'air de parfums tout le long du riuage. Voyez Pluta. en la
vie de M. Antoine, apres la mort duquel elle se feit mourir par
vn aspic, pour ne venir entre les mains d'Auguste.

[p. 171]

Fac-simile de la page

171

PROMPTV. DES MEDALLES.

171

[M. MARCELVS]

[OCTAVIA AVG. SOR]

MARCEL, fut mari d'Octauia, sœur d'Auguste, de laquel-
le il eut vn fils, qu'Auguste adopta, mais à 16. ans tomba en mala
die & à 18. ans mourut: qui fut dommage, car il estoit en sa vi-
gueur de ieunesse, beau ieune Prince, biẽ adextre, & accompli en
beaucoup de vertus. Vergile fait honorable mẽtion de luy, sus la
fin du 6. liure de son Eneide: & pour vers, eut d'Octauia 200.
escus. somme qu'il eut contant 5000. escus pour 18. vers qu'il re-
cita deuant Auguste & Octauia: à laquelle faillit le cueur, quand
sus la fin il nõma le ieune Prince Marcel, son fils, qui estoit tres-
passé: cõme i'ay dit. Or s'en faut-il beaucoup, certes, que telle libe
ralité des Princes & Princesses, regne au-iourd'huy enuers les
gens de sauoir, mesme enuers l'excellẽte diuinité de Poesie. mais
pour retourner à mon propos (& toutesfois encor d'abondant
en saueur des lettres, & sciences) Octauia dressa en l'honneur &
memoire de sondict fils, Marcel, vne belle librairie: & Auguste
aussi edifia vn Theatre qu'il nomma Marcel, du nom de ce ieu-
ne Prince, son nepueu. Voyez Suetone en la vie d'Auguste. Plut.
en la vie de M. Cl. Marcel, qui print Syracuse en Sicile, comme
nous auons dit cy dessus, page 138. & duquel M. Cl. Marcel, C.
Marcel susdit est descendu.

OCTAVIE fut sœur de l'Empereur Auguste, de par pere,
& femme de C. Marcel, & mere du ieune Prince susdit. elle estoit
belle, bonne, & de bon esprit. Apres la mort de Marcel, elle fut
mariee à M. Antoine, qu'elle ayma bien, & mieux qu'il ne luy
apartenoit: & fut apres luy iusques en Athenes auec force pre-
sens, & eust passé outre, si elle ne fust contremandee: mais son
mari estoit distrait & enchanté par sa courtisane Cleopatre.
Voyez Plutar. en la vie de M. Antoine.

[p. 172]

Fac-simile de la page

172

LA PREMIERE PARTIE DV

[TAVRVS IVBEL]

[QVINTILIVS VARVS]

TAVRVS chef de l'armee d'Auguste, consquit par armes
quasi toute la Sicile. & lors Auguste tenoit 44. legions de gens
de guerre (la legion estoit de 6000. Hommes-de-pié, & de 500 de
cheual pour le moins) lesquels se tenans fiers & arrogans, pour
leur multitude, feirẽt quelques esmotions par couuoitise d'auoir
possessions & terres, mais Auguste se monstrãt d'vn hault cueur
imperial, en cassa 20000. en rendit 30000. serfs à leurs maistres:
& en feit pẽdre 6000. qui n'auoyẽt maistres ny adueu: ce fut en-
uiron l'an du monde 3932. apres la nati. de Ies. 30. ans. Voyez
Suetone en la vie de l'Empereur Auguste. Vegece, & Budé en
son 3. li. de Asse.

QVNTILIVS Varus noble hõme natif de Cremon-
ne, fut couronal d'Auguste, qui luy donna charge de trois legiõs
pour aller en guerre contre les Allemãs: mais surprins en embu-
sches par Arminius, fut tué & desconfit luy & les siens, pour la-
quelle perte quasi extreme, l[']on dit que l'Empereur Auguste fut
si grandement troublé & faché, que durant quelques moys lais-
sant croistre sa barbe, & ses cheueux longs en signe de tristesse,
frapoit de sa teste contre les portes, en s'escriant tout hault,
Quintilius Varius, rends moy mes legions. Iceluy fut grand ami de Ver
gile, qui fait mention de luy honorablemẽt, en ses Eclogues. 6. &
9. Seruius dit que ce capitaine Quintilius Varus, auoit premiere-
ment en victoire sus les Alemãs, mais puis apres, comme i'ay dit,
fut par eux deffait, en l'an du monde 3972. apres la natiuité de
Iesus Christ 10. ans. Voyez Sueto. en la vie d'Auguste.

Fin de la premiere partie.

[p. 173]

Fac-simile de la page

TABLE DE LA PREMIERE
partie du present liure, par ordre alphabetic.

  • Aarõpag. 26
  • Abrahã 19
  • Abesan 52
  • Abia, ou Abians 64
  • Abimelech 35
  • Accia 165
  • Achab 67
  • Achas 81
  • Achilles 50
  • Adam 5
  • Agamemnon 47
  • Agar 20
  • Auguste Emp. 166
  • Ahias 63
  • Alcibiades 120
  • Alexãdre le Grãd 131
  • Alexãd. fils de Pyr. 137
  • Alexandra 147
  • Altadas 24
  • Amasias 73
  • Amon 88
  • Amphion 33
  • Amri 66
  • Ancus Martius 89
  • Androgeus 36
  • Andromache 42
  • Andromeda 28
  • Anthermus 106
  • Antigonus Cap. d’Ale-
    xandre le Grãd 135
  • Antigonus Gonatas fils
    de Demetrius 136
  • Antigonus fils d’Ari-
    stobul 160
  • Annibal 140
  • Aod, ou Ehud 31
  • Archiloch 91
  • Arphaxad 8
  • Aristote 124
  • Aristobulus fils d’Hir-
    canus 144
  • Aristobulus fils de Iam
    neus 151
  • Artaxerxes 116
  • Artemisia 126
  • Asa 64
  • Ascanius 56
  • Ascatades 25
  • Aseneth 23
  • Aspasia 119
  • Athalia 71
  • Atlas 24
  • A. Posthumius Albi-
    nus 138
  • Aurelia 153
  • Axa, ou Acsa 31
  • Azarias, ou Ozias 78
  • BAasa 65
  • Barac 34
  • Baruch 92
  • Belus Iuppiter 10
  • Berenice 133
  • Bias 99
  • Brenno, ou Brẽnus 125
  • Brutus fils de Syluius,
    qui estoit fils ou fre-
    re d’Ascanius 58
  • Brutus Romain 161
  • Bupalus 106
  • CAdmus 29
  • C. Caßius 161
  • C. Iules Cesar 154
  • C. Octauius Aug. 165
  • C. Mecœnas 163
  • C. Marius 146
  • Calphurnia 155
  • Cambyses 108
  • Camillus 125
  • Candaules 86
  • Cassander 134
  • Cato Vticense 157
  • Cecrops 25
  • Cham 7
  • Chilo 98
  • Cicero 159
  • Cimon 114
  • Claudia fille de Metel-
    lus 150
  • Claudia femme d’Augu
    ste 166
  • Cleobul 100
  • Cleopatre 170
  • Clelia 113
  • Comerus Gallus 10
  • Coriolan 112
  • Cornelie femme de Scipion,
    & femme de Grac-
    chus 145
  • Conon 121
  • Corax 29
  • Cossutia 155
  • Crates 123
  • Cresus 103
  • Curetes 25
  • Cyrus 104

Dali

[p. 174]

Fac-simile de la page

TABLE.

  • Dalida, ou Dali-
    la 57
  • Daniel 95
  • Darius 110
  • Dauid 61
  • Debora 34
  • Deianira 37
  • Demetrius 135
  • Demosthenes 128
  • Denis Tyran de Sic. 130
  • Deucalion 25
  • Denis fils de Hãmon 16
  • Dido 74
  • Diogenes 123
  • Dionysius Bacchus 30
  • Dionysius Sebasis 30
  • Dirceus Poëte 76
  • EGeria 87
  • Ela 66
  • Eleazar fils d’aarõ 27
  • Eleazar fils de Onias 139
  • Eliacim, ou Ioacim 93
  • Elie 68
  • Elisee 68
  • Eneas 54
  • Epaminondas 122
  • Epicure 132
  • Epimenides 109
  • Esaie 85
  • Esdras 116
  • Esope 102
  • Euander 40
  • Eue 5
  • Europa 36
  • Ezechias 81
  • Ezechiel 95
  • FVluia 152
  • Furius Camil. 125
  • GEdeon 35
  • Gyges 86
  • HEber 9
  • Hector 42
  • Hecuba 41
  • Heleine 48
  • Hercules 37
  • Herodes Ascolonit 162
  • Hermione 55
  • Hersilia 82
  • Hesiode 59
  • Hippodamie 32
  • Hippolyte Amaz. 45
  • Hipponax 106
  • Holofernes 108
  • Homere 59
  • Hosea, ou Osee 80
  • Hypsicratee 148
  • Hyrc. fils de Simõ 144
  • Hyrcanus, fils de Iam-
    neus 151
  • IAcob 22
  • Iair 35
  • Iamneus 147
  • Ianus 15
  • Iaphet 7
  • Iasius Ianigena 25
  • Iehosua, ou Iosue, Ponti-
    fe des Iuifs 105
  • Iehu 72
  • Iephte 52
  • Ieremie 92
  • Ieroboã fils de Nabat 63
  • Ieoroboã fils de Ioas 77
  • Iezabel 67
  • Ignogne 58
  • Ioas Roy de Iuda 73
  • Ioas Roy d’Israel 75
  • Ioachas 75
  • Iochin 93
  • Ioacim, ou Eliacim 93
  • Ioathan 78
  • Ioiada 72
  • Ionatas 143
  • Ioaram Roy de Iuda 69
  • Ioaram Roy d’Israel 70
  • Iosaphat 69
  • Ioseph fils de Iacob 23
  • Iosias 88
  • Iosue Gouuerneur des
    enfans d’Israel 27
  • Isaac 21
  • Ismael 20
  • Isis 17
  • Iuba 157
  • Iudas Machabeus 142
  • Iugurhta 146
  • Iulie fille de Ces. Iul. 1456
  • Iulie fille d’Augu. 169
  • LAis 128
  • Lampedo, ou Lã-
    peto Amaz. 44
  • Latinus 53
  • Lauinia 53
  • Lia femme de Iacob 22
  • Liuie Drusille 167
  • L. Iules Cesar, pere de
    l’Empereur 153
  • L. Munatius Plãcus 159
  • L. Quintius Cincinna-
    tus 117
  • Lucrece 111
  • Lycurgus 76
  • Lysander 121
  • Lysimachus 136
  • MAnahen 79
  • Manasses 85
  • M. Agrippe 169

M. Ant

[p. 175]

Fac-simile de la page

TABLE.

  • M. Antoine 170
  • Marcel, mari d’Octauia 171
  • M. Clau. Marcellus 138
  • M Curius Dẽtatus 129
  • Marianne 162
  • M. Furius Camillus 125
  • Marius 149
  • M. Valer Coruinus 129
  • Martiat 158
  • Marthesie, ou Marpesie
    Amazone 44
  • Matathias 142
  • Mausolus 123
  • Menalippe 45
  • Menelaus 47
  • Minos 36
  • Minotaure 43
  • Mithridates 148
  • Moyse 26
  • NAbuchodonosor 94
  • Nachor 14
  • Nadab 65
  • Nauplius 51
  • Nemrod Saturnus 10
  • Nicostrate 40
  • Ninus 12
  • Noe 6
  • Niobe 33
  • Numpa-Pompilius 87
  • Ochosias Roy d’Is-
    rael 70
  • Ochosias Roy de Iuda 71
  • Ocrisia 101
  • Octauia 171
  • Olympia mere d’Ale-
    xandre le Grãd, au-
    trement dicte Myr-
  • talis 127
  • Orestes 55
  • Orithye Amazone 46
  • Osiris 17
  • Orthoniel 31
  • Ozias, ou Azarias 78
  • PAcorus 160
  • Palladon, dicte Mi
    nerue 16
  • Palamedes 51
  • Panthee 97
  • Paris 48
  • Pelops 32
  • Penelope 49
  • Periander 100
  • Pericles 119
  • Penthesilee 46
  • Perseus 28
  • Phacea fils de Manahen 79
  • Phacea, ou Phacee, fils
    de Romelie 80
  • Phaleg 9
  • Phœnix 29
  • Philippe de Macedoine 127
  • Pittacus 99
  • Plato 124
  • Polyxene 50
  • Pompei femme de Ce-
    sar 155
  • Pompee 156
  • Porsena 113
  • Portia 158
  • Priam 41
  • Prometheus 24
  • Prusias 140
  • Ptolemeus Philadel-
    phus 139
  • P. Clodius 152
  • Pythagoras 109
  • Pyrrhus 137
  • Qvintilius Varus 172
  • Q. Metellus Pius 150
  • RAchel 22
  • Racilia 117
  • Rebecca 21
  • Reu, ou Rhagau, ou Re-
    gu 11
  • Rhodope, ou Rhodopis 102
  • Roboam 62
  • Romulus 82
  • Romus Roy des Celtes 29
  • SAle 8
  • Salomuo [sic pour Salomon] 61
  • Salmanasar 84
  • Samgar 31
  • Samotes 13
  • Samson 57
  • Samuel 60
  • Sappho 97
  • Sara 19
  • Sarug 11
  • Saul 60
  • Scipion l’Africain 141
  • Scribonie 167
  • Sedechias 94
  • Seleucus 134
  • Sem 6
  • Semiramis 18
  • Sennacherib 84
  • Ptolemeus fils de Lagus 133

Sibyl

[p. 176]

Fac-simile de la page

TABLE.

  • Sibylle Persique 38
  • Sibylle Libyque, ou Li-
    bysse 38
  • Sibylle Delphique 39
  • Sibylle Cumee 39
  • Sibylle Erythree 83
  • Sibylle de Samos 83
  • Sibylle Cumane 90
  • Sibylle Hellespontique 90
  • Sibylle Phrygienne 164
  • Sibylle Tyburtine 164
  • Sibylle Europe 168
  • Sibylle Aegypte 168
  • Sicheus 74
  • Simõ Gou. des Iuifs 143
  • Socrates 118
  • Solon 103
  • Stesilee 115
  • Sylla 149
  • Syluius Posthumus 56
  • TAnaquil 96
  • Tarquin Collatin 111
  • Tarquin le Prisque 96
  • Tarquin le fier 107
  • Taurus 162
  • Terentia Emylia 141
  • Thales 98
  • Thalestris Amazone,
    autrement dicte Mi-
    nothea 131
  • Thare 14
  • Themistocles 115
  • Theseus 43
  • Tholas 35
  • Trasybulus 122
  • Timandre 120
  • Tiberius Gracchus 145
  • Timoleon 130
  • Tomyris 104
  • Tullia 107
  • Tullus Hostilius 89
  • Turnus 54
  • Tuyscon, dict Ascenas 13
  • VErgile 163
  • Vesta 15
  • Veturia, mere de Corio-
    lan 112
  • Vlysses 49
  • XAntippe 118
  • Xenocrates 132
  • Xerxes 114
  • ZAcharie Roy
    d’Israel 77
  • Zaleucus, pere & fils 91
  • Zameis Nimias 18
  • Zopyrus 110
  • Zoroastes 12
  • Zorobabel 105
  • FIN.

D.MEM.S.